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Talent vs. Travail

Nous avons tous dans notre entourage cet auteur incroyablement talentueux qui ne semble pas rencontrer la moindre difficulté quand il écrit. Tout lui tombe tout cuit dans la bouche : ses personnages sont attachants, ses univers complexes, sa prose poignante. À l’inverse, nous connaissons tous un auteur qui travaille très dur, qui compulse les sources concernant la prose et la narratologie dans l’espoir de s’améliorer – et qui s’entraîne, s’entraîne, s’entraîne.

 

Beaucoup de gens, qu’ils fassent partie des réseaux d’auteurs ou non, pensent que l’écriture est avant tout une affaire de talent, d’une capacité innée que seuls quelques rares élus possèdent. Sans ce don distribué aléatoirement, la qualité des romans écrits par un auteur serait sévèrement impactée. Ai-je vraiment besoin de vous dire à quel point je suis en désaccord avec cette idée ?

 

Le talent, selon moi, ne représente que 5% du potentiel réel d’un auteur. Tout le reste ? Du travail, du travail et encore du travail. À mon avis, n’importe qui peut écrire un bon roman à condition d’y consacrer la quantité de travail appropriée. Quant au talent, il ne s’agit que d’un raccourci utile au début, qui contrebalancera le temps gagné en induisant son propriétaire en erreur concernant la qualité de ses écrits.

 

Avec le talent vient l’orgueil, un terrible ennemi de la progression. Si vous avez de la chance ou de l’expérience, vous êtes déjà sorti de cette phase où vous étiez terriblement sûr de vous, persuadé que vos écrits apporteraient la lumière divine à tout lecteur digne de ce nom. À vrai dire, certains auteurs que je connais se trouvent encore dans cette phase et, comme tout écrivain dans leur situation, ils ne sont pas prêts à l’entendre. En réalité, certains ne sortent jamais de ce stade.

 

Vous n’avez pas besoin de talent. Vous avez besoin de remise en question et de travail, c’est tout. Vous avez besoin d’écrire des premiers jets nazes et de vous pencher dessus pour une réécriture (comme nous tous), vous avez besoin d’apprendre ce que vous ignorez encore, vous avez besoin de prendre du recul. Ce n’est que comme ça que vous progresserez et aurez une chance d’atteindre vos objectifs en matière d’écriture.

 

Et si l’écriture est pour vous plus qu’un simple plaisir, si vous écrivez pour quelqu’un d’autre que vous-même, vous voudrez progresser, vous voudrez apprendre. S’il y a une chose que vous devez à vos très chers lecteurs, c’est de faire de votre mieux pour leur offrir une belle histoire qui les sortira un peu de leur quotidien souvent si morose. Quel que soit le genre ou le format dans lequel vous écrivez, plus vos écrits s’amélioreront et meilleure sera la réponse de votre lectorat. À mes yeux, il n’existe pas de plus belle motivation pour se mettre au travail.

 

Comment faire alors ? D’abord, rentrez-vous dans le crâne que le talent ne compte pas. Ensuite, acceptez qu’il vous faudra donc travailler pour obtenir ce que vous voulez. Enfin, attelez-vous à cette tâche. Suivez des ateliers, lisez des livres formateurs, écoutez des podcasts, prenez des cours. Concernant cette dernière option, vous pouvez d’ailleurs trouver mes tarifs sur cette page.

 

Dans tous les cas, ne perdez pas courage. Je sais que c’est difficile, surtout en ce moment, mais je vous assure que le jeu en vaut la chandelle. Un jour, vous accomplirez ces objectifs, ces rêves secrets qui vous trottent en tête et ne vous quittent jamais tout à fait, pour peu que vous vous investissiez comme il se doit. Je vous souhaite le plus grand des courages et toute la chance du monde, mais je sais que vous y parviendrez !

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Votre Némésis

Cet article est une transcription de l’épisode 10 d’I Can’t Word. Bonne lecture !

Vous avez bien entendu, je vous parle aujourd’hui de votre Némésis, et pas de celles que vous créez pour vos histoires – ce sujet viendra plus tard. Cette Némésis se trouve en chaque auteur, en chaque artiste même. Elle ne vous quitte jamais et a le pouvoir de vous pourrir la vie au quotidien, mais vous pouvez apprendre à l’ignorer.

Tout d’abord, définissons l’ennemi. Qui est cette Némésis ? Nous l’appelerons la Résistance, comme dans le livre qui m’inspire cet épisode : The War of Art, par Steven Pressfield. La Résistance est une ombre que nous connaissons sans vraiment la connaître : c’est l’impulsion de jouer à un jeu-vidéo plutôt que d’écrire votre quota de mots journalier, de laisser tomber le projet en cours pour en commencer un nouveau – que vous abandonnerez aussi en cours de route. C’est l’excuse que vous vous octroyez pour ne pas vous pencher sur un projet urgent, le sentiment d’illégitimité qui vous empêche de soumettre vos projets à des éditeurs, la paresse qui vous empêche de réécrire un premier jet terminé.

La Résistance, c’est la peur que vous ressentez à différentes étapes du processus créatif. Qui êtes-vous pour écrire cette histoire, parler de ce sujet ? Qui êtes-vous pour vous prétendre écrivain, pour oser déranger une maison d’édition sérieuse et légitime ? Ces questions, la Résistance vous les posera tous les jours. Elle nouera votre estomac, s’accrochera à la moindre distraction comme une sangsue. Parfois, elle ne se fera même pas sentir, parce qu’elle sait aussi se dissimuler derrière des inquiétudes et prétextes légitimes.

Ce constat paraît sans doute déprimant, mais je vous demande de vous accrocher, que ce soit à cet épisode ou à votre écriture. C’est comme ça qu’on force la Résistance à reculer, en ne lâchant pas le morceau peu importe l’adversité. La Résistance ne disparaîtra pas, quoi que vous fassiez, mais votre combativité vous permettra de vivre avec, de faire taire sa voix qui vous susurre à l’oreille. Vous apprendrez à trouver de la fierté et du plaisir dans votre écriture, à vous appuyer sur ces sentiments pour avancer coûte que coûte, parce que c’est ça, la vie d’artiste.

Je vous dis parfois que je traite l’écriture comme un métier, mais j’explique rarement ce que ça signifie. Pourtant, cette vision de l’écriture me permet d’ignorer la Résistance, voire de m’en servir comme d’une force plutôt qu’une faiblesse. Quand je dis que je vois l’écriture comme un métier, j’entends par là que je m’oblige à écrire tous les jours, comme je me présenterais tous les jours au travail. Bien sûr, j’ai quelques jours de congé, que je décide d’utiliser ou pas, et je peux m’accorder un congé pour maladie, mais hors de question de ne pas écrire toute la journée pour jouer à un jeu si je n’ai pas bloqué ce jour en avance, par exemple.

Beaucoup d’auteurs opposent la Résistance et la Muse, leur inspiration. Ils n’écrivent que quand ils sont d’humeur. C’est très bien si demeurer amateur ne vous dérange pas, mais face à une deadline par exemple, ce serait se tirer une balle dans le pied. J’ai un secret à vous avouer : la Muse n’est pas une force occulte que seuls certains auteurs possèdent, ou que tous possèdent mais seulement à certains moments aussi rares que spécifiques. Il s’agit en réalité d’un muscle. Comme tous les muscles, vous pouvez l’entraîner, la renforcer et l’entretenir. Comme tous les muscles, elle vous donnera des crampes et des courbatures, et comme tous les muscles, il faut l’échauffer avant de la faire travailler.

On m’a demandé récemment quelle qualité est indispensable à un auteur à mes yeux. Ma réponse, sans la moindre hésitation, a été la rigueur. La rigueur de se poser devant l’ordinateur tous les jours ou presque, de se concentrer à la moindre occasion sur les nouvelles connaissances utiles à acquérir pour améliorer son écriture, de poser de nouveaux mots sur la page malgré la peur et l’impression de ne rien mériter. C’est en ayant la volonté et la discipline de travailler régulièrement qu’un auteur passe du stade amateur au stade professionnel, et ce indépendamment de son statut d’auteur publié ou non, ou du succès de ses écrits.

Beaucoup de jeunes auteurs sont jaloux du talent de leurs pairs. Ils voient l’écriture être facile pour eux, lisent les romans de leurs idoles et ne comprennent pas pourquoi ce qu’eux produisent est tellement moins bon ou engageant. Quelque chose d’essentiel leur échappe : le talent d’un auteur représente seulement 5% de son potentiel. Le reste ? C’est du travail. Des heures et des heures passées à écrire de mauvais manuscrits, des scènes plates et des personnages sans saveur, des heures aussi à lire des ouvrages de référence, des heures à apprendre, à progresser et appliquer leurs nouvelles connaissances. L’écriture s’apprend. On peut être un excellent auteur sans talent. Sans travail, en revanche, on n’arrive jamais à rien.

Votre Némésis ne veut pas que vous deveniez des professionnels de l’écriture. Elle ne veut pas que vous vous amélioriez, que vous obteniez une quelconque forme de succès. L’inertie lui plait plus que toute idée de mouvement. Les seuls efforts qu’elle vous poussera à faire vous placeront seulement dans des situations de moins en moins favorables. L’effet pour votre état mental est désastreux : l’échec est un paralysant et un poison, un générateur et amplificateur de dépression. La Résistance, si vous la laissez faire, vous poussera à échouer encore et encore.

Comment la vaincre, alors ? C’est simple, et en même temps terriblement compliqué : ignorez-la. Ignorez l’impulsion de fuir votre manuscrit, l’impulsion de démarrer un projet en abandonnant celui en cours. Ce sera dur au début, mais je vous promets que ça devient petit à petit plus aisé. La force de l’habitude surpasse celle de la Résistance après un moment. Ne perdez pas espoir et, surtout, ne perdez pas votre motivation et votre rigueur. Elles vous mèneront plus loin que vous ne le pensez.

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Comprendre et améliorer son protagoniste

Cet article est une transcription de l’épisode d’I Can’t Word du même titre, sorti hier sur vos plateformes d’écoute favorites.

Quand on parle de protagoniste, beaucoup de gens pensent à la notion de héros, car certains des exemples de protagonistes qui nous ont marqués ces dernières décennies sont en effet des héros. Le plus célèbre d’entre eux, Harry Potter, fait même partie d’une maison qui met en avant l’héroïsme, parfois au détriment de la prudence. Je vais donc commencer par expliquer la différence entre ces deux notions, pour qu’on y voie plus clair à partir de maintenant.

  • Le protagoniste est le personnage autour duquel l’histoire tourne. C’est celui qui change le plus, qui évolue le plus, et qui souvent souffre le plus. Il peut avoir toutes sortes de tempéraments, tant que ses traits de caractère font de lui un personnage que le lecteur peut aimer et auquel il peut, dans une certaine mesure, s’identifier.
  • Le héros est un personnage doté de capacités qui sortent de l’ordinaire, et qui s’en sert pour faire le bien. Ses intentions ne sont pas toujours pures, mais elles le deviennent avant la fin de l’histoire. Beaucoup de protagonistes d’histoires un peu datées sont des héros, à l’exception du Seigneur des Anneaux, où le héros n’est pas Frodon mais Sam ou Aragorn, dépendant de comment on lit l’histoire.

Maintenant que ces notions sont en place, parlons de l’antagoniste et du méchant de l’histoire, que nous appellerons à partir d’ici « l’ennemi » car nous n’avons pas cinq ans, vous et moi.

  • L’antagoniste s’oppose au protagoniste. Il n’est pas forcément l’obstacle principal de l’histoire, mais c’est souvent le cas. Si le code moral de l’histoire par rapport à son thème était un spectre, antagoniste et protagoniste seraient à des positions opposées. Bien souvent, ces deux personnages se ressemblent à bien des niveaux, si bien qu’ils auraient pu occuper le rôle de l’autre si leurs passés avaient été échangés.
  • L’ennemi est un antagoniste qui a l’intention de nuire. Quelque chose en lui est pourri, corrompu, si bien qu’il se fiche du mal qu’il fait autour de lui. Tout ce qui compte à ses yeux est d’atteindre son objectif. Si vous avez lu certains romans sortis très récemment, vous réaliserez sans difficulté que plusieurs protagonistes collent avec cette définition, comme Mia Corvere dans Nevernight et Kaz Brekker dans Six of Crows. La seule chose qui sépare ces personnages de l’ennemi est que l’histoire tourne autour d’eux, de leur évolution et de ce qu’ils doivent apprendre pour triompher.

En somme, on peut dire que le protagoniste incarne l’histoire et que l’antagoniste incarne le conflit au coeur de l’histoire. Une histoire est une évolution. Votre protagoniste doit subir ou prendre part active à cette évolution, sans quoi il ne fait pas partie de l’histoire. Il doit grandir, devenir une meilleure personne. Cette nécessité se justifie par le fait que le protagoniste crée le lien entre le lecteur et l’histoire. Le lecteur s’identifie au protagoniste. Après sa lecture, il aura appris quelque chose en même temps que ce personnage, aura quelque part grandi en même temps que lui.

Souvenez-vous, on parlait dans un épisode d’I Can’t Word du défaut primordial comme d’un élément essentiel pour créer un protagoniste imparfait et rendre l’identification possible pour le lecteur. Nous en sommes à ce point une nouvelle fois aujourd’hui : le protagoniste, qu’il soit un héros ou non, a besoin de son défaut pour être réceptif au thème de l’histoire et à l’évolution qu’il traversera à travers celle-ci.

Souvent, quand on conçoit un protagoniste et qu’il ne fonctionne pas en tant que personnage, c’est pour une des raisons suivantes :

  • Un manque d’objectivité de la part de l’auteur, c’est-à-dire vous. Vous aimez votre protagoniste et vous voulez que tout le monde l’aime, mais le barder de qualités sans qu’aucun défaut ne pointe le bout de son nez est une mauvaise idée. Personne n’apprécie les Miss et Mister Perfection. Pour plus de précisions sur ce sujet, je vous renvoie à l’épisode 6 d’I Can’t Word.
  • Un manque de profondeur et d’évolution, qui reviennent justement sur la notion de défaut primordial. Votre protagoniste ne peut pas être dépeint en une seule dimension, car les humains sont pleins de nuances. Il ne peut pas rester stagnant, ne subir aucune péripétie, sinon ce n’est pas lui qui se trouve au centre de l’histoire.
  • Un manque de connexions avec le lectorat ou les autres personnages. Concernant la connexion avec le lectorat, elle se noue quand le protagoniste provoque l’empathie, la compréhension – en d’autres termes, quand le lecteur peut comprendre les motivations du personnage et se mettre à sa place. En revanche, la connexion avec les autres personnages n’est pas si simple à définir : il ne s’agit pas simplement de donner des liens compréhensibles à vos personnages, mais de tabler en plus sur des interactions qui ancreront le protagoniste dans son environnement. S’il est seul, s’il fait tout seul, il n’y a pas d’histoire.
  • Un manque d’animation. Ce manque, sur lequel nous reviendrons dans un épisode futur, se trahit par un personnage qui subit continuellement plutôt que d’agir et prendre des décisions. Personne ne veut lire l’histoire d’un personnage simplement ballotté de droite à gauche, qui ne prend jamais son destin en main. Votre personnage doit décider de faire des choses, même si vous le faites échouer.

N’oubliez pas que votre protagoniste est souvent la raison pour laquelle le lecteur a choisi de lire ce livre et pas un autre. Il est donc extrêmement important de prendre soin de ce personnage et de son évolution si vous souhaitez acquérir et conserver votre lectorat.

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L’art de dissimuler son antagoniste

On vous parle souvent d’antagonistes attachants, et vous en connaissez probablement vous-mêmes plusieurs exemples. Après tout, ce sont ceux qui nous marquent ! Pour qu’on s’y attache, la solution est bien souvent de dissimuler leur rôle pendant au moins une petite partie de l’histoire. Un nouveau problème se présente ainsi à nous : comment dissimuler un antagoniste avec efficacité ? Ne vous en faites pas, cet article présente un arsenal de solutions dans lequel vous pourrez piocher à loisir en fonction de vos besoins !

1. Rendez votre antagoniste appréciable.

Je sais, c’est un peu le dilemme de l’oeuf et de la poule, mais prenez le temps de considérer le problème sous cet angle : un personnage est vaguement cruel, froid et détaché, sauf avec le protagoniste, qu’il traite avec respect, égard, voire tendresse. Peut-être sont-ils amoureux,  voire amants. Nous arrivons au dernier quart du roman. La tension monte et, soudain, le protagoniste réalise dans une scène déchirante qui était son ennemi depuis le début. Et nous, lecteurs, ne parvenons même pas à détester l’antagoniste, parce que nous le voyons tiraillé entre la souffrance qu’il ressent et la puissance de ses convictions. Pas mal, non ?

2. Faites-le passer pour un imbécile, un incompétent, un faible.

Nous avons l’habitude des antagonistes habités d’une forme ou d’une autre de pouvoir, de puissance, d’intelligence. La raison est simple : le protagoniste est lui aussi habité de ces qualités, et la construction de ces deux personnages se fait souvent en miroir, avec des influences extérieures qui les poussent à avancer sur des chemins opposés. Les soupçons s’éloignent immédiatement d’un personnage désigné comme stupide, incapable ou particulièrement faible. Quel mal pourraient-ils faire, de toute façon ? Vous voyez bien qu’ils n’arrivent à rien… Jusqu’à ce qu’on découvre leur pouvoir caché, la brillance avec laquelle ils se sont joués du héros.

3. Rendez-le attirant.

Ce plan d’action fonctionne particulièrement si vous prévoyez de faire de l’antagoniste un love interest (#drama). On en revient un peu au premier point, d’ailleurs ! L’incrédulité du protagoniste quand il découvre la trahison devient l’incrédulité du lecteur, qui a eu tout le temps de tomber sous le charme du personnage. Si en plus il est beau, charmeur, et gentil avec les animaux et les dames âgées, comment croire qu’il peut vouloir détruire tout ce pourquoi le protagoniste se bat ?

4. Faites-le aider le protagoniste.

Battez, en quelque sorte, le chaud et le froid. Il aide le protagoniste, il rase un village. Il sauve le love interest pour que le protagoniste ne souffre pas, il égorge un soldat qui l’a regardé de travers. Pensez un peu à Moriarty, dans Elementary. Elle vient plusieurs fois en aide à Joan et Watson, si bien qu’on en vient à l’apprécier et douter de ses intentions, mais elle retourne toujours à ses plans criminels. Cette version de Moriarty constitue vraiment un excellent exemple d’antagoniste bien dissimulé et appréciable.

5. Donnez-lui un passé douloureux.

Rien ne provoque tant l’empathie que des souvenirs qui torturent un personnage et permettent au lecteur de mieux comprendre ses défauts ; cependant, prenez garde à ne pas abuser de ce conseil. Tout le monde n’a pas un passé tragique, même si chacun a vécu des épreuves dans sa vie. Juste pas les mêmes, et pas la même intensité. Par contre, protagoniste et antagoniste pourraient notamment partager un même passé chargé, si bien qu’ils se comprennent et se respectent mutuellement pour avoir survécu à toute cette souffrance.

 

Voilà, j’espère que ces quelques conseils vous auront donné des pistes viables pour vos propres antagonistes. N’hésitez pas à laisser un commentaire pour en discuter et à la semaine prochaine pour l’examen d’un nouveau trope !

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La bible sérielle : pour qui, pourquoi ?

J’adore les outils pratiques. Je vous parlais il y a quinze jours de Milanote, une application qui a amené mon organisation en tant qu’autrice au niveau supérieur, mais il est temps que je vous présente un autre outil : la bible sérielle. Celle-ci s’adresse plutôt aux créateurs d’univers, qu’il s’agisse de science-fiction ou de fantasy. Elle sera particulièrement utile pour les auteurs qui écrivent plus d’un seul roman par univers, qu’ils préfèrent écrire des suites, des tomes compagnons ou tout simplement des univers étendus qui englobent plusieurs histoires. La bible sérielle vous permet de rassembler dans un seul document, correctement organisé, toutes les informations concernant votre univers. Ainsi, vous n’aurez pas besoin de mettre votre cohérence à l’épreuve en essayant de deviner où se cache le nom du premier roi de l’Empire de Nilheim ou la raison pour laquelle La Guerre du Dalhia a commencé. Ces informations se trouveront sagement rangées là où vous pourrez les trouver sans difficulté !

La bible sérielle devrait contenir au minimum une liste de vos personnages et de vos différentes nations ainsi que leurs caractéristiques. C’est selon moi le minimum pour un outil complet et donc facile à utiliser ; il convient de trouver le bon nombre de subdivisions, celui qui va créer l’équilibre et vous permettre, d’un coup d’oeil au sommaire, de trouver ce que vous cherchez. Pour bien l’utiliser, il faut donc rigoureusement noter tous les éléments de worldbuilding et de construction des personnages, mais il s’agit de toute manière d’une bonne habitude à prendre ! Certains auteurs s’en occuperont avant d’écrire un mot, d’autres durant l’écriture de leur roman, d’autres encore une combinaison des deux. Dans tous les cas, la bible sérielle doit être complétée avec rigueur et ne rien oublier, y compris les informations que vous connaissez mais n’avez pas intégrée au récit !

Parce qu’il est difficile de tirer du néant une structure efficace et complète, je vous conseille d’acquérir votre première bible sérielle plutôt que de la créer vous-même. Celles qu’on trouve sur le marché sont faciles à personnaliser, y compris si vous souhaitez y ajouter des éléments. C’est le cas notamment de la mienne, que vous pouvez acheter sur Utip pour la modique somme de 5€. Par ailleurs, je lancerai également un concours pour en gagner une dès aujourd’hui sur mon compte Twitter. J’espère que cet article vous a été utile ; à la semaine prochaine pour le bilan du mois de septembre !

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Milanote : un test très convaincant !

Cet article présente un produit, mais n’est ni un partenariat ni même une offre contre article de la part de la marque. En gros, je fais ça gratos, parce que je l’aime vraiment (cela dit, Milanote, si vous passez par là, n’hésitez pas à me faire un petit signe) !

Comme souvent quand je découvre un outil pour auteurs dont j’ignorais l’existence, j’ai entendu parler de Milanote sur une chaîne Youtube tenue par une autrice anglophone. J’ai un intérêt très prononcé pour ce genre d’outils, que je trouve décidément très pratiques et souvent vraiment bien fichus, mais je dois dire que je ne m’attendais pas à un tel coup de coeur. Avant toute chose, faisons les présentations : Milanote est un outil facile à prendre en main qui permet d’organiser idées et projets de manière visuelle. Leur communication est résolument tournée vers les créateurs, même si je vois pas mal d’applications de leur outil pour les étudiants par exemple. Certains font le parallèle avec Evernote ou OneNote, deux applications de prise de note, mais je trouve que Milanote se place à un tout autre niveau, tant en termes de rendu que de personnalisation, deux axes très importants pour moi quand j’organise mes idées pour un roman.

Je trouve l’outil vraiment performant et agréable à utiliser. J’ai immédiatement activé le mode nuit et qu’est-ce qu’il est agréable pour les yeux ! Il ne commet pas l’erreur d’utiliser des tons de noir et de blanc absolus, qui blesseraient les yeux. J’apprécie aussi beaucoup la texture du fond en pointillé (un peu comme les pages d’un Bullet Journal), qui me permet de disposer tous les éléments sur mon plan de travail comme je l’entends. On peut personnaliser les notes en leur donnant notamment une couleur et, croyez-moi, quand on crée un univers, c’est toujours utile d’avoir un code couleur avec une légende pour savoir à correspond chacune d’entre elles. On peut également mettre en page chaque note de manière sommaire, leur ajouter des réaction, changer leur format avec un « power up » ou encore les organiser dans des colonnes pour signifier qu’elles font partie du même groupe, et j’apprécie toutes ces possibilités !

Je ne vais pas vous montrer mes captures d’écran du logiciel car elles contiendraient des éléments qui spoilent Les étoiles s’alignent, mon projet de fantasy. J’utilise Milanote pour organiser la création de son univers, de ses personnages, mais aussi les points de scénario qui couvrent l’intrigue commune aux quatre romans. Puisque cette saga est la première que je compte écrire dans laquelle les tomes sont directement connectés plutôt que des spin-off qu’on peut lire dans n’importe quel ordre. Cela dit, le site de Milanote fournit plein d’exemples que je vais partager avec vous ! Notez d’ailleurs que Milanote est disponible en application mobile sur Android et IOS, en site web et en application pour Windows et Mac OS.

Ce genre de disposition n’est qu’un exemple ! La team Milanote fournit un bon nombre de modèles tout prêts pour auteurs. Vous pouvez en apprendre plus sur l’usage de Milanote appliqué à l’écriture créative sur cette page et découvrir leurs modèles pour écrivains sur celle-ci. J’utilise pour l’instant la version gratuite de l’outil, que je trouve déjà très performante ! J’apprécie beaucoup le fait que la seule différence entre les versions gratuite et payante soit le nombre de notes qu’on peut placer et non une véritable limitation des fonctionnalités. Mine de rien, avec cent éléments à disposer comme on veut (la limite peut même monter jusqu’à 200 gratuitement !) je trouve qu’on peut très bien s’en sortir. Cela dit, ça ne m’empêchera pas de prendre le premium pendant au moins un an pour pouvoir utiliser l’outil en toute liberté.

Le prix de Milanote peut sembler élevé, surtout qu’il s’agit d’un abonnement, mais j’ai l’impression qu’il s’agit de prix plutôt standard en ce qui concerne les outils liés à l’écriture (Scrivener étant un peu hors du lot avec son achat unique à 50€). D’ailleurs, je préfère payer pour un seul outil et l’utiliser pour tous les aspects qui encadrent mon écriture plutôt que de m’éparpiller sur deux ou trois autres applications. En plus, je sais que je peux utiliser Milanote pour d’autres choses que l’écriture, notamment le design, l’organisation en général et les synthèses de mes notes scolaires.

Voilà, c’est la fin de cet article ! Si Milanote vous intéresse, je vous invite à vous servir de mon lien de parrainage pour vous inscrire. À la semaine prochaine pour un article sur le trope que vous aurez choisi sur Patreon !

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Gérer son énergie en écrivant

Écrire, ça peut parfois devenir épuisant, bien des auteurs vous le diront. Passer des heures devant une page, en ressortir avec un seul minuscule paragraphe qu’on ne gardera probablement pas, il n’y a pas à dire, ça fiche un coup au moral. Je pense que personne n’est tout à fait épargné par ces phases (promis, ça ne dure pas !) de mou, mais il ne tient qu’à nous de trouver une méthode pour nous en sortir. La mienne consiste à gérer mon énergie en la décomposant en trois types secondaires : l’énergie physique, l’énergie mentale et l’énergie créative. Avant de pousser plus loin, je vais vous expliquer ce qu’elles sont selon moi.

L’énergie physique

C’est sans doute la plus facile à comprendre et à mesurer des trois ! L’énergie physique, c’est tout simplement l’énergie qui parcourt votre corps. Elle se mesure par vos niveaux de fatigue, de douleur, d’inconfort, par la rapidité avec laquelle vous répondez à vos besoins de base. Ses défaillances sont aisées à identifier et à régler en général (pour les douleurs, hélas, c’est un peu plus compliqué que de simplement prendre un médicament ; mes camarades malades chroniques pourront en attester). J’ai mille fois pu réaliser à quel point la faim, la soif, l’épuisement ou les tiraillements de mes articulations abusées perturbaient le processus d’écriture. C’est pour cela que j’insiste toujours sur le fait que se lancer dans un sprint avec une vessie pleine, par exemple, est contre-productif.

L’énergie mentale

Un peu plus complexe et fluctuante, l’énergie mentale est selon moi un mélange de toutes les forces et faiblesses qui se cantonnent aux limites du cerveau, de la réflexion, des émotions. Il est déjà plus complexe de réaliser quand on éprouve ce genre de fatigue, car nous avons l’habitude de répondre en priorité à la fatigue physique. Cette forme d’épuisement se manifeste chez moi le plus souvent par un schéma de pensée plus brouillon ou lent, une difficulté à me concentrer ou à éprouver autre chose qu’une profonde apathie. C’est le genre de fatigue que je ressens en permanence durant les phases de down de ma dépression, et je sais que je ne suis pas la seule. Pour « soigner » cette fatigue, il faut prendre soin de soi ! Le self-care est vraiment devenu important pour moi, si bien que je m’oblige à prendre au moins dix minutes par jour pour m’occuper de mes cheveux, faire des soins pour mes mains, me préparer un thé réconfortant… Cependant, le self-care ne remplace pas la thérapie dont certains ont besoin. Il n’y a rien de mal à se faire suivre pour une dépression par exemple, au contraire !

L’énergie créative

Et voilà que nous atteignons la plus complexe et la plus fuyante du lot : l’énergie créative. Difficile de constater une fatigue la concernant elle, car les signes ne sont pas très clairs. Vous vous asseyez à la place que vous occupez toujours pour écrire, vous sortez votre carnet ou votre ordinateur et pourtant… Rien ne vient. Rien ne vient, alors que vous êtes en forme, que vous vous sentez bien. Ceci, très chers lecteurs, est le signe (le seul, l’unique, parce que vraiment cette fatigue est chiante) d’un épuisement créatif. En bref, votre esprit est à sec d’imagination et d’inspiration. Pour recharger vos batteries dans ce cas de figure, je vous conseille de vous exposer à d’autres sources d’art que la vôtre : lisez les romans des autres, écoutez de la musique hors de votre playlist habituelle, regardez une nouvelle série ou un nouveau film, … Le déclic finira par se produire. Comment vous le saurez ? Vous vous remettrez à écrire !

Pour moi, il est essentiel d’apprendre à composer avec ces trois formes d’énergie et d’apprendre à s’écouter. Comment voulez-vous écrire si vous êtes tellement épuisé que vous ne voyez plus votre clavier ? Comment voulez-vous écrire si vous n’arrivez plus à entrer en empathie avec vos personnages ? Comment voulez-vous écrire si rien ne vous inspire ni ne vous donne envie ? Le fait de prendre soin de soi est indispensable à tous les domaines créatifs et l’écriture ne fait pas exception. Le mythe de l’auteur qui saigne ses mots sur la page n’est que cela, justement : un mythe. Il faut du temps et de l’expérience pour apprendre à reconnaître ses carences dans un type d’énergie et apprendre comment rectifier le tir, mais cela fait partie intégrante du processus d’écriture. Ne le négligez pas.

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Préparer (et réussir) son Camp NaNoWriMo

Le NaNoWriMo et son pendant “détente”, le Camp, sont sans doutes les plus célèbres défis d’écritures, ceux qui réunissent la plus grande part de la communauté littéraire – notamment sur les réseaux sociaux. Cela fait plusieurs années que je participe, avec succès pour les quatre dernières éditions, et j’ai à présent trouvé ce qui fonctionne pour moi. J’ai décidé de partager ces conseils avec vous dans l’espoir qu’ils vous aideront !

NB : Cet article est adapté de mon thread du même nom. D’autres adaptations sont à venir !

Le NaNoWriMo et le Camp, c’est quoi ?

Il me paraît essentiel de commencer par expliquer ce que sont le NaNoWriMo et le Camp, ainsi que des notions et termes obscurs aux yeux des novices. Si vous avez des questions, je vous encourage très fermement à me les poser en commentaire, je vous répondrai avec plaisir ! Ne soyez pas timides, on commence tous quelque part et il n’y a aucune honte à ne pas savoir quelque chose.

“NaNoWriMo” est une abréviation. Le nom complet de l’évènement est “National Novel Writing Month” (Mois National de l’Écriture d’un Roman en français). À l’origine, il se déroulait uniquement en novembre. Le principe est simple : en novembre, tous les participants commencent un nouveau projet et ont pour but à la fois de le finir et d’avoir écrit 50.000 mots au moins durant le mois. Au fil des années, cependant, ces consignes se sont assouplies : nombreux sont les participants qui, comme moi, continuent tout simplement leur projet en cours.

Mais pourquoi 50.000 mots ? Selon les créateurs de l’évènement, il s’agit de la longueur d’un court roman. À titre de comparaison, Harry Potter à l’École des Sorciers en comptait autour de 75.000 dans sa version originale. 50.000 mots en 30 jours, cela fait 1.667 mots par jour, un accomplissement en soi.

Le Camp est souvent considéré comme le petit frère du NaNoWriMo. Il s’agit d’un évènement bisannuel, qui a lieu aux mois d’avril et de juillet. La différence avec le NaNo est simple et essentielle : cette fois, c’est vous qui choisissez votre objectif. La plupart des auteurs prendront le Camp comme un échauffement avant le vrai NaNo et se donneront donc un objectif plus faible, mais il n’est pas interdit de viser plus haut !

Cette année, les Cabines telles que les anciens les connaissaient ont été supprimées. De ce fait, beaucoup préféreront former des cabines officieuses sur Discord (Nyx’s Writing Club en inclura une !) car c’était motivant de voir un objectif commun grimper, de communiquer autour de l’effort quotidien que le NaNo représentait. Il existe également des guildes sur Habitica pour lesquelles c’est le NaNo tous les mois, sans exception !

C’est à vous de déterminer si vous avez de meilleures chances de réussir un Camp ou un NaNo en le faisant seul ou en groupe. L’énergie du groupe peut être très motivante, je serai la dernière à le nier ; cependant, cela implique que si quelques membres du groupe perdent en motivation et en vitesse, ils risquent de vous entraîner avec eux.

Mes conseils pour un Camp plaisant et réussi

Le plus important pour réussir son Camp (ou son NaNo d’ailleurs), c’est selon moi de ne pas négliger le mental. Vous avancerez souvent uniquement par la force de votre volonté. Autant dire qu’il va falloir prendre soin de votre esprit ! 

Pour ce faire, je suggère toujours aux participants, surtout ceux dont c’est la première fois, d’utiliser des paliers d’objectif. Votre premier palier serait un objectif que vous êtes sûrs d’atteindre (pour moi, c’est 62.500 mots) et le dernier un objectif très difficile à atteindre mais toujours possible (encore pour moi, 125.000 mots), avec une variété d’autres objectifs entre les deux, bien entendu.

La raison pour laquelle je donne ce conseil est très simple : le succès est un puissant moteur. Mes amis qui ont suivi ce système durant les dernières éditions ont très souvent foncé d’un objectif à l’autre bien plus facilement que durant leurs précédentes tentatives !

Je vous conseille ensuite d’avoir des périodes où vous ne ferez qu’écrire, au moins une fois par jour. Et oui, bien sûr, vous l’avez deviné, je vous parle à nouveaux des sprints ! Je trouve que ce mode d’écriture fait des merveilles quand on doit faire apparaître une quantité de mots sur le papier tous les jours. Selon moi, il est bien plus efficace de se concentrer et écrire pendant quinze minutes plutôt que d’essayer de le faire en papillonnant pendant une heure.

Bien sûr, vous pouvez pousser le concept plus loin et recréer systématiquement les mêmes conditions à chaque fois que vous vous asseyez pour écrire : toujours la même playlist, la même boisson, la même bougie qui brûle, la même heure. Cela dit, je pense que si vous installez ce genre de cadre pour votre routine, vous gagnerez à le maintenir après le Camp. Point bonus si ça vous aide à vous préparer au NaNo de novembre !

Mon troisième conseil est de laisser tomber toute correction du projet sur lequel vous travaillez pendant cette période. Je ne suis déjà pas très partisane de l’idée de corriger pendant qu’on écrit (je trouve que ça peut très vite devenir un cercle vicieux qui pousse à l’abandon d’un projet) mais pendant le NaNo ou le Camp il devient vraiment nécessaire de séparer ces phases ! Tout le temps, toute l’énergie que vous utiliserez à corriger sera une perte pour l’écriture en elle-même.

Prenez de l’avance sur votre objectif plutôt que d’essayer de rendre chaque phrase absolument parfaite. Prenez de l’avance parce que, croyez-moi, sur trente jour, il y en aura forcément où vous n’aurez pas l’énergie d’écrire. Vous pourriez tomber malade, avoir une journée surchargée au travail, ou tout simplement être épuisé. Sur tous mes NaNo, aucun ne s’est déroulé sans aucune anicroche. En prenant de l’avance, vous vous assurerez que ces jours peu productifs du côté de l’écriture ne vous coûtent pas la réussite de votre (ou vos) objectif(s).

Personnellement, j’aime beaucoup avoir un moyen de traquer mes statistiques d’écriture et j’ai une feuille de calcul plutôt détaillée en ce sens. Par ailleurs, vous feriez bien de vous inscrire sur le site du NaNo avec quelques jours d’avance, pour avoir le temps de créer votre projet, si vous souhaitez officialiser votre tentative de réussir le défi ! Il est toujours un peu compliqué d’accéder au site le premier jour du mois. En plus, si vous complétez votre objectif du Camp, vous gagnerez des codes de réductions pour certains programmes et sites intéressants pour les auteurs, dont Scrivener, dont on parlera quand j’aurai eu l’occasion de le tester en profondeur.

C’est tout pour cet article. J’espère que ces conseils vous aideront pour votre Camp et les éditions à venir ! Par ailleurs, si vous souhaitez épicer un peu les choses, n’hésitez pas à tenter également le Jeu de l’Adjectif, dont la quatrième édition aura lieu en juillet également !

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De l’importance des « sous-genres » de la littérature

Cela fait plus de dix ans que je participe à différentes communautés littéraires sur internet, et plus de quinze ans que j’écris. Je n’ai que vingt-deux ans au moment d’écrire ces lignes, autant dire que j’ai commencé très tôt. Il n’y a jamais eu de période dans ma vie où je n’écrivais absolument pas, même quand je n’avais pas (encore) d’ordinateur, même quand j’en avais un mais sans internet. Ce n’est qu’à partir de mes seize ans, il y a bientôt sept ans, que j’ai pu avoir tout ce matériel à disposition librement.

Pourtant, j’ai commencé à écrire sur des forums rpg à onze ans, quand j’avais uniquement accès à internet via les ordinateurs de la bibliothèque, deux fois par semaine. C’est comme ça que j’ai vraiment commencé à écrire en ligne, sur un forum majoritairement peuplé d’adultes québécois absolument ravis de voir une toute jeune joueuse découvrir le monde des rpgs sur forum à partir de leur univers en miniature.

C’est dans la section « art » de ce forum fréquenté par une cinquantaine de membres que j’ai posté ma première fanfiction, un one-shot de même pas mille mots sur un couple du comic/dessin animé W.I.T.C.H. dont j’étais (et suis toujours, inutile de mentir) une très grande fan. À cette époque, j’avais déjà écrit des histoires originales (en réalité lourdement inspirées de mes lectures), mais cette fanfiction était le premier récit que je montrais à des gens. Des inconnus. Des adultes, tellement plus matures que moi en tant qu’auteurs.

Ce sont eux qui m’ont fait découvrir ffnet, un site qui en retour m’a fait découvrir les skyrocks d’auteurs. En bref, sans ce forum rpg, je n’aurais probablement pas eu de tels débuts dans le monde de l’écriture sur internet, et pour moi, ça aurait été une perte terrible. Sans ce parcours, je n’en serais pas là aujourd’hui.

C’est pour ça que quand je vois des auteurs et lecteurs mépriser ces types d’écriture – roleplay, fanfiction, et j’en oublie sans doute – je suis en colère. Je suis en colère qu’on me demande de mépriser une facette aussi importante de l’autrice que je suis aujourd’hui. Aujourd’hui, j’écris une fanfiction Naruto tellement construite, complexe et fermement maîtrisée qu’elle m’a permis de développer ma réflexion concernant la construction d’univers et de personnages au-delà de tout ce que j’aurais pu faire par d’autres moyens. Même moi qui écris régulièrement des articles sur ce sujet, je sais que la pratique permet de s’améliorer bien plus vite et plus efficacement que la théorie.

Je ne comprends pas ce que nous gagnerions à mépriser les étapes par lesquelles nous sommes passées — ou si pas nous, nos camarades et amis — pour devenir les auteurs que nous sommes aujourd’hui. Je ne saurais commencer à faire la liste des choses que j’ai apprises grâce au roleplay ou à la fanfiction. Et je sais que je ne suis pas la seule, loin de là ! Alexa Donne a même publié une vidéo à ce sujet sur sa chaîne Youtube. Certains des auteurs les plus célèbres de notre génération ou de la précédente (comme Cassandra Clare) ont longtemps écrit de la fanfiction.

Ces “sous-genres” de l’écriture comme on aime tant les appeler d’un ton méprisant sur Twitter ont créé bien des auteurs, au final. Si ces adultes québécois ne m’avaient pas encouragée quand je n’étais qu’une gamine qui m’introduisais dans leur univers en miniature, qui sait si j’aurais continué à écrire ? L’écriture est un art solitaire mais l’humain, en bon animal social, en fait une pratique de plus en plus collective.

C’est qu’il y a de la force dans le groupe ! Pour beaucoup parmi nous, la fanfiction a été le premier pas dans le monde de la publication en ligne ; selon votre génération, vous avez commencé sur LiveJournal, Skyrock, Ffnet, AO3, Wattpad. Vous avez reçu vos premières critiques, certaines justes et d’autres non, avez accueilli vos premières reviews positives (adoratrices parfois, même) avec un mélange de joie et d’incrédulité profondes. Vous avez appris ce que ça faisait d’avoir des gens qui nous lisent, même des inconnus à l’autre bout du monde.

Le roleplay vous a appris d’autres compétences essentielles. Ce loisir vous a confronté à d’autres auteurs, dont beaucoup sont plus accomplis et expérimentés que vous – surtout à vos débuts dans cet univers. Vous les avez vus construire des personnages, des histoires en utilisant des méthodes conscientes et inconscientes que vous n’aviez jamais envisagées. En écrivant avec eux, et même en discutant simplement sur la chatbox (ou le discord, le groupe messenger, peu importe ce que vous utilisez ou utilisiez !) vous avez appris des choses concernant l’écriture qui ne vous auraient jamais effleuré.

Vous ne gagnerez rien à mépriser ces “sous-genres” de la littérature, mais vous gagnerez à admettre leur utilité. Certains d’entre nous s’y adonnent encore, même ceux qui écrivent des romans, même ceux qui sont déjà publiés. L’important quand on écrit par exemple des romans et du roleplay est de trouver un équilibre entre les deux, d’utiliser le roleplay comme une récompense pour un certain temps de travail sur le roman. Pour les auteurs de fanfictions, ces dernières sont parfois une manière de tester des choses, de se préparer aux projets futurs – c’est notamment mon cas.

Ne renions pas ce genre de passé d’écrivain. La honte est un paralysant, la fierté un stimulant. Personnellement, je sais lequel de ces sentiments va me servir pour mes projets à venir.

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Nous ne sommes pas l’exception à la règle

Nous ne sommes pas l’exception à la règle. Nous sommes auteurs parmi des centaines, milliers même d’autres auteurs. Nous ne sommes pas les prochains J.K. Rowling et Rick Riordan, parce que tout ce qui fait leur succès est justement le caractère exceptionnel de leur parcours. C’est leur influence et leur succès qui permet aux auteurs que nous admirons d’ignorer certaines règles communes dans le monde de l’édition ou même en termes d’écriture.

Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas l’exception à la règle que nos écrits sont dénués de qualité, attention. Ce que j’entends par « nous ne sommes pas l’exception à la règle », c’est qu’il faut cesser de les ignorer. Vous ne gagnerez pas le respect des lecteurs et éventuels éditeurs en débarquant avec vos gros sabots, en crachant partout et en cassant la déco, pas vrai ?

Je ne suis pas là pour vous faire la morale. Je n’ai aucun pouvoir sur vous, faites ce que vous voulez, bien entendu. Je voudrais juste partager mon avis concernant le fait que, selon moi, vous vous ferez du mal en tant qu’écrivain si vous vous comportez comme si le monde vous appartenait. Rares sont les auteurs qui parviennent à dégager un certain charme (relatif) quand ils se comportent de cette manière.

Si mes conseils vous intéressent, en voici un : apprenez les règles. Apprenez les règles de narratologie, apprenez les règles de comportement avec les éditeurs (et notamment comment envoyer vos manuscrits) et apprenez à traiter les gens comme vos égaux, comme si vous aviez des choses à vous offrir mutuellement. C’est particulièrement important si vous visez l’édition et que vous êtes présent sur les réseaux sociaux, parce que les éditeurs vont les observer et essayer de déterminer si vous avez une image positive.

Apprenez les règles, parce que vous en sortirez grandi. En théâtre, on m’a enseigné qu’il fallait apprendre les règles, maîtriser les règles et alors seulement envisager de les dépasser. Je pense que cela s’applique aussi à l’écriture. J’ai réalisé qu’énormément d’auteurs dans mon entourage trouvaient leur inspiration et une amélioration dans leur écriture en étudiant, même de manière superficielle, les sujets de narratologie qui les intéressent : développement des personnages, worldbuilding, rythmique, la liste est sans fin.

Nous ne sommes pas l’exception à la règle. Il y a très peu de chances que nous gagnions des prix pour nos livres, que nous vendions des millions d’exemplaires, que nos histoires soient adaptées au format audiovisuel, parce que toutes ces choses sont l’exception, le cas sur un million… Et vont souvent ensemble. Mieux vaut accepter cette réalité et se concentrer sur des objectifs plus accessibles, selon moi, car la réussite est un bien plus puissant moteur que l’échec perpétuel.

Mon conseil ce mois-ci est donc triple : apprenez les règles, maîtrisez-les et ne vous considérez pas au-dessus d’elles.

C’est tout pour l’article du jour qui, je l’entends, avait un ton bien différent des autres. Je l’ai surtout écrit en réaction de ce que je pouvais voir sur Twitter et sur les plateformes littéraires de manière plus large ces derniers temps. Je ne sais pas encore de quoi parlera l’article de juin, mais je vous le dirai sur Twitter donc n’hésitez pas à me suivre là-bas (mon @ est nyxisnyx) ! Au mois prochain !

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