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Tropes #4 : Un seul lit

Je l’avoue sans difficulté ni réserve : Un Seul Lit fait partie de mes tropes préférés. Quand je le vois apparaître dans un roman, je dois me retenir de couiner de joie. Ce trope est très populaire dans la fanfiction et dans la romance, où il a su se faire sa place comme un classique – mais un classique toujours apprécié. Comprenez donc le plaisir des lecteurs à découvrir comment les personnages réagissent à l’incendie de leurs hormones, la langueur de s’imaginer plus intimement pressé contre l’autre, le corps qui frémit malgré les sentiments parfois peu amènes d’un personnage envers l’autre (Un Seul Lit et Ennemis à Amants, un combo très puissant).

Mais qu’est-ce donc que ce mystérieux trope qui charme les foules aussi facilement que Viggo Mortensen en Aragorn ? C’est très simple : les personnages, peu importe leur relation et les sentiments qu’ils entretiennent l’un envers l’autre, sont contraints de partager une chambre contenant un seul lit. Ce trope fonctionne tant qu’il y a de la romance dans votre récit, même si elle n’est pas l’axe principal sur lequel vous vous concentrez : l’un des personnages cède le lit à l’autre, ils décident de le partager mais il est assez grand pour qu’ils ne se touchent pas, ou alors ils décident de partager bien que la couche soit exiguë et se retrouvent propulsés dans une intimité forcée qui leur révèle l’attraction qu’ils parvenaient à ignorer jusque-là, … Plein de possibilités intéressantes pour ce tout petit trope. Comme je le disais plus tôt, cette carte est un classique du jeu des romances, mais vos lecteurs apprécieront toujours son apparition.

Quelques exemples à présent :

  • Ce trope est un grand classique des romances historiques érotiques, car il pousse les héroïnes à dépasser le tabou entourant leur propre sexualité et l’attirance qu’elles ressentent pour leurs love-interests.
  • Dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, Ron et Hermione doivent partager une pièce où il n’y a qu’un canapé. Ron choisit le sol et, quand Harry les rejoint le lendemain matin, ils se tiennent la main dans leur sommeil.
  • Dans l’un des volumes de A Song of Ice and Fire, Jon Snow doit partager sa couche avec une femme et est sous le coup d’un voeu de chasteté. Il résiste à la tentation en faisant dormir Fantôme entre la femme et lui.

Les exemples sont nombreux dans la romance, quels que soient ses sous-genres. Il est très fréquent que cette nuit en particulier reste chaste et se produise assez tôt dans le roman ; elle sert juste de porte d’entrée, de point à partir duquel les personnages ne peuvent plus ignorer leurs sentiments pour l’autre. Tout le reste du chemin reste encore à parcourir.

On se retrouve le mois prochain pour le trope suivant, que vous pourrez choisir sur Patreon !

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Tropes #3 : Magic Versus Science

La magie et la science s’opposent bien souvent dans les récits que nous consommons. Après tout, la magie est souvent vue comme un domaine spirituel, subjectif, interne, tandis que la science est traitée comme un domaine intellectuel, objectif et externe. Dans bien des univers, la magie viole les lois de la physique, de la chimie et de bien d’autres branches de la science. Magie et science sont souvent vues comme des opposés fondamentaux : une seule des deux peut fleurir et régir l’univers au détriment de l’autre, dont l’époque de gloire est passée depuis bien longtemps et considérée comme un âge des ténèbres.

Ce trope place l’emphase sur l’opposition entre la science/la technologie et la magie. Parfois, les deux concepts s’affrontent (par exemple, la technologie ne fonctionne pas à Poudlard), parfois le conflit se trouve entre les représentants de chaque force. Nous avons connu une forme de cette opposition dans notre propre histoire, quand la religion s’opposait aux découvertes scientifiques dans tous les domaines. Il est donc tout à fait naturel de retrouver une version adaptée à la fantasy et au fantastique de cette partie de notre Histoire dans nos romans, nos univers. Après tout, nous nous inspirons de ce que nous connaissons. Et la lutte entre la magie/la religion et la science est-elle vraiment si loin derrière nous ? J’observe la recrudescence des sectes en France, les gens qui tentent des méthodes spirituelles pour soigner leurs cancers… Et je réalise que nous sommes encore  en plein dans cette période. C’est pour ça que ce trope nous parle autant. Nous en voyons des exemples en permanence, dans la vie de tous les jours, dans les médias, dans cette personne qui prêche pour Jéhovah sur la voie publique en dépit de la loi, dans les mails perdus au milieu des arnaques dans notre dossier spam.

Et sur cette réflexion, quelques exemples de ce trope :

  • Iron Man traite la magie comme une forme de science qu’il admet ne pas comprendre. Il affronte donc la magie avec d’autres formes de technologie.
  • Stephen Strange traverse une période de lutte interne entre ses connaissances scientifiques et la réalité de la magie qu’il lui faut admettre avant de devenir Dr. Strange.
  • La technologie ne fonctionne pas à Poudlard (sans doute à cause des ondes magiques).
  • Dans A Song of Ice and Fire, l’Ordre des Mestres a pour objectif de détruire la magie au profit de la science.
  • Dans The Mortal Instruments, la magie semble empêcher la technologie de fonctionner correctement, et elle remplace bien souvent l’électricité.

Voilà, c’est tout pour cet article. À la semaine prochaine !

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Tropes #2 : Enemies to Lovers

Quand on parle de tropes, Enemies to Lovers (sobrement traduit par votre Nyx nationale « d’ennemis à amants ») représente souvent la référence. Pourtant, quand on navigue sur les sites spécialisés comme TV Tropes, il est facile de remarquer qu’aucune page ne porte ce nom. En effet, ce trope est tellement vaste et exploité qu’il semblait plus pratique d’organiser ses exécutions en différentes sous-catégories. Parlons d’abord du trope en lui-même avant d’aborder ses variations, voulez-vous ? Enemies to Lovers désigne toute romance ou tout sous-entendu de romance, qu’elle se limite à l’aspect charnel, à l’aspect émotionnel ou aborde les deux à la fois, dans une oeuvre de fiction.

Le sous-trope le plus courant voit s’affronter deux ennemis jurés, voire des ennemis de la destinée (ce trope existe et sera abordé un jour dans cette série !). L’un des exemples les plus récents et célèbres est bien entendu le ship Reylo, qu’on ne présente plus. On citera également une exécution dans Elementary que j’ai personnellement adorée et le sous-texte considéré par certains comme romantique dans l’obsession d’Harry Potter envers Draco Malfoy dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé. Les exemples ne manquent pas, qu’ils soient canons ou fanons !

On peut également noter la tension érotique entre personnages qui ne sont pas exactement ennemis mais ne supportent pas, comme par exemple Nina et Matthias de la duologie Six of Crows, ou Mia Corvere et Ashlinn Järnheim dans le second volume de Nevernight Chronicles. Que les personnages agissent ou non concernant leur attirance mutuelle, leurs disputes sont chargées d’énergie charnelle de plus en plus intense. Ce sous-trope tend franchement vers l’aspect sexuel des relations par rapport au suivant par exemple, qui est généralement exécuté de manière à placer l’emphase sur l’aspect romantique.

Parlons donc du Crush de l’Antagoniste, un sous-trope qui se retrouve par exemple dans Star Wars (sequels), encore avec le Reylo, mais aussi dans Sailor Moon, où deux antagonistes entretiennent des sentiments amoureux pour Usagi et Mamoru, ou encore dans A Song of Ice and Fire, où Littlefinger est amoureux de longue date de son amie d’enfance, Catelyn Stark, au point de conspirer contre sa famille pour essayer d’obtenir son affection. Ne nous mentons pas, ce sous-trope est rarement exécuté de manière saine, mais c’est possible et ça s’est déjà vu.

Il existe encore bien d’autres déclinaisons d’Enemies to Lovers, mais les explorer toutes prendrait des pages et des pages. Passons plutôt à mon avis concernant ce trope : je l’aime beaucoup quand il est bien exécuté mais je reste très critique. Après tout, il est rare que deux ennemies possèdent une véritable alchimie, mais quand c’est le cas, je me régale. Je me pensais incapable d’exécuter ce trope dans mes propres écrits mais laissez-moi vous dire que j’avais tort : je travaille en ce moment à l’élaboration d’une histoire où le couple principal sera une variation d’Enemies to Lovers.

Mais vous découvrirez tout ça durant mon prochain bilan ! Au fait, si vous voulez pouvoir voter pour le trope du mois prochain, ça se passe sur Patreon ! Cela vaut aussi pour certains autres articles, d’ailleurs. Bref, on se retrouve la semaine prochaine pour un article qui vous présentera un outil très utile pour les auteurs de séries !

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Tropes #1 : L’Élu

Tropes est un nouveau format d’articles qui seront publiés tous les 21 du mois et analyseront chacun un trope littéraire.
Quoi de mieux pour ouvrir ce nouveau format que de vous parler du plus célèbre de tous les tropes ? Vous avez forcément lu un roman ou vu un film qui mettait un Élu en avant. Le plus célèbre est sans nul doute Harry Potter, le Garçon qui a Survécu. On ne présente plus ce trope servi à toutes les sauces, particulièrement en fantasy, mais essayons malgré tout d’en faire une petite analyse.

Définition et exemples

Le trope de l’Élu désigne un personnage, souvent le héros, comme étant le seul et unique capable de mettre fin à un grand mal ou d’apporter un profond changement à l’univers qui l’entoure. Souvent, c’est une prophétie qui annonce au monde leur avenir si spécial, comme dans Harry Potter ou Percy Jackson. Il y aura souvent un moment durant l’histoire où l’Élu doutera que la prophétie parle de lui, s’il a seulement connaissance des enjeux le concernant. Parfois, la prophétie est à double-tranchant et l’Élu pourrait sauver ou détruire le monde, mais il est très rare, dans l’exécution, qu’il n’exécute pas le pan positif décrit par ces mots cryptiques. Le thème de la destinée est très important dans les histoires qui mettent en scène un Élu, surtout s’il est le héros.

Le paragraphe suivant contient de potentiels spoilers concernant Naruto, Percy Jackson, Hunger Games, Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter, Good Omens et Game of Thrones.

Quelques exemples connus : Naruto (la prophétie formulée à Jiraiya), Percy Jackson (plusieurs personnages des romans de Rick Riordan sont des Élus), Katniss Everdeen (qui, techniquement, s’est choisie elle-même en se portant volontaire mais est tout de même considérée comme une élue, des jeux puis de la rébellion), Frodon, Bilbon et Aragorn dans le Seigneur des Anneaux (citation : « Bilbon était destiné à trouver l’Anneau et Frodon à le posséder), Harry Potter (figure de proue de ce trope, et pourtant ce n’est pas le hasard ou le destin qui l’a choisi mais son propre ennemi ; c’est cependant la seule particularité de l’exécution de ce trope dans cet univers), Adam dans Good Omens (la particularité de cette prophétie étant qu’Adam refuse sa destinée), une liste longue comme le bras de personnages dans Game of Thrones.

Mon avis sur ce trope

Il existe des centaines voire milliers d’exécutions de ce trope dans toutes les formes d’art, probablement depuis l’Antiquité et même plus tôt. Je pense que les lecteurs sont fatigués de voir ce trope, en particulier dans sa forme classique, et je ne fais pas exception. Cependant, les très nombreuses variations de ce trope peuvent être très intéressantes ! J’ai un faible pour les élus autodéterminés, faux élus, le sélecteur d’élu(s) et le non-élu. Vous en apprendrez plus sur ces variations du trope classique dans d’autres articles de la série ! En bref, voici mon conseil concernant le fait d’écrire un élu : déviez de la recette que nous connaissons tous. De trope, l’élu est devenu cliché, et un cliché est particulièrement complexe à utiliser d’une manière agréable pour les lecteurs.

Voilà, c’est tout pour le premier article de cette série ! J’espère que vous l’avez apprécié et que vous attendrez la suite avec autant d’impatience que moi. Me soutenir sur Patreon vous permettra d’avoir un pouvoir de décision sur le trope exploré dans un mois. Merci de votre lecture, à dans une semaine pour le prochain article !

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