Écriture

Planificateurs et Improvisateurs, architectes et jardiniers 2.0

Nous avons bien des fois entendu parler du clivage séparant les architectes et jardiniers, deux types d’auteurs que tout oppose. Le juste milieu semble rare ; certains ont proposé le terme « randonneur », mais les définitions sont rares, ce qui rend l’appropriation par les auteurs qui ne se sentent concernés ni par le processus des jardiniers ni par celui des architectes bien plus complexe. Après tout, pourquoi vouloir s’identifier à quelque chose si on ne se sent pas concerné par ce que les autres décrivent ? Des amis m’ont confié ne pas vouloir se dire jardiniers car leurs personnages ne leur « parlent » pas, mais se dire architectes ne les intéresse pas non plus car ils ne font pas de plan avant d’écrire (ou ne parviennent pas à le suivre).

Je fais partie de ces personnes, même si j’ai très longtemps essayé de me dire jardinière faute d’un meilleur terme. Ces deux dernières années, comme vous le savez peut-être, je m’intéresse de très près à ce que font les auteurs anglophones. Après tout, la plupart de nos concepts autour de l’écriture contemporaine viennent de chez eux : par exemple, l’opposition entre jardiniers et architectes a été pour la première fois répandue par George R. R. Martin. Cela dit, côté anglophone, ce n’est pas la seule catégorisation qui existe pour les auteurs, et elle est même moins utilisée que celle que je vais vous présenter aujourd’hui. Vous apprendrez ce qui caractérise un planificateur et un improvisateur au-delà de l’évident. Attention cependant : nous sommes toutes et tous un peu des deux, à des degrés variables !

Les planificateurs

Les planificateurs aiment savoir où ils vont. Cela signifie, comme leur nom l’indique, qu’ils tendent à créer des plans un minimum détaillés de leurs histoires avant de les écrire. Avec la pratique, ils apprennent également certaines structures narratives très efficaces (dont la plus connue, pour n’en citer qu’une, est sans doute la méthode Save the Cat!). Tant qu’ils suivent leur plan (ce qui n’arrive pas toujours !), leurs premiers jets tendent à être plus propres d’un point de vue narratif, mais demandent tout de même une relecture, avec une phase accentuée sur les personnages, leurs relations et leur évolution au cours du récit. Comme ils savent où ils vont et comment s’y rendre, ils tendent à utiliser des outils narratifs comme le foreshadowing ou encore le Fusil de Tchekhov. Leurs histoires sont en majorité menées par un scénario fort. Quelques planificateurs célèbres : J. K. Rowling, James Patterson, Brandon Sanderson.

Les improvisateurs

Les improvisateurs ont parfois (souvent) quelques éléments-clés de leurs histoires en tête, comme la scène d’ouverture ou l’élément perturbateur. Outre ces quelques détails déjà déterminés (et qui changent souvent en cours de route, parfois au point de devoir réécrire une partie de l’histoire !), ils n’ont que peu d’idée de la direction dans laquelle leur histoire s’embarque ou du cheminement pour arriver à la fin – s’ils l’ont seulement en tête au moment de commencer à écrire. Leurs histoires sont menées par les personnages, leurs qualités, leurs failles, rêves, désirs, objectifs, relations. Ils savourent le fait de découvrir l’histoire à mesure qu’ils l’écrivent, la surprise qui les envahit régulièrement, ignorent souvent ce qu’ils vont écrire jusqu’au moment où ils posent leurs mains sur le clavier. Quelques improvisateurs célèbres : George R. R. Martin, Margaret Atwood, Stephen King.

Et moi dans tout ça ?

Moi, je me sens plutôt improvisatrice ! Je planifie un peu mon histoire, je prends des notes préparatoires durant la phase de brainstorming de chaque projet, qui portent en majorité sur les personnages et l’univers mais aussi sur des points clés de l’histoire. Par exemple, pour Le Sourire d’Eleanor, la romance que je prévois d’écrire après la fin de Quelque chose s’achève, quelque chose commence, je sais déjà quel sera mon prologue, le contenu de mon premier chapitre, ma crise résolutoire. J’ai aussi en tête quelques scènes qui consolideront le lien entre les personnages principaux. Par ailleurs, j’ai décidé de travailler avec la méthode Save the Cat!, ce qui implique de déterminer certains éléments pour correspondre au schéma fourni dans le livre. Cela dit, je tiens à le faire tout en improvisant entre mes scènes-clés, car j’adore cette partie de mon processus d’écriture ! Je veux m’améliorer, oui, mais sans perdre ce qui me fascine tant.

Un spectre plutôt que deux camps

Ce qui m’attire vraiment dans cette façon de voir les différentes méthodes d’écriture, c’est l’absence d’opposition. Mon problème avec les jardiniers et architecte tient à ce que la communauté d’auteurs en a fait : deux camps qui se font la guerre et se croient supérieurs. à l’autre. Attention, je ne dis pas que chaque auteur de chaque camp a pour but de rabaisser ceux de l’autre, mais mes camarades sur Twitter admettront que l’ambiance entre les deux camps n’est pas toujours la plus tendue. Avec la vision improvisateurs/planificateurs, je ne ressens pas ce clivage, car il s’agit d’un spectre plutôt que de deux camps que tout oppose : les auteurs peuvent se dire plus de l’un ou de l’autre, mais la vaste majorité d’entre nous utiliseront des éléments et outils qui appartiennent aux deux méthodes en fonction de ce qui leur convient le mieux, comme un camp sur mesure pour chacun, qui ne s’oppose à aucun autre.

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Une journée de travail typique

Chaque auteur a une routine qui diffère de celle de ses camarades. Même des amis très proches ont souvent des routines vraiment différentes, j’ai pu le constater à mesure que j’apprenais à connaître les auteurs et autrices qui m’entourent. J’ai intégré certains aspects de leurs routines dans la mienne, testé bien des choses au fil des années, et je vais sans doute encore améliorer mon processus à leur contact.

C’est justement parce que le fait de m’exposer au routines des autres m’a tant aidée que j’ai décidé d’écrire cet article décrivant la mienne. J’espère que, si vous vous cherchez toujours à ce moment, ça vous aidera à trouver des choses qui fonctionnent pour vous !

Ma journée commence à 9h du matin, quand mon réveil sonne. Quand j’ai cours, je me lève à 6h, mais bon, mon école ne réouvre pas en présentiel avant octobre, donc je pense que je vais encore me lever à 9h pendant un moment ! Une fois que le réveil a sonné, je m’accorde une petite demi-heure pour traîner au lit sur mon téléphone. Je me trouve devant mon ordinateur avec un café frappé ou une boisson chaude à 10h au plus tard, prête à entamer ma journée.

Au matin, je m’occupe de mes publications, réseaux sociaux, articles,… Bref, je gère tout ce qu’on trouve autour de l’écriture, notamment du design et de la communication. Bien sûr, en période scolaire, c’est impossible, mais dans ce cas je fais ce que je peux avant de partir à l’école, puis je continue ce qu’il est possible de faire à partir de mon téléphone. Si j’ai du rangement à faire à la maison ça se passera le matin aussi en général !

À midi, je m’accorde une pause pour jouer à The Binding of Isaac, en général pour faire la daily run, une partie mise à disposition des joueurs chaque jour et commune à tous. Si je perds rapidement ou qu’elle me déplaît fortement, je fais une partie normale. Après ça, je mange et il est temps de me remettre au travail !

L’après-midi est consacré à l’écriture, mais il m’arrive de m’interrompre pour faire autre chose. Quand les salles de sport étaient encore ouvertes, je me rendais presque tous les jours à celle près de chez moi pendant une heure ou deux. C’est généralement durant l’après-midi que j’écris mes articles et mes threads. J’ai une grosse pause à 16h, durant laquelle je grignote un goûter tout en regardant une ou deux vidéos sur Youtube. Cela dit, je m’accorde des breaks un peu plus courts régulièrement pour ne pas me surmener. Je continue comme ça jusqu’à ce qu’on m’appelle pour dîner, entre 18h et 20h en général.

Le soir, c’est vraiment le moment le plus intéressant pour moi sur le plan de l’écriture, puisque c’est la partie de la journée où je me sens vraiment inspirée. En-dehors des jours de live, je m’organise souvent des sprints entre 20h et minuit, toujours avec au moins 15 minutes de pause entre deux sessions de 15 minutes chacune. La plupart se passent en groupe sur mon serveur discord dédié à l’écriture, même si les membres en organisent tout au long de la journée à l’envi. Si ça vous vend du rêve (à moi oui en tout cas) n’hésitez pas à nous rejoindre, vous pouvez le faire en cliquant ici.

Je vais me coucher vers minuit en général. Une fois installée au lit, soit j’écoute un podcast, soit je lis un peu. J’éteins tout entre 1 et 2h du matin, ce qui me fait entre six et sept heures de sommeil par nuit, parce que j’ai toujours un peu de mal à m’endormir. Cela dit, ça me suffit en ce moment ! Quand je dois aller à l’école, j’ai besoin de plus de sommeil, mais en plus je me lève plus tôt, donc cette partie de ma routine change pas mal. Cela dit, je vous referai sans doute un article à ce sujet quand les cours auront repris, si ça vous intéresse !

Voilà, c’est la fin de cet article. N’hésitez pas à me décrire votre propre routine dans les commentaires, je serais ravie d’en apprendre plus à votre sujet !

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Juin : le bilan

En Belgique, le mois de juin est souvent consacré aux sessions d’examens, que ce soit pour les études secondaires ou supérieures. Les dates ne sont pas les mêmes, mais globalement on se concentre sur le mois de juin, et mon école n’a pas fait exception à la règle malgré les circonstances — j’ai réussi mon année, d’ailleurs ! J’avais peur d’avoir vraiment beaucoup moins de temps pour écrire ce mois-ci à cause de ça, et j’ai eu à la fois tort et raison ! Cela dit, ce qui m’a pris le plus de temps ce mois-ci, ça a été de préparer mon déménagement. Celui-ci aura lieu en juillet ! Il s’agit de mon premier emménagement avec mon copain donc on doit tout faire, tout acheter, c’est assez prenant à organiser.

J’ai également beaucoup avancé dans l’écriture de Quelque chose s’achève, quelque chose commence. Il doit me rester une vingtaine de chapitres maximum et ça fait vraiment tout drôle : j’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet ! Je vous suggère de le lire si vous voulez une idée de mon état d’esprit en ce moment. TL;DR : je suis heureuse et triste tout à la fois. Je n’ai pas écrit beaucoup d’articles (ok, je n’en ai écrit aucun), mais par contre j’ai posté quelques threads sur Twitter et également complété le Thread des Fiertés, qui présentait des personnages queer de QQC, un par jour.

J’ai également commencé un projet d’ebook encore sans titre qui vous intéressera sûrement ! Il s’agira d’un recueil de conseils adressés aux auteurs qui se cherchent encore ou veulent progresser dans tous les aspects de notre art, de la construction d’un bon arc de personnage jusqu’aux méthodes de correction les plus efficaces. Cet ebook ira plus loin que mes articles car j’aurai plus de place pour développer, et en même temps tout sera rassemblé donc je pourrai mieux mettre différents éléments en rapport ! Je n’ai aucune idée de quand ça sortira, c’est encore vraiment le début de ce projet !

Le mois en nombres

Durant le mois de juin, j’ai écrit 88.195 mots ! Cela me fait une moyenne de 2.939,8 mots par jour, une excellente moyenne ! Le 30 juin, j’étais assez frustrée de ne pas avoir atteint les 90.000 mais bon, c’est quand même une excellente performance je trouve. J’ai écrit 12 chapitres complets de QQC, sachant que je suis passée cette semaine à un rythme de publication de trois chapitres par semaine. J’ai toujours énormément d’avance mais, comme j’ai décidé d’accélérer très sérieusement la cadence, parce que mine de rien j’aimerais finir de publier un jour ! Mon moins bon jour était à 301 mots, et le meilleur à 6689 mots ! Cela dit, j’étais souvent régulière pendant quelques jours puis je baissais un peu, puis je reprenais, etc. Dans tous les cas, j’estime m’en être bien sortie !

Le programme de juillet

Qui dit juillet dit Camp NaNo, je ne vous apprends rien. Cela signifie que je vais écrire ! Je prévois de terminer QQC ce mois-ci et d’enchaîner sur Le Sourire d’Eleanor, mon projet de romance ! Par ailleurs, malgré le déménagement, je compte continuer d’organiser des lives, les horaires risquent juste de changer. Je dois aussi continuer d’écrire des articles ! Celui de début août n’est pas encore prêt, mais peut-être que j’écrirai mon dernier article sur QQC pour cette occasion… Nous verrons !

Rendez-vous début août pour voir comment le mois de juillet se sera passé pour moi. Merci de votre lecture et à bientôt !

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Ma fanfic, c’est bientôt fini

En février 2019, j’avais accepté l’invitation dans une petite communauté discord. Le but ? Faire un camp NaNoWriMo pour nous préparer au vrai Camp qui viendrait en avril. Aujourd’hui, cette communauté n’existe plus, mais je me souviens que j’avais originellement choisi d’écrire une romance de Noël pour un appel à textes d’Eternity Editions. Ce texte n’était pas une mauvaise idée en soi, mais je me faisais violence pour l’écrire… Et je le sentais.

Arrive alors le 9 février. Je m’accorde toujours un peu de temps avant de commencer à écrire pour regarder une ou deux vidéos youtube. Ne me demandez pas pourquoi, ça m’aide à me mettre en conditions, même quand le sujet n’a rien à voir avec ce que j’écris. Ce jour-là, dans mes recommandations, un AMV appelé “No Happy Ending”, mis en ligne par Kenny Creates. La miniature me rend curieuse (elle est plus soignée que ce qu’on voit d’habitude), ce qui me pousse à cliquer.

Sans doute ma meilleure décision.

Vingt secondes de cet AMV ont suffi à m’insuffler une frénésie dont, seize mois plus tard, je ne suis toujours pas tout à fait sortie. J’avais commencé et arrêté la première version de QQC suite à des problèmes structurels et stylistiques l’année précédente… Pourtant, vingt secondes de cet AMV et toute la passion me revenait avec la délicatesse d’un coup de poing dans le ventre.

J’ai résisté pendant toute la journée pour finalement céder vers 22h, après un nouveau visionnage du fameux AMV. Il fallait que j’écrive. Dans QQC, je mentionne souvent la sensation de fourmis dans les mains qu’Hitomi ressent quand elle voit un sceau qu’elle n’a pas dessiné, ou à la perspective de pratiquer son art, de relever un défi dans ce domaine. C’est en partie inspiré de ce que j’ai ressenti ce soir-là.

Ce soir-là, j’ai écrit quelque chose comme 1700 mots, et le lendemain près de 5.000. Avant la fin du mois de février, j’avais écrit une quinzaine de chapitres (ils étaient encore courts à l’époque, mais quand même) et, en comptant mes 9.000 mots la première semaine pour le projet de romance, plus de 60.000 mots. J’ai écrit. J’ai tellement écrit.

L’idée derrière QQC (derrière cette V2 en tout cas) c’était de réparer une liste longue comme le bras d’injustices qui m’avaient marquée durant la lecture du manga original, le tout en utilisant un ton adulte, en développant l’univers comme il le méritait et en écrivant une héroïne aux motivations parfois peu morales. Je voulais aussi m’entraîner au worldbuilding, au développement de personnages, brasser mes propres idées, bref, m’éclater.

Pari réussi ? Pari réussi.

Après bientôt dix-sept mois (j’écris ces lignes fin juin) d’écriture acharnée, plus de 800.000 mots et de 200 chapitres, j’approche de la fin. Je n’en suis pas encore au dernier arc, mais j’ai fait une liste pour m’assurer de ne rien oublier – je suis vraiment tout près. Rien que d’y penser, j’ai le coeur qui bat la chamade et les larmes aux yeux : je ne suis pas prête à dire au revoir à mon bébé.

Franchement, on n’est jamais prêts à dire au revoir. Je me souviens avoir éprouvé quelque chose de semblable il y a dix ans, la dernière fois que j’ai fini un roman. L’investissement émotionnel de centaines d’heures (et le reste !) touche à sa fin… Et je ne suis pas prête. Malgré les idées qui fusent, l’impatience parfois de me mettre à mes projets suivants, je tremble un peu à l’idée de tourner cette page en particulier.

QQC m’a accompagnée à travers des ruptures amicales très dures, m’a permis de rencontrer des amis chers et l’une des relations les plus importantes pour moi aujourd’hui s’est formée grâce à cette fanfiction. J’ai acquis mon petit bout de notoriété pendant que je l’écrivais, lancé mes idées (lives, thread, serveur discord) entre deux chapitres. J’ai formé ma routine d’écriture et appris tellement, tellement de choses.

J’ai appris ce que j’étais capable d’écrire, ce que j’aimais écrire, ce que je devais encore retravailler, ce qu’il me faudrait noter durant mes propres projets pour ne pas oublier – et faciliter les différentes phases de correction inévitables avant de proposer un roman à une maison d’édition. Même si ce projet n’était pas éditable, le réaliser me forme un peu plus chaque jour à écrire quelque chose qui, lui, le sera.

J’ai du mal à dire au revoir, mais j’y arriverai. Je ne suis pas seule : mes amis sont derrière moi et me soutiennent tous les jours dans l’écriture, même sans le savoir. Je ne suis pas non plus sans idée : j’ai énormément de projets qui attendent sagement leur tour dans une liste virtuellement sans fin. Oui, je vais pleurer comme un gros bébé quand j’écrirai les dernières phrases de QQC, mais je n’oublierai jamais ce que cette fanfic m’a apporté.

Elle m’a rendue plus forte, plus visible, plus accomplie.

En juillet, je terminerai sans doute QQC.

Et je la remercie pour tout.

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Je réponds aux questions de r/writing (1)

Je pense qu’on ne présente plus Reddit, site communautaire majoritairement anglophone. Ce que peu d’auteurs savent, en revanche, c’est que le site recèle de communautés dédiées à l’écriture et extrêmement intéressantes, dont la plus prolifique est sans le moindre doute r/writing. Pour l’article du jour, j’ai décidé de répondre à trois questions sur lesquelles je suis tombée en parcourant les topics de cette communauté pour mes lecteurs francophones. Je referai régulièrement des articles sur ce format !

Comment réagirait un personnage si un autre simule sa mort ?

Bien évidemment, cela dépend de la relation entre les deux personnages, mais je vais partir du principe qu’ils sont proches : amis, amants, parents. Quand une personne que nous aimons meurt, nous traversons la phase de deuil en cinq étapes : le déni, la colère, la négociation, la douleur et l’acceptation. Je pense que la réaction du personnage en deuil dépend de l’étape à laquelle il se trouve au moment de la révélation que l’autre personne est en fait vivante.

Durant la phase de déni, je pense que le soulagement prévaudrait, la détresse durant l’étape de la colère, la joie lors de la négociation (puisque la personne endeuillée a obtenu ce qu’elle voulait), une souffrance supplémentaire quand la personne en est à la douleur (car elle a souffert “pour rien”) et un cocktail de rage et de méfiance une fois l’acceptation mise en place.

Bien sûr, le personnage ressentirait tous ces sentiments en même temps à certains degrés, ce qui ajouterait de la confusion au cocktail. Écrire des personnages en deuil n’est déjà pas simple alors imaginez ce que c’est quand on ajoute ce rebondissement ! Il faut également tenir compte du personnage lui-même, de sa personnalité, de son expérience face à la mort et à la trahison – car il se sentira sans doute trahi également de ne pas avoir été inclus dans le secret.

Quel est votre mot préféré pour des raisons esthétiques ?

Il s’agit du mot “anathème”. Beaucoup d’auteurs ont un mot préféré et je ne fais pas exception en la matière, mais je suis restée longtemps sans avoir ce mot que je trouvais plus joli et plus esthétiquement plaisant que les autres. Cela dit, il y a un mot que je déteste plus que les autres, et ce depuis mon plus jeune âge : “croûte”. 

Comment améliorer son style ?

Selon moi, ça passe par tout un tas de petites choses, mais le conseil le plus important que je puisse donner, je pense, c’est de lire et d’écrire. La maîtrise de la forme ne s’apprend et ne s’améliore qu’à force d’exposition et de pratique. J’ai déjà eu quelques élèves qui venaient me voir pour ça en particulier et je leur faisais lire des extraits de poèmes ou de prose que je trouve particulièrement beau, riche, puis leur demande d’expliquer et de théoriser pourquoi ces extraits sont esthétiquement plaisants. Je terminais en leur donnant un exercice de narration ou de description qui réexploitait ces théories.

D’un point de vue plus strict et classique, je vous conseille également d’étudier en profondeur les figures de style et la manière dont elles fonctionnent. Il faut un certain doigté pour réussir à les doser dans un texte, à les mettre au service d’un récit et de son rythme, mais on commence tous quelque part, n’est-ce pas ?

 

Voilà, c’est tout pour cet article. J’espère que vous l’avez aimé ! Je ne sais pas encore quand j’écrirai le prochain, mais j’ai hâte de m’y remettre.

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Préparer (et réussir) son Camp NaNoWriMo

Le NaNoWriMo et son pendant “détente”, le Camp, sont sans doutes les plus célèbres défis d’écritures, ceux qui réunissent la plus grande part de la communauté littéraire – notamment sur les réseaux sociaux. Cela fait plusieurs années que je participe, avec succès pour les quatre dernières éditions, et j’ai à présent trouvé ce qui fonctionne pour moi. J’ai décidé de partager ces conseils avec vous dans l’espoir qu’ils vous aideront !

NB : Cet article est adapté de mon thread du même nom. D’autres adaptations sont à venir !

Le NaNoWriMo et le Camp, c’est quoi ?

Il me paraît essentiel de commencer par expliquer ce que sont le NaNoWriMo et le Camp, ainsi que des notions et termes obscurs aux yeux des novices. Si vous avez des questions, je vous encourage très fermement à me les poser en commentaire, je vous répondrai avec plaisir ! Ne soyez pas timides, on commence tous quelque part et il n’y a aucune honte à ne pas savoir quelque chose.

“NaNoWriMo” est une abréviation. Le nom complet de l’évènement est “National Novel Writing Month” (Mois National de l’Écriture d’un Roman en français). À l’origine, il se déroulait uniquement en novembre. Le principe est simple : en novembre, tous les participants commencent un nouveau projet et ont pour but à la fois de le finir et d’avoir écrit 50.000 mots au moins durant le mois. Au fil des années, cependant, ces consignes se sont assouplies : nombreux sont les participants qui, comme moi, continuent tout simplement leur projet en cours.

Mais pourquoi 50.000 mots ? Selon les créateurs de l’évènement, il s’agit de la longueur d’un court roman. À titre de comparaison, Harry Potter à l’École des Sorciers en comptait autour de 75.000 dans sa version originale. 50.000 mots en 30 jours, cela fait 1.667 mots par jour, un accomplissement en soi.

Le Camp est souvent considéré comme le petit frère du NaNoWriMo. Il s’agit d’un évènement bisannuel, qui a lieu aux mois d’avril et de juillet. La différence avec le NaNo est simple et essentielle : cette fois, c’est vous qui choisissez votre objectif. La plupart des auteurs prendront le Camp comme un échauffement avant le vrai NaNo et se donneront donc un objectif plus faible, mais il n’est pas interdit de viser plus haut !

Cette année, les Cabines telles que les anciens les connaissaient ont été supprimées. De ce fait, beaucoup préféreront former des cabines officieuses sur Discord (Nyx’s Writing Club en inclura une !) car c’était motivant de voir un objectif commun grimper, de communiquer autour de l’effort quotidien que le NaNo représentait. Il existe également des guildes sur Habitica pour lesquelles c’est le NaNo tous les mois, sans exception !

C’est à vous de déterminer si vous avez de meilleures chances de réussir un Camp ou un NaNo en le faisant seul ou en groupe. L’énergie du groupe peut être très motivante, je serai la dernière à le nier ; cependant, cela implique que si quelques membres du groupe perdent en motivation et en vitesse, ils risquent de vous entraîner avec eux.

Mes conseils pour un Camp plaisant et réussi

Le plus important pour réussir son Camp (ou son NaNo d’ailleurs), c’est selon moi de ne pas négliger le mental. Vous avancerez souvent uniquement par la force de votre volonté. Autant dire qu’il va falloir prendre soin de votre esprit ! 

Pour ce faire, je suggère toujours aux participants, surtout ceux dont c’est la première fois, d’utiliser des paliers d’objectif. Votre premier palier serait un objectif que vous êtes sûrs d’atteindre (pour moi, c’est 62.500 mots) et le dernier un objectif très difficile à atteindre mais toujours possible (encore pour moi, 125.000 mots), avec une variété d’autres objectifs entre les deux, bien entendu.

La raison pour laquelle je donne ce conseil est très simple : le succès est un puissant moteur. Mes amis qui ont suivi ce système durant les dernières éditions ont très souvent foncé d’un objectif à l’autre bien plus facilement que durant leurs précédentes tentatives !

Je vous conseille ensuite d’avoir des périodes où vous ne ferez qu’écrire, au moins une fois par jour. Et oui, bien sûr, vous l’avez deviné, je vous parle à nouveaux des sprints ! Je trouve que ce mode d’écriture fait des merveilles quand on doit faire apparaître une quantité de mots sur le papier tous les jours. Selon moi, il est bien plus efficace de se concentrer et écrire pendant quinze minutes plutôt que d’essayer de le faire en papillonnant pendant une heure.

Bien sûr, vous pouvez pousser le concept plus loin et recréer systématiquement les mêmes conditions à chaque fois que vous vous asseyez pour écrire : toujours la même playlist, la même boisson, la même bougie qui brûle, la même heure. Cela dit, je pense que si vous installez ce genre de cadre pour votre routine, vous gagnerez à le maintenir après le Camp. Point bonus si ça vous aide à vous préparer au NaNo de novembre !

Mon troisième conseil est de laisser tomber toute correction du projet sur lequel vous travaillez pendant cette période. Je ne suis déjà pas très partisane de l’idée de corriger pendant qu’on écrit (je trouve que ça peut très vite devenir un cercle vicieux qui pousse à l’abandon d’un projet) mais pendant le NaNo ou le Camp il devient vraiment nécessaire de séparer ces phases ! Tout le temps, toute l’énergie que vous utiliserez à corriger sera une perte pour l’écriture en elle-même.

Prenez de l’avance sur votre objectif plutôt que d’essayer de rendre chaque phrase absolument parfaite. Prenez de l’avance parce que, croyez-moi, sur trente jour, il y en aura forcément où vous n’aurez pas l’énergie d’écrire. Vous pourriez tomber malade, avoir une journée surchargée au travail, ou tout simplement être épuisé. Sur tous mes NaNo, aucun ne s’est déroulé sans aucune anicroche. En prenant de l’avance, vous vous assurerez que ces jours peu productifs du côté de l’écriture ne vous coûtent pas la réussite de votre (ou vos) objectif(s).

Personnellement, j’aime beaucoup avoir un moyen de traquer mes statistiques d’écriture et j’ai une feuille de calcul plutôt détaillée en ce sens. Par ailleurs, vous feriez bien de vous inscrire sur le site du NaNo avec quelques jours d’avance, pour avoir le temps de créer votre projet, si vous souhaitez officialiser votre tentative de réussir le défi ! Il est toujours un peu compliqué d’accéder au site le premier jour du mois. En plus, si vous complétez votre objectif du Camp, vous gagnerez des codes de réductions pour certains programmes et sites intéressants pour les auteurs, dont Scrivener, dont on parlera quand j’aurai eu l’occasion de le tester en profondeur.

C’est tout pour cet article. J’espère que ces conseils vous aideront pour votre Camp et les éditions à venir ! Par ailleurs, si vous souhaitez épicer un peu les choses, n’hésitez pas à tenter également le Jeu de l’Adjectif, dont la quatrième édition aura lieu en juillet également !

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Le Jeu de l’Adjectif — Juillet 2020

Le JdA, c’est quoi ?

Le JdA, ou Jeu de l’Adjectif, est un challenge d’écriture qui se déroulera pour la quatrième fois en juillet 2020. Les participants auront à leur disposition un calendrier qui leur permettra de connaître l’adjectif du jour. Leur but, le vôtre si vous décidez de vous joindre à nous, est d’exploiter chaque jour leur adjectif en le faisant apparaître dans leurs écrits. Le mieux est de réussir à en faire apparaître le plus possible tout au long du mois !

Il y a quelques règles pour encadrer le jeu, les voici :

  1. Ce challenge n’est pas un concours. Vous ne gagnerez rien, si ce n’est la satisfaction d’un travail bien fait, d’avoir participé à un chouette évènement et d’avoir écrit régulièrement.
  2. Ce challenge est cumulable avec le Camp NaNoWriMo et tout autre challenge d’écriture.
  3. Il n’est pas obligatoire de participer tous les jours : le but du jeu est de valider le plus de jours possible, mais considérez que vous avez gagné dès que vous en validez au moins un !
  4. L’adjectif du jour devra apparaître dans ce que vous écrivez. Cette règle change par rapport aux éditions précédentes suites à quelques abus désagréables. Cependant, vous pouvez l’accorder en genre et en nombre comme vous le souhaitez.
  5. Si l’adjectif a plusieurs sens, vous pouvez choisir celui que vous voulez, à condition qu’il reste sous sa forme d’adjectif (par exemple, pour “doux”, vous ne pouvez pas utiliser “doucement” qui est un adverbe).
  6. Pour valider l’adjectif du jour, il faut l’exploiter pendant son jour au calendrier. Si vous souhaitez vous rattraper, c’est louable et je vous y encourage, mais ça ne compte pas comme une validation au sens strict du terme.

Il n’est pas nécessaire de s’inscrire. Cependant, si vous souhaitez faire le challenge de manière publique, vous pouvez :

  • Utiliser le #JDAchallenge2020
  • Rejoindre la communauté Discord liée au site
  • Créer un recueil sur Wattpad et m’y taguer pour que je le voie.

C’est tout pour les règles et modalités ! Elles ne sont pas nombreuses, mais j’y tiens afin que ce jeu se passe dans les meilleures conditions possibles pour tout le monde. 

Le calendrier

Sans doute la partie la plus importante du jeu ! Le voici sans plus attendre :

N’est-il pas magnifique ? J’espère qu’il vous inspirera autant que moi et que vous avez hâte qu’on se retrouve en juillet pour cette nouvelle aventure ! Si vous avez des questions, posez-les en commentaire, j’y répondrai avec plaisir. À bientôt !

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Mai : Le bilan

Pour beaucoup d’auteurs de mon âge, le mois de mai est synonyme de partiels à n’en plus finir. Je n’ai pas exactement fait exception à la règle ce mois-ci : mes professeurs ont majoritairement choisi de nous faire passer des QCM et de nous demander des rédactions pour palier à l’impossibilité de tenir nos examens en présentiel. Puisque ce système me permet d’éviter trois oraux dans trois matières compliquées, j’en suis plutôt satisfaite !

Ce mois-ci, pas de Camp NaNoWriMo pour me propulser dans la stratosphère avec la seule force de ma motivation, mais je suis quand même très satisfaite ! J’ai beaucoup avancé dans Quelque chose s’achève, quelque chose commence et me suis même permis le luxe d’écrire quelques articles pour le blog, qui arriveront au cours des mois de juin et juillet. J’ai hâte que vous les découvriez ! D’ailleurs, l’article De l’importance des « sous-genres » de la littérature vous a beaucoup plu, ce qui m’a ravie ! C’est un sujet qui me tient après tout beaucoup à coeur.

Le mois en nombres

Pendant le mois de mai, j’ai écrit en tout 94.655 mots ! Je dois dire que je suis fière de ce résultat. En tout, j’ai écrit 10 chapitres de QQC, répartis sur quatre arcs narratifs. Cela signifie qu’en moyenne, j’ai écrit 3.053 mots par jour, avec une pointe le 21 mai à 6.026 mots. Pour plus de détails, n’hésitez pas à consulter le graphique ci-dessous, tiré de ma feuille de calcul de mai :

Mon objectif pour le mois était d’écrire 62.500 mots, autant dire que je me suis surpassée !

Mon ressenti en mai

J’ai adoré continuer d’organiser les lives d’écriture en votre compagnie ! Nous sommes désormais une dizaine à participer à chaque session. Par ailleurs, je suis devenue affiliate Twitch à la fin du mois ! Cela signifie que vous pouvez maintenant vous abonner à la chaîne pour débloquer l’accès à des emojis uniques (utilisables sur toutes les chaînes que vous regardez) et utiliser le programme de dons intégré dans Twitch. Comme vous le savez très certainement, ce genre de soutien financier me permettra de réduire le coût d’hébergement du site. Merci beaucoup !

J’ai été très fatiguée tout au long du mois, avec certaines périodes pires que d’autres. Je pense que les vagues de chaleur qui sont passées sur la Belgique y sont pour beaucoup. J’ai eu du mal à me concentrer uniquement sur ma fanfic, mon esprit allait chercher des idées absolument partout et qui suis-je pour refuser, pour résister ? Cela dit, j’ai eu un gros regain d’énergie en atteignant le début d’un arc qui me tenait à coeur.

L’ambiance sur le discord est absolument fabuleuse et je sais que je n’aurais pas écrit autant, loin s’en faut, sans l’énergie que j’y ai trouvée. Cette communauté née à la base de la nécessité d’un serveur lié aux lives est devenu un ensemble précieux que je veux protéger et remercier. Si vous lisez ces lignes, sachez que je vous adore !

Le programme de juin

Continuer d’écrire, bien entendu ! Il me reste quatre examens à présenter en juin, ce qui laisse décidément plus de place à l’écriture. Cela dit, j’ai des choses à faire IRL qui risquent de perturber occasionnellement la programmation des lives. Je vous tiendrai au courant de tout ça sur Twitter bien entendu !

Durant les deux premières semaines du mois de juin, je prévois entre autres de préparer le calendrier du Jeu de l’Adjectif de juillet 2020, notre quatrième édition. Je pense d’ailleurs le faire en stream, donc gardez un oeil sur mon Twitter et mon Wattpad pour ne pas rater l’annonce !

Je dois également travailler sur au moins deux articles ce mois-ci et corriger ceux qui paraîtront courant du mois. J’espère que vous les aimerez ! Somme toute, j’ai comme toujours plein de projets, et très, très hâte de vous retrouver sur Discord, Twitter et en stream. Passez un merveilleux mois de juin !

Publié par Nyx M. Cavalier dans autres articles, bilans mensuels, 2 commentaires

De l’importance des « sous-genres » de la littérature

Cela fait plus de dix ans que je participe à différentes communautés littéraires sur internet, et plus de quinze ans que j’écris. Je n’ai que vingt-deux ans au moment d’écrire ces lignes, autant dire que j’ai commencé très tôt. Il n’y a jamais eu de période dans ma vie où je n’écrivais absolument pas, même quand je n’avais pas (encore) d’ordinateur, même quand j’en avais un mais sans internet. Ce n’est qu’à partir de mes seize ans, il y a bientôt sept ans, que j’ai pu avoir tout ce matériel à disposition librement.

Pourtant, j’ai commencé à écrire sur des forums rpg à onze ans, quand j’avais uniquement accès à internet via les ordinateurs de la bibliothèque, deux fois par semaine. C’est comme ça que j’ai vraiment commencé à écrire en ligne, sur un forum majoritairement peuplé d’adultes québécois absolument ravis de voir une toute jeune joueuse découvrir le monde des rpgs sur forum à partir de leur univers en miniature.

C’est dans la section « art » de ce forum fréquenté par une cinquantaine de membres que j’ai posté ma première fanfiction, un one-shot de même pas mille mots sur un couple du comic/dessin animé W.I.T.C.H. dont j’étais (et suis toujours, inutile de mentir) une très grande fan. À cette époque, j’avais déjà écrit des histoires originales (en réalité lourdement inspirées de mes lectures), mais cette fanfiction était le premier récit que je montrais à des gens. Des inconnus. Des adultes, tellement plus matures que moi en tant qu’auteurs.

Ce sont eux qui m’ont fait découvrir ffnet, un site qui en retour m’a fait découvrir les skyrocks d’auteurs. En bref, sans ce forum rpg, je n’aurais probablement pas eu de tels débuts dans le monde de l’écriture sur internet, et pour moi, ça aurait été une perte terrible. Sans ce parcours, je n’en serais pas là aujourd’hui.

C’est pour ça que quand je vois des auteurs et lecteurs mépriser ces types d’écriture – roleplay, fanfiction, et j’en oublie sans doute – je suis en colère. Je suis en colère qu’on me demande de mépriser une facette aussi importante de l’autrice que je suis aujourd’hui. Aujourd’hui, j’écris une fanfiction Naruto tellement construite, complexe et fermement maîtrisée qu’elle m’a permis de développer ma réflexion concernant la construction d’univers et de personnages au-delà de tout ce que j’aurais pu faire par d’autres moyens. Même moi qui écris régulièrement des articles sur ce sujet, je sais que la pratique permet de s’améliorer bien plus vite et plus efficacement que la théorie.

Je ne comprends pas ce que nous gagnerions à mépriser les étapes par lesquelles nous sommes passées — ou si pas nous, nos camarades et amis — pour devenir les auteurs que nous sommes aujourd’hui. Je ne saurais commencer à faire la liste des choses que j’ai apprises grâce au roleplay ou à la fanfiction. Et je sais que je ne suis pas la seule, loin de là ! Alexa Donne a même publié une vidéo à ce sujet sur sa chaîne Youtube. Certains des auteurs les plus célèbres de notre génération ou de la précédente (comme Cassandra Clare) ont longtemps écrit de la fanfiction.

Ces “sous-genres” de l’écriture comme on aime tant les appeler d’un ton méprisant sur Twitter ont créé bien des auteurs, au final. Si ces adultes québécois ne m’avaient pas encouragée quand je n’étais qu’une gamine qui m’introduisais dans leur univers en miniature, qui sait si j’aurais continué à écrire ? L’écriture est un art solitaire mais l’humain, en bon animal social, en fait une pratique de plus en plus collective.

C’est qu’il y a de la force dans le groupe ! Pour beaucoup parmi nous, la fanfiction a été le premier pas dans le monde de la publication en ligne ; selon votre génération, vous avez commencé sur LiveJournal, Skyrock, Ffnet, AO3, Wattpad. Vous avez reçu vos premières critiques, certaines justes et d’autres non, avez accueilli vos premières reviews positives (adoratrices parfois, même) avec un mélange de joie et d’incrédulité profondes. Vous avez appris ce que ça faisait d’avoir des gens qui nous lisent, même des inconnus à l’autre bout du monde.

Le roleplay vous a appris d’autres compétences essentielles. Ce loisir vous a confronté à d’autres auteurs, dont beaucoup sont plus accomplis et expérimentés que vous – surtout à vos débuts dans cet univers. Vous les avez vus construire des personnages, des histoires en utilisant des méthodes conscientes et inconscientes que vous n’aviez jamais envisagées. En écrivant avec eux, et même en discutant simplement sur la chatbox (ou le discord, le groupe messenger, peu importe ce que vous utilisez ou utilisiez !) vous avez appris des choses concernant l’écriture qui ne vous auraient jamais effleuré.

Vous ne gagnerez rien à mépriser ces “sous-genres” de la littérature, mais vous gagnerez à admettre leur utilité. Certains d’entre nous s’y adonnent encore, même ceux qui écrivent des romans, même ceux qui sont déjà publiés. L’important quand on écrit par exemple des romans et du roleplay est de trouver un équilibre entre les deux, d’utiliser le roleplay comme une récompense pour un certain temps de travail sur le roman. Pour les auteurs de fanfictions, ces dernières sont parfois une manière de tester des choses, de se préparer aux projets futurs – c’est notamment mon cas.

Ne renions pas ce genre de passé d’écrivain. La honte est un paralysant, la fierté un stimulant. Personnellement, je sais lequel de ces sentiments va me servir pour mes projets à venir.

Publié par Nyx M. Cavalier dans autres, autres articles, 2 commentaires

Nous ne sommes pas l’exception à la règle

Nous ne sommes pas l’exception à la règle. Nous sommes auteurs parmi des centaines, milliers même d’autres auteurs. Nous ne sommes pas les prochains J.K. Rowling et Rick Riordan, parce que tout ce qui fait leur succès est justement le caractère exceptionnel de leur parcours. C’est leur influence et leur succès qui permet aux auteurs que nous admirons d’ignorer certaines règles communes dans le monde de l’édition ou même en termes d’écriture.

Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas l’exception à la règle que nos écrits sont dénués de qualité, attention. Ce que j’entends par « nous ne sommes pas l’exception à la règle », c’est qu’il faut cesser de les ignorer. Vous ne gagnerez pas le respect des lecteurs et éventuels éditeurs en débarquant avec vos gros sabots, en crachant partout et en cassant la déco, pas vrai ?

Je ne suis pas là pour vous faire la morale. Je n’ai aucun pouvoir sur vous, faites ce que vous voulez, bien entendu. Je voudrais juste partager mon avis concernant le fait que, selon moi, vous vous ferez du mal en tant qu’écrivain si vous vous comportez comme si le monde vous appartenait. Rares sont les auteurs qui parviennent à dégager un certain charme (relatif) quand ils se comportent de cette manière.

Si mes conseils vous intéressent, en voici un : apprenez les règles. Apprenez les règles de narratologie, apprenez les règles de comportement avec les éditeurs (et notamment comment envoyer vos manuscrits) et apprenez à traiter les gens comme vos égaux, comme si vous aviez des choses à vous offrir mutuellement. C’est particulièrement important si vous visez l’édition et que vous êtes présent sur les réseaux sociaux, parce que les éditeurs vont les observer et essayer de déterminer si vous avez une image positive.

Apprenez les règles, parce que vous en sortirez grandi. En théâtre, on m’a enseigné qu’il fallait apprendre les règles, maîtriser les règles et alors seulement envisager de les dépasser. Je pense que cela s’applique aussi à l’écriture. J’ai réalisé qu’énormément d’auteurs dans mon entourage trouvaient leur inspiration et une amélioration dans leur écriture en étudiant, même de manière superficielle, les sujets de narratologie qui les intéressent : développement des personnages, worldbuilding, rythmique, la liste est sans fin.

Nous ne sommes pas l’exception à la règle. Il y a très peu de chances que nous gagnions des prix pour nos livres, que nous vendions des millions d’exemplaires, que nos histoires soient adaptées au format audiovisuel, parce que toutes ces choses sont l’exception, le cas sur un million… Et vont souvent ensemble. Mieux vaut accepter cette réalité et se concentrer sur des objectifs plus accessibles, selon moi, car la réussite est un bien plus puissant moteur que l’échec perpétuel.

Mon conseil ce mois-ci est donc triple : apprenez les règles, maîtrisez-les et ne vous considérez pas au-dessus d’elles.

C’est tout pour l’article du jour qui, je l’entends, avait un ton bien différent des autres. Je l’ai surtout écrit en réaction de ce que je pouvais voir sur Twitter et sur les plateformes littéraires de manière plus large ces derniers temps. Je ne sais pas encore de quoi parlera l’article de juin, mais je vous le dirai sur Twitter donc n’hésitez pas à me suivre là-bas (mon @ est nyxisnyx) ! Au mois prochain !

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