Écriture

La question des empires, royaumes et autres dynasties

Beaucoup de romans de fantasy aujourd’hui nous présentent au moins un royaume ou un empire. Comme la plupart de nos univers se basent sur l’époque médiévale, un tel choix me paraît tout à fait logique, mais certains auteurs oublient ce que le fait de vivre dans un empire ou un royaume implique. Oui, nous allons encore parler de politique, mais puisque ce sera mêlé avec de l’histoire, ça ne devrait pas vous endormir ! Sans plus attendre, je vais donc vous lister quelques points qu’il faut bien avoir en tête quand on décide de mettre en place ce genre de régime politique dans son univers. Nous allons surtout nous concentrer sur les empires, mais n’oubliez pas que ce que je dis peut s’appliquer, parfois dans une moindre mesure, aux royaumes également !

Naissance et relations d’un empire

Même si vous ne comptez pas le mentionner dans votre récit, il peut être pertinent de réfléchir à la naissance de votre royaume ou empire : la plupart apparaissent des suites d’une succession (un enfant reçoit un royaume par son père et un autre par sa mère et décide de les diriger tous les deux) ou d’une guerre de conquête. Ces deux types de naissance peuvent conduire les dirigeants à se comporter d’une manière ou d’une autre avec les puissances extérieures, alliées ou ennemies.

Les empires sont souvent en guerre active ou froide les uns contre les autres, dans l’espoir de s’étendre et de mettre la main sur des terres précieuses (fertiles ou riches en minéraux nobles la plupart du temps). Cependant, une puissance qui a une histoire pacifique prédominante se montrera plus adepte des stratégies de communication et de commerce pour maintenir cette paix, à moins qu’un terrible affront (l’assassinat d’un dignitaire, voire d’un membre de la famille royale) ne pousse le pouvoir concerné à désirer la guerre.

Après tout, la guerre est une entreprise très coûteuse, qui souvent rapporte peu aux pays engagés. À moins d’avoir une politique expansionniste ou quelque chose à gagner d’une guerre (ainsi qu’une victoire assurée, même si les pronostics peuvent se tromper) un État évitera de régler ses conflits dans le sang. Bien sûr, les sanctions économiques, par exemple, ne sont pas efficaces dans un monde de fantasy médiévale, mais il y a d’autres moyens que la guerre pour rendre les coups à un adversaire politique : assassins, espions, prises d’otages…

Quand vous construisez un univers, prenez vraiment le temps de penser à toutes ces choses.Listez toutes vos puissances et déterminez leurs relations entre elles, sans en oublier, et en appuyant lesdites relations sur des raisons solides et variées. Quelque chose d’aussi stupide que le prince de royaume A trompant son épouse native de royaume B avec une noble de royaume C suffira à créer de la tension.

Politique d’expansion et de gestion

Cette partie vaut particulièrement pour les empires. La plupart du temps, les Empires sont un ensemble d’États sous la domination d’un empereur. Il y a donc plusieurs choses à déterminer quand vous décidez d’établir une telle puissance : tout d’abord, demandez-vous quelles terres sous sous la houlette de votre empereur. A-t-il conquis des terres vierges ou habitées ? Peut-être la famille régnante a-t-elle hérité de nouvelles régions générations après générations ? Il est même possibles que de plus menues surfaces, comme des provinces, aient été achetées ou rendues vassales en échange de protection.

Ensuite, il faudra vous demander à quel stade de son développement se trouve votre empire. Si la courbe devait être simple, ce serait une courbe croissante et décroissante : d’abord la puissance naît et s’étend tant en terres qu’en puissance, jusqu’à atteindre son apogée, avant de commencer à faiblir. Bien sûr, la courbe peut ne pas être aussi linéaire, c’est à vous de le déterminer. Toujours est-il que vous devrez placer le fameux empire contemporain à votre récit quelque part sur cette courbe, et que votre choix aura des conséquences sur le niveau de vie, les inégalités, la justice, et cetera.

Enfin, il vous faudra déterminer la politique de gestion mise en place par le pouvoir suprême quand il s’agit d’administrer les instances de pouvoir inférieures. L’empereur a-t-il son mot à dire dans les affaires des États sous sa coupe ou les laisse-t-il diriger comme ils l’entendent à la condition qu’ils respectent sa loi et son autorité supérieure ? Cette question est intéressante également dans le cas des royaumes coloniaux et royaumes fédéraux, même si ce régime particulier semblerait plutôt pertinent pour de la fantasy un peu plus moderne.

Symboles et détenteurs du pouvoir

Deux détails souvent oubliés en fantasy ont un rapport avec la relation au pouvoir. Tout d’abord, nous allons parler des symboles du pouvoir : il est très rare que ceux-ci se limitent à une simple couronne. En Belgique, par exemple, la monarchie est représentée par le drapeau, un blason, une couronne, un hymne et des fêtes officielles. En France, la monarchie était représentée par la fleur de lys, une couronne, un sceptre, la main de justice, une épée et des éperons en or. Cherchez parmi les monarchies présentes ou passées pour trouver des idées qui colleront à votre famille royale ou impériale !

Par ailleurs, même dans un État totalitaire, il est rare que le pouvoir ne soit en réalité incarné que par une seule personne. Il y a tout simplement trop de choses à faire, même en ce qui concerne les affaires courantes du pouvoir, pour qu’une seule personne puisse s’occuper de tout. Un dirigeant s’entourera toujours de ministres, ou peu importe leur nom, à qui il déléguera certaines tâches trop fastidieuses pour lui ou de moindre importance, en exerçant par lui-même d’autres aspects du pouvoir. Le choix en la matière dépendra de l’image qu’il veut renvoyer : justice pour un monarque qui se veut bon, arts de la guerre pour un chef belliqueux, et cetera.

Quand vous concevez une puissance, surtout si l’action s’y déroule, il me semble important de déterminer qui dispose du pouvoir en-dehors du chef de la nation. Qui sait, vous pourrez peut-être même faire intervenir certaines figures importantes du pays au fil des aventures de vos personnages, pour les aider ou leur mettre des bâtons dans les roues ?

Comment les empires tombent

Si vous vous trouvez sur la partie descendante de la courbe que nous avons mentionnée plus tôt concernant la vie de votre empire, il est sans doute déjà en train de tomber même si tout n’est pas encore terminé. Si l’histoire nous a montré une chose concernant les empires, c’est qu’ils sont particulièrement complexes à abattre et s’effondrent rarement tout d’un coup. L’exemple le plus connu est sans doute celui de l’empire romain : comme nous l’avons tous appris à l’école, il est tombé en deux temps, d’abord l’Occident puis l’Orient.

Même dans un royaume, ce genre de chute morcelée est envisageable, en particulier si le pouvoir est éparpillé (et que le chef d’État ou son successeur parvient à fuir le premier lieu de défaite) et si le pays couvrait jusqu’alors un vaste territoire. Bien sûr, il est aussi tout à fait possible qu’un coup d’État remplace simplement le chef par un autre, mais dans le cas d’un empire, les provinces les plus éloignées de la capitale vont sans doute se révolter et clamer leur indépendance, surtout si elles avaient été conquises par la force dans le passé.

Par ailleurs, même si votre action ne se déroule pas dans un empire mais qu’une telle puissance s’est tenue dans la région par le passé, cela laissera des traces, tout comme nous côtoyons des traces de l’empire romain en Europe Occidentale tous les jours sans même nous en rendre compte. Penser à cela au moment de bâtir votre univers ne lui donnera que plus de profondeur, même si vous n’expliquez jamais cette histoire dans les moindres détails – car il faut savoir doser le world-building dans un roman.

Le rapport à la royauté

J’aimerais conclure cet article déjà bien long en vous invitant à vous pencher sur le rapport à la royauté – ou à tout autre type de représentant du pouvoir – dans votre histoire. Comment vos héros voient-ils le pouvoir en place ? Sont-ils heureux du travail des dirigeants ou rêvent-ils de les voir tomber de leurs trônes ? Comment ces opinions se comparent-elles à celles du reste de la population ?

Attention ici à ne pas tomber dans le cliché du héros qui seul voit les travers du pouvoir. Cela a été fait maintes fois, souvent d’une manière peu subtile. Pour un rendu plus réaliste, n’hésitez pas à regarder ce qui se fait dans notre monde. Par exemple, si votre pouvoir est extrêmement totalitaire avec un chef très aimé de la population, renseignez-vous sur le rapport entre les habitants de Corée du Nord et leur chef d’État.

Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire sur la question des royaumes, empires et autres dynasties ! Bon, je l’avoue, nous avons un peu laissé de côté les dynasties vu la longueur de cet article dans l’état mais, pas d’inquiétude, je compte revenir sur le sujet dans un autre article !

Publié par Nyx M. Cavalier dans conseils, univers, 0 commentaire

Quelques clés pour l’écriture des descriptions

Voilà un sujet qui en intéressera beaucoup ! En général, les gens se considèrent comme très à l’aise concernant les descriptions ou pas du tout, sans entre-deux. Souvent, on oppose les descriptions et les dialogues : il est très rare d’aborder ces deux matières aussi sereinement l’une que l’autre : il est vrai qu’elles font appel à des mécanismes bien différents et souvent opposés. Dans cet article, je vais essayer de vous donner quelques clés pour améliorer vos descriptions. Même si vous êtes déjà doué pour l’exercice, vous pourriez apprendre une astuce que vous ignorez !

Une écriture organique

Si vous disposez de contacts avec le côté anglophone de la communauté d’auteurs, vous avez sans doute entendu parler de ce concept, qui faciliterait la lecture par notre public si nous nous basons sur une logique naturelle pour le corps dans notre écriture.

En termes de description, cela s’applique tout particulièrement quand il s’agit de l’ordre dans lequel vous voudrez décrire les éléments : de haut en bas, de droite à gauche, de l’avant vers l’arrière, du global au précis… Choisissez une logique et tenez-vous-y, vous verrez que cela vous facilitera le travail même en relecture. Point bonus : vous oublierez moins facilement de préciser un détail si vous établissez un ordre et vous y tenez !

Par ailleurs, vous pouvez aussi vous servir de ce mécanisme pour attirer l’attention du lecteur : si vous rompez brusquement la logique choisie pour décrire un objet, une personne, une scène, l’attention est attirée vers le sujet imprévisible sur lequel vous vous concentrez plutôt que de continuer votre petit bonhomme de chemin normalement.

Notez aussi qu’il vaut mieux varier les mécanismes organiques en fonction de la situation. Si vous utilisez toujours le même, les lecteurs le réaliseront, même inconsciemment, et la lecture de vos descriptions deviendra fastidieuse. Voici les mécanismes organiques les plus courants pour les descriptions :

  • Le sens : de haut en bas, de gauche à droite, etc
  • Les plans : En général de l’avant à l’arrière-plan ou vice-versa
  • La valeur : De l’essentiel au superflu, du plus grand au plus petit, du global au précis,…

Jouer avec les sens

Beaucoup d’auteurs font l’erreur de n’impliquer que la vue de leurs lecteurs dans leurs descriptions. Pourtant, peu de situations réelles se cantonnent à la vue : quand vous avez une assiette devant vous, par exemple, vous mobilisez aussi l’odorat (et donc le goût, puisque ces deux sens sont reliés) et il y a généralement du bruit autour de vous, même si vous êtes seuls.

Pour vous exposer à des descriptions très complètes, je vous conseille de vous intéresser aux travaux d’auteurs réalistes (dans le sens du mouvement littéraire) et naturaliste. L’une des caractéristiques de ces deux mouvement est un soin tout particulier apporté aux descriptions, qui sont donc le plus souvent exhaustives. Certes, il ne s’agit sans doute pas d’une lecture très amusante ou relaxante, mais cela vous apprendra des choses !

Soigner le style

Inutile de nous mentir : les lecteurs s’ennuient vite avec les descriptions. C’est pourquoi il est tout particulièrement important de soigner son vocabulaire. Jouez sur les sons, les figures de style, le rythme, tout pour faire comprendre à votre audience que non, le récit n’est pas mis sur pause le temps de la description ! Bannissez ces verbes faibles, ces tournures imprécises et lourdes, cherchez la nuance exacte de ce bleu, le col précis de ce vêtement – montrez tout votre talent, en somme !

D’ailleurs, vous pouvez aussi enrichir vos descriptions en mélangeant avec parcimonie le vocabulaire des différents sens. Cela fonctionne particulièrement avec les sens peu exploités, comme l’ouïe et le toucher : empruntez du lexique appartenant à la vue pour appuyer l’ambiance que vous essayez de rendre !

S’entraîner

Ce conseil vaut pour absolument tous les domaines de l’écriture, mais nous avons tendance à l’oublier. Pour s’entraîner à décrire, il suffit de décider ce qu’on veut décrire : une photo, un extrait de reportage, une mélodie, une odeur… Choisissez quelque chose auquel vous êtes directement exposé et essayez de retranscrire ce que vos sens vous disent sur le papier. C’est encore le meilleur moyen de progresser.

Voilà, c’est tout pour cet article ! En complément, si vous souhaitez vous entraîner, je vous conseille de consulter les anciennes éditions du Jeu de l’Adjectif : beaucoup des mots imposés sont tout à fait utilisables en description et cela vous permettra d’autant plus de vous entraîner !

Publié par Nyx M. Cavalier dans conseils, style, 0 commentaire

Votre univers devrait répondre à ces questions — et d’autres

Derrière ce long titre un peu pompeux se cache une vérité bien connue des auteurs qui se sont essayés à l’art délicat et nébuleux de créer leur propre univers. Il est pourtant difficile de définir ce qui fait un bon ou mauvais univers, d’établir jusqu’à quand il est trop développé, à partir de quand on pousse trop loin. Ce n’est d’ailleurs pas le problème que je chercherai à résoudre dans cet article : je n’ai pas la prétention d’en posséder la réponse, c’est tout. Ce que je vais vous donner ici, ce sont des pistes de développement que je juge importantes et que les auteurs négligent souvent dans les histoires que je lis.

La diplomatie et la politique intérieure

Tous les pays du monde ont un régime politique. Rares sont les vraies démocraties, mais beaucoup prétendent à cet idéal sans le représenter. Pour chaque pays de votre univers, vous devriez choisir un régime politique et le détailler un petit peu dans vos notes, même si cela n’apparaît jamais dans votre récit. Au moins, vous, vous saurez et ça vous permettra de comprendre et appréhender plus facilement tout un tas de choses, des réactions des habitants à certaines idées et concepts (comme l’homosexualité, la solidarité, le libre-échange, l’ouverture sur le monde et les autres sociétés) jusqu’à leur vie sous le type de gouvernement que vous aurez choisi.

Par ailleurs, une différence de régime politique aura tendance à créer du conflit entre les pays. Prenez simplement l’exemple de notre monde, des guerres qui se déclenchent simplement parce qu’un pays est communiste et l’autre capitaliste. Dans l’idéal, vous devrez déterminer les relations politiques entre vos différents pays et, pour le faire de manière cohérente et claire, je vous conseille d’organiser un tableau à double entrée, un peu comme la très fameuse table des types Pokemon. Dans chaque case, indiquez les relations des pays indiqués en colonne et en ligne jusqu’à en avoir fait le tour. Dans vos notes, n’hésitez pas à vous montrer exhaustifs, on ne sait jamais comment ça peut servir — et oui, je sais que c’est une phrase typique d’accumulateur chronique, mais il n’y a pas de mal à accumuler des mots, je vous le promets.

La météo

Si votre univers s’étend sur une grande surface, comme un grand pays ou un continent, vous ne pouvez pas avoir la même météo ou le même climat partout. Plus vous vous rapprochez d’une certaine zone (pas forcément un équateur si vous n’en avez pas envie), plus vous aurez de soleil et moins vous aurez de pluie, par exemple. Le climat à l’endroit où vos personnages ont grandi a de grandes chances d’influencer, par exemple, la manière dont ils se préparent à un voyage ou leurs compétences concernant la vie dans la nature.

Les langues

Beaucoup d’univers se reposent sur le concept d’une langue commune pour justifier que tout le monde dans leur histoire se comprenne parfaitement malgré des origines bien différentes. Malheureusement, cette conception est plutôt irréaliste. Je vous propose deux possibilités pour régler ce problème :

  • Vos personnages parlent des langues différentes en ayant appris celles des autres (comme vous avez appris des langues étrangères en quelque sorte).
  • Quelque chose dans l’histoire de votre monde justifie que tout le monde parle la même langue. La justification la plus probable serait l’impérialisme et la conquête, qu’il s’agisse d’une situation passée ou présente ; ce n’est pas pour rien que tant de pays dans le monde utilisent l’anglais comme langue officielle, c’est justifié par l’Histoire.

La foi

Si votre univers possède plusieurs civilisations, celles-ci auront sans doute choisi des religions officielles différentes. Par ailleurs, les habitants d’un même pays n’observent pas tous la foi approuvée par le gouvernement. Comment sont traités les gens qui ne respectent pas les rites promus par le pouvoir ? Y a-t-il des guerres de religion, ont-elles eu lieu par le passé ? Vous devez posséder ces informations car la foi impacte l’environnement dans lequel un personnage vit, que lui-même soit croyant ou non. Pour le réaliser, il suffit de voir le nombre de jours fériés en Belgique et en France dont l’origine remonte à une célébration religieuse !

L’alimentation

Un aspect souvent oublié de la construction d’un univers est, selon moi, l’alimentation. Que mangent les gens ? Leur régime sera bien entendu adapté au climat de l’endroit où ils se trouvent ; comme dans notre monde, certaines plantes et espèces animales sont endémiques à leur région, ce qui peut avoir comme conséquence d’en faire un élément central de l’alimentation à cet endroit-là. Pour tout résumer en un jeu de mot, réfléchir à l’alimentation peut vraiment nourrir votre récit !

C’est tout pour cet article. Je reviendrai très certainement avec d’autres questions à aborder dans la création de votre univers — et qui sait, peut-être même que je consacrerai des articles complets à celles que j’ai abordées ici !

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Avril : Le bilan

Je ne vais pas prendre des lignes et des lignes à vous expliquer que nous traversons des épreuves encore jamais éprouvées par notre génération, parce que vous le savez. Vous savez l’angoisse qui ne s’en va jamais tout à fait vraiment, la mélancolie du dehors qui nous étreint que nous aimions sortir ou non, ne fut-ce que parce que l’interdiction attire. Durant cette période de pandémie, du côté des auteurs, j’ai remarqué que deux « camps » s’étaient formés et que le juste milieu devenait une denrée rare : ceux qui ne parviennent plus à écrire et ceux qui n’ont jamais autant écrit. Je comprends tout à fait les premiers – il faut un certain lâcher-prise pour se laisser emporter dans nos univers et il est difficile de s’abandonner la boule au ventre – mais ce mois-ci, j’ai résolument fait partie des seconds. J’imagine qu’on peut remercier pour cela le Camp NaNoWriMo, qui est synonyme pour moi depuis plus d’un an de prouesses littéraires. Cette édition n’a pas fait exception à la règle et je ne saurais exprimer en mots le soulagement que cela me procure, après deux mois de ralentissement créatif bien involontaires.

Le mois en nombres

Durant ce mois d’avril, je m’étais posé, comme chaque mois de 2020, un objectif de 62.500 mots à écrire. Mon résultat le 30 avril s’élevait à 133.153 mots ! Comme dirait l’un de mes personnages favoris toutes histoires confondues (Crowley de Good Omens, par Neil Gaiman) : « Can I get a yahoo? ». Ce nombre difficile à s’imaginer représente mon meilleur score mensuel jamais atteint mais aussi 213% de mon objectif, pour les petits chenapans ici qui aiment les statistiques. C’est également une moyenne de 4.438 mots par jour, presque la moitié d’Harry Potter et l’Ordre du Phénix – et tout simplement une fierté personnelle qui fait vraiment du bien au moral.

Les nouveautés du mois

La nouvelle activité qui a rencontré le plus de succès est sans contexte l’arrivée de lives d’écriture ! Ils se déroulent désormais le lundi et le jeudi de 16 à 18j. Durant ces lives, j’organise sur Discord des sprints de 15 minutes à 16h15, 16h45, 17h15 et 17h45, lesquels sont entrecoupés de discussions sur des sujets tout de même souvent littéraires. Je compte continuer les lives au moins jusqu’en octobre à ce rythme : je devrai sans doute revoir celui-ci quand je reprendrai l’école et que mon horaire me sera communiqué.

Par ailleurs, puisqu’on en parle, j’ai aussi reçu les consignes de mes travaux et les dates de leurs rendus. Je ne m’en sors pas trop mal : une rédaction par semaine sur divers sujets liés au droit mais aussi à l’actualité, pour lesquels les recherches représentent une difficulté variable. Selon moi, le plus dur est passé et devait être rendu le 30 avril : un travail retraçant l’histoire des principales familles politiques belges (parce que nous avons des partis néerlandophones et francophones qui se correspondent plus ou moins, et s’allient souvent, ce qui complique la donne).

Le programme de mai

Continuer les lives, bien entendu ! Ils ne motivent pas que vous, mais moi aussi, après tout. Vous pouvez suivre la chaîne pour ne pas rater les prochains. J’ai de nouveau établi un objectif de 62.500 mots écrits d’ici à la fin du mois. Ce nombre inclura QQC, bien entendu, mais aussi mes travaux scolaires et les nouveaux articles (à distinguer des articles que je récupère de mon compte Wattpad et de mon ancien blog). D’ailleurs, à ce sujet, en mai, je prévois d’achever la mise en place du site web, pour qu’il soit fonctionnel et agréable à utiliser. Je m’accorderai des points bonus si je parviens à lancer mon merchandising, mais c’est encore un vague projet à ce stade.

Et vous, est-ce que vous avez des projets pour mai ? Comment s’est déroulé votre mois d’avril ? Racontez-moi tout ça en commentaire !

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Rendre son récit plus vivant

Quand je discute avec d’autres auteurs, je me rends souvent compte d’un souci qu’ils ont, dont ils ont conscience, mais qu’ils ne savent pas comment régler : le manque de vie de leur récit. Souvent, ils soulignent ce problème et, en parallèle, une tendance à coller de manière trop rigide à leur intrigue principale, sans laisser d’ouverture aux intrigues secondaires qui peuvent enrichir un récit. Je vais donc ici vous partager quelques conseils, quelques plans sur lesquels vous pouvez travailler pour tenter de créer un dynamisme supplémentaire au sein de votre histoire.

Les tracas du quotidien

Peu importe le cadre dans lequel l’histoire se déroule, qu’il s’agisse d’un récit romantique contemporain, d’une histoire dans un monde orienté high-fantasy ou encore d’une fanfiction Naruto, vos personnages principaux ont une routine. Pour bien faire, vous devriez développer cette routine au début de votre histoire, pour aider à mettre en place une situation initiale et son ambiance de base, mais elle a d’autres utilités, dont celle qui nous intéresse ici.

Si vous mettez en place une routine pour vos personnages, vous pourrez vous en servir pour lui créer des petits tracas du quotidien, qui sont utiles pour rappeler que la trame principale n’est pas la seule à avoir de l’importance, et que les ennuis peuvent venir de n’importe quoi. Un exemple assez connu est tiré de la saga Les Chevaliers d’Émeraude : dans l’un des tomes, plusieurs personnages, dont le héros, sont montrés accomplissant des gestes routiniers (aiguiser une arme, panser une monture) à plusieurs reprise, car les actions qu’ils accomplissent semblent s’effacer dès qu’ils cessent de regarder. C’est un exemple parfait de quotidien perturbé qui aide à apporter une pointe de tension, de vie.

Dans du contemporain, vous pouvez par exemple parler de votre héroïne qui attend un SMS de sa mère partie faire des examens à l’hôpital, du fait que votre héros a oublié de racheter du sucre et s’en rend compte en plein milieu de la réalisation de ce gâteau, du fait qu’une chatte errante a mis bas dans son jardin,… Les possibilités sont infinies. Pour les autres univers, bien entendu, ce sera un peu différent, parce que chaque univers a ses règles et qu’il faut tout faire en cohérence avec ces règles. D’ailleurs…

Se servir des règles

Ce conseil-ci s’applique surtout aux récits hors-contemporain, mais n’en sera pas moins utile, j’en suis sûre. Il s’agit de se servir des règles qu’on a établies pour créer des petits évènements autour de la trame principale. Par exemple, si votre intrigue se déroule dans un village qui est connu pour ses célébrations, organisez un festival qui, tout en faisant une pause dans l’histoire principale, permettra de montrer une nouveauté, autant en terme de contenu que de dynamique.

Cette astuce a le double avantage d’exploiter votre univers sans pour autant tout ramener à la trame principale et de nourrir ledit univers. Car établir des règles ne suffit pas, il faut s’en servir par la suite, pour éviter un effet trop artificiel et lisse malheureusement commun dans les romans fantastiques/fantasy/SF d’auteurs débutants (et moins débutants aussi, ne nous mentons pas).

Créer des temps de pause

Pour ce conseil, la meilleure illustration que je puisse fournir est juste sous votre nez : il s’agit de votre propre quotidien. À moins d’être très malchanceux, vous avez droit, de temps à autres, à des moments de paix dans votre vie, où une catastrophe vient de se terminer et aucune ne se précipite directement dans vos bras tout juste libérés.

Reprenez cette idée dans vos écrits, surtout les projets longs qui peuvent se permettre de prendre du temps pour ce genre de choses. Cela permettra au lecteur de souffler sans pour autant se détacher de votre histoire. Tout comme vous avez besoin de ponctuation pour apporter de la structure, vous avez besoin des pauses pour mettre en avant les moments où l’action reprend.

Par ailleurs, n’hésitez pas à exploiter ces pauses pour faire du développement de personnages et des relations entre eux, deux choses que beaucoup d’auteurs ont malheureusement tendance à négliger pour se concentrer sur leur intrigue. Respirez un bon coup et réfléchissez-y : vous avez largement assez de place dans votre histoire pour les deux, même si ça veut dire que vous devez couper ce roman en deux tomes. Mieux vaut faire un tome de plus et avoir deux tomes plus complet plutôt qu’un tome très dense et manquant finalement de certains éléments nécessaires.

Voilà, nous sommes arrivés à la fin de cet article ! J’espère que ces conseils vous ont été utiles. Si vous en avez d’autres concernant ce sujet ou voulez discuter de ceux que j’ai donnés, rendez-vous dans les commentaires !

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Comment rendre sa romance plus crédible ?

La romance, dans les romans, n’est pas seulement un genre littéraire, mais aussi un élément à part entière de bien des romans d’autres genres, de la fantasy au policier en passant par la science-fiction et le thriller. À ce titre, il me semble important de savoir écrire une bonne romance. Bien entendu, « bon » et « mauvais » sont des concepts très subjectifs, mais à force de lire, d’écouter les avis d’autres lecteurs et de regarder les vidéos très intéressantes de plusieurs auteurs, j’ai réalisé que certaines choses avaient tendance à fonctionner quand il s’agissait d’écrire une bonne romance, et d’autres non.

La première chose importante à mes yeux est de laisser le temps aux personnages impliqués dans la romance de respirer. Même si vous écrivez une romance (le genre littéraire) vos personnages ont une vie, des amis, des buts, une occupation en-dehors du futur être aimé. Si vous n’exposez pas cette vie extérieure à l’intérêt romantique, votre scénario risquera d’être pauvre, sans profondeur. Et pourquoi prendre ce risque, quand vous pourriez tout simplement rajouter des éléments externes à la romance dans votre récit ? Qui sait, peut-être même que ça vous inspirera un rebondissement !

Il est aussi primordial, je pense, d’établir pourquoi les deux personnages s’aiment. Cela peut être dit ou montré, ou les deux à la fois, mais il me semble difficile de faire sans. Comment pourrait-on croire à votre romance si on ne sait pourquoi ils s’aiment ? Par là, j’attend ce qu’un personnage aime chez l’autre, au point de vouloir partager sa vie avec. Vous ne pourriez pas partager votre toit et votre lit et un million d’autres choses pour une très longue durée indéterminée avec n’importe qui, parce que ce niveau d’intimité n’est acceptable que quand on ressent des choses pour l’autre. Cela colle tout autant pour des couples aromantiques, d’ailleurs, même si dans leur cas il ne s’agit pas de tomber amoureux. Cependant, n’étant pas aromantique moi-même, je préfère m’abstenir de parler de ce genre de relations. Des personnes qui sont concernées en ont sans doute parlé bien mieux que moi !

Une autre chose sur laquelle il vaut mieux ne pas faire l’impasse je pense, surtout quand on écrit dans le genre littéraire de la romance, est d’ajouter des scènes mignonnes, douces, romantiques, qui ne sont pas forcément essentielles pour le scénario. Les laisser avoir une soirée en tête à tête ne va peut-être pas conduire à un énorme développement, mais cela permettra aux lecteurs de croire en la relation que vous leur montrez, et n’est-ce pas essentiel quand on écrit ?

Par ailleurs, je vous conseille de ne pas enfermer votre personnage dans sa romance : donnez-lui d’autres interactions avec des personnes extérieures, surtout des interactions positives. Ainsi, vous pourrez montrer la différence entre vos personnages amoureux et vos personnages amicaux, attendris, studieux, etc. Comme si ce contraste n’était pas un élément suffisant, vous pourrez également vous servir de ces scènes pour exposer et construire vos personnages, pour leur donner du réalisme, de la crédibilité.

Voilà pour mes conseils ! Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les ajouter en commentaire !

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