Écriture

Ce que je vois autour de moi

Cet article est un exercice de description qui vous donnera une idée de mon environnement actuel. L’exercice est simple et j’encourage tous mes camarades auteurs en possession d’un site ou blog à le reproduire : asseyez-vous à l’endroit où vous écrivez le plus souvent, regardez autour de vous et décrivez cet environnement dans un article dédié. Cela permettra à vos lecteurs de mieux s’imaginer votre espace de travail, et vous aidera à vous améliorer en description. Tout le monde y gagne, en soi ! Si vous reprenez le concept, je vous demanderai juste de dire que ça vient de moi, c’est tout ! Et sans plus attendre, je commence.

J’avais choisi mon bureau avant même d’emménager pour sa taille et sa praticité. Il est en bois, peint en noir, avec du côté droit des pieds normaux en fer et de l’autre une  étagère qui sert de pieds et est fixée au bureau par des chevilles. À droite du bureau, la vue est coupée par le dos d’une bibliothèque, ce qui me donne l’impression d’être coupée du reste de l’appartement. Ma tour se trouve sur le coin droit, contre le mur, avec le côté que je vois ouvert parce que les câbles ajoutés m’empêchent de la fermer. Devant la tour, j’ai posé mon petit agenda, mon masque, mes lettres à expédier et un bloc de post-its adhésifs. Au lieu d’un tapis de souris, j’ai choisi un grand tapis de clavier qui recouvre la majorité de l’espace entre mes écrans et moi. Il représente un lion devant une galaxie, dans des tons bleus, mauves et roses. Dessus se trouvent mon clavier, ma souris et mon téléphone. J’ai souvent une tasse de thé entre le clavier et moi. Mon fiancé m’a offert ma favorite, une tasse rose avec « You are just lovely » écrit dessus.

Mon écran de droite, surélevé par un volume d’Astérix que je connais par coeur, est le principal. J’ai posé l’écrin de ma bague de fiançailles sur le pied de l’écran pour ne pas la perdre. Devant l’écran sont entassés un chiffon pour lunettes, une paire de ciseaux, deux marqueurs Artline dont je me sers pour écrire (noirs, 0.3 et 0.7), un porte-mine et un fluo jaune. À gauche, j’ai posé un bloc de post-its non-adhésifs et mes médicaments journaliers. On arrive à mon écran de gauche, qui n’a pas besoin d’être surélevé, derrière lequel sont amassés les câbles de ma manette, de mon casque et de mon chargeur de téléphone. Ma manette est posée juste à côté. Encore à gauche se trouve une boîte de biscuits, et derrière elle un casier de rangement pour fournitures de bureau rempli à ras-bord de bics et marqueurs que je n’utilise que rarement. Sur ce casier se trouve ma trousse pour l’école, qui n’a pas servi cette année pour cause de covid, et une autre trousse remplie à en exploser de marque-pages. J’ai aussi une bouteille d’eau sur cette partie du bureau.

Par-dessus mes écrans, sur le mur, sont accrochées des oeuvres que j’adore. Trois sont par Jenny Jinya, achetées sur son Redbubble, et représentent les chats de sa série sur la Mort. À droite de ces trois posters, j’ai deux Displates, une représentant un cerisier et l’autre le yin et le yang sous forme de carpes avec un style d’estampe. Ces cinq images m’apportent une forme d’inspiration quand je me prends à les contempler, et elles s’accorde à merveille avec mon mur gris perle – bien plus seyant que le bleu vif que les anciens locataires nous avaient laissé. Sous mon bureau, à ma gauche, se trouve un casier de tiroirs rempli de fournitures, papiers, élastiques à cheveux, maquillage, … bref, c’est une zone de conflits. La partie étagère de mon bureau a quatre cases visibles : celle en haut à gauche contient mes livres de narratologie, un dictionnaire anglais et l’un des livres d’Hannah Shaw, Tiny but Mighty. Celle en haut à droite contient mes jeux de société et la boîte de mon casque. Celle en bas à gauche contient une boîte en tissu remplie de fouillis et, enfin, celle en bas à droite sert à ranger mes classeurs de documents administratifs.

Et voilà qui complète le tour de ce que je vois quand je m’assieds pour écrire ! Comme je l’ai dit en début d’article, je vous invite à reprendre ce concept pour vous-même. Merci de votre lecture !

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Novembre : le bilan

Novembre, le mois du NaNoWriMo et de toutes les merveilles… Vraiment ? Je crois que, cette année, nous allons devoir faire une exception. Le covid-19 a rendu cette période difficile pour beaucoup d’auteurs et je ne fais pas exception à la règle. J’ai rarement connu un mois plus épuisant ou plus difficile psychologiquement. Il avait pourtant très bien commencé : durant le premier jour de novembre, j’ai organisé le NaNoMarathon et écrit presque 10.000 mots en une journée. Je commençais mon nouveau roman, Oriana, premier d’un univers étendu dans lequel j’adore me plonger, durant un évènement que j’avais passé des semaines à préparer et qui m’enthousiasmait plus que je ne saurais l’exprimer. Un excellent départ, en somme !

L’élan s’est prolongé sans à-coup pendant la première moitié du mois : j’ai écrit 23 chapitres d’Oriana durant cette période. J’aime cette histoire, que personne n’essaye de dire le contraire, et je suis fière de ce que je parviens à produire en me plongeant dans la tête de ces personnages. Hélas, cette tendresse n’a pas suffi à me faire traverser le mois. J’ai subi un violent coup au moral vers le 20 novembre et me suis effondrée. Soudain, tout me paraissait insurmontable. Je ne pouvais plus écrire, je ne pouvais plus travailler, je ne pouvais plus réfléchir. Je ne peux pas exactement dire que ça va maintenant, mais au moins j’ai désormais un traitement qui à terme me permettra de me sentir mieux.

Le problème, c’est que ce médicament et ses effets secondaires sont assez épuisants en début de prise, si bien que je n’ai pas écrit durant la fin du mois. J’ai aussi pris la décision d’étaler mon année d’études sur deux ans plutôt qu’un seul : entre le covid-19 et cette situation, je n’ai pas acquis la matière de certains cours et je préfère de loin les repasser quand ça ira mieux. J’ai aussi pris soin de moi, passé de longues heures lovée dans mon plaid favori en regardant une série (j’ai découvert Downton Abbey, j’adore) et beaucoup dormi. NaNoWriMo ou pas, il faut savoir reconnaître quand on a besoin de s’arrêter et j’en ai indubitablement besoin.

J’espère sincèrement pouvoir vous dire le mois prochain que ça va mieux, que je suis en forme et que je redécolle, mais je ne suis actuellement pas en position d’y croire vraiment. Cela dit, je vous promets un article très intéressant pour le 1er janvier : mes objectifs pour l’année 2021 et un retour sur tout ce que j’ai accompli en 2020. Pour le 15 et le 21 décembre, en revanche, je ne sais pas encore trop ce que je vais mettre en ligne ; vous le découvrirez en temps voulu !

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Talent vs. Travail

Nous avons tous dans notre entourage cet auteur incroyablement talentueux qui ne semble pas rencontrer la moindre difficulté quand il écrit. Tout lui tombe tout cuit dans la bouche : ses personnages sont attachants, ses univers complexes, sa prose poignante. À l’inverse, nous connaissons tous un auteur qui travaille très dur, qui compulse les sources concernant la prose et la narratologie dans l’espoir de s’améliorer – et qui s’entraîne, s’entraîne, s’entraîne.

 

Beaucoup de gens, qu’ils fassent partie des réseaux d’auteurs ou non, pensent que l’écriture est avant tout une affaire de talent, d’une capacité innée que seuls quelques rares élus possèdent. Sans ce don distribué aléatoirement, la qualité des romans écrits par un auteur serait sévèrement impactée. Ai-je vraiment besoin de vous dire à quel point je suis en désaccord avec cette idée ?

 

Le talent, selon moi, ne représente que 5% du potentiel réel d’un auteur. Tout le reste ? Du travail, du travail et encore du travail. À mon avis, n’importe qui peut écrire un bon roman à condition d’y consacrer la quantité de travail appropriée. Quant au talent, il ne s’agit que d’un raccourci utile au début, qui contrebalancera le temps gagné en induisant son propriétaire en erreur concernant la qualité de ses écrits.

 

Avec le talent vient l’orgueil, un terrible ennemi de la progression. Si vous avez de la chance ou de l’expérience, vous êtes déjà sorti de cette phase où vous étiez terriblement sûr de vous, persuadé que vos écrits apporteraient la lumière divine à tout lecteur digne de ce nom. À vrai dire, certains auteurs que je connais se trouvent encore dans cette phase et, comme tout écrivain dans leur situation, ils ne sont pas prêts à l’entendre. En réalité, certains ne sortent jamais de ce stade.

 

Vous n’avez pas besoin de talent. Vous avez besoin de remise en question et de travail, c’est tout. Vous avez besoin d’écrire des premiers jets nazes et de vous pencher dessus pour une réécriture (comme nous tous), vous avez besoin d’apprendre ce que vous ignorez encore, vous avez besoin de prendre du recul. Ce n’est que comme ça que vous progresserez et aurez une chance d’atteindre vos objectifs en matière d’écriture.

 

Et si l’écriture est pour vous plus qu’un simple plaisir, si vous écrivez pour quelqu’un d’autre que vous-même, vous voudrez progresser, vous voudrez apprendre. S’il y a une chose que vous devez à vos très chers lecteurs, c’est de faire de votre mieux pour leur offrir une belle histoire qui les sortira un peu de leur quotidien souvent si morose. Quel que soit le genre ou le format dans lequel vous écrivez, plus vos écrits s’amélioreront et meilleure sera la réponse de votre lectorat. À mes yeux, il n’existe pas de plus belle motivation pour se mettre au travail.

 

Comment faire alors ? D’abord, rentrez-vous dans le crâne que le talent ne compte pas. Ensuite, acceptez qu’il vous faudra donc travailler pour obtenir ce que vous voulez. Enfin, attelez-vous à cette tâche. Suivez des ateliers, lisez des livres formateurs, écoutez des podcasts, prenez des cours. Concernant cette dernière option, vous pouvez d’ailleurs trouver mes tarifs sur cette page.

 

Dans tous les cas, ne perdez pas courage. Je sais que c’est difficile, surtout en ce moment, mais je vous assure que le jeu en vaut la chandelle. Un jour, vous accomplirez ces objectifs, ces rêves secrets qui vous trottent en tête et ne vous quittent jamais tout à fait, pour peu que vous vous investissiez comme il se doit. Je vous souhaite le plus grand des courages et toute la chance du monde, mais je sais que vous y parviendrez !

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Tropes #4 : Un seul lit

Je l’avoue sans difficulté ni réserve : Un Seul Lit fait partie de mes tropes préférés. Quand je le vois apparaître dans un roman, je dois me retenir de couiner de joie. Ce trope est très populaire dans la fanfiction et dans la romance, où il a su se faire sa place comme un classique – mais un classique toujours apprécié. Comprenez donc le plaisir des lecteurs à découvrir comment les personnages réagissent à l’incendie de leurs hormones, la langueur de s’imaginer plus intimement pressé contre l’autre, le corps qui frémit malgré les sentiments parfois peu amènes d’un personnage envers l’autre (Un Seul Lit et Ennemis à Amants, un combo très puissant).

Mais qu’est-ce donc que ce mystérieux trope qui charme les foules aussi facilement que Viggo Mortensen en Aragorn ? C’est très simple : les personnages, peu importe leur relation et les sentiments qu’ils entretiennent l’un envers l’autre, sont contraints de partager une chambre contenant un seul lit. Ce trope fonctionne tant qu’il y a de la romance dans votre récit, même si elle n’est pas l’axe principal sur lequel vous vous concentrez : l’un des personnages cède le lit à l’autre, ils décident de le partager mais il est assez grand pour qu’ils ne se touchent pas, ou alors ils décident de partager bien que la couche soit exiguë et se retrouvent propulsés dans une intimité forcée qui leur révèle l’attraction qu’ils parvenaient à ignorer jusque-là, … Plein de possibilités intéressantes pour ce tout petit trope. Comme je le disais plus tôt, cette carte est un classique du jeu des romances, mais vos lecteurs apprécieront toujours son apparition.

Quelques exemples à présent :

  • Ce trope est un grand classique des romances historiques érotiques, car il pousse les héroïnes à dépasser le tabou entourant leur propre sexualité et l’attirance qu’elles ressentent pour leurs love-interests.
  • Dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, Ron et Hermione doivent partager une pièce où il n’y a qu’un canapé. Ron choisit le sol et, quand Harry les rejoint le lendemain matin, ils se tiennent la main dans leur sommeil.
  • Dans l’un des volumes de A Song of Ice and Fire, Jon Snow doit partager sa couche avec une femme et est sous le coup d’un voeu de chasteté. Il résiste à la tentation en faisant dormir Fantôme entre la femme et lui.

Les exemples sont nombreux dans la romance, quels que soient ses sous-genres. Il est très fréquent que cette nuit en particulier reste chaste et se produise assez tôt dans le roman ; elle sert juste de porte d’entrée, de point à partir duquel les personnages ne peuvent plus ignorer leurs sentiments pour l’autre. Tout le reste du chemin reste encore à parcourir.

On se retrouve le mois prochain pour le trope suivant, que vous pourrez choisir sur Patreon !

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Votre Némésis

Cet article est une transcription de l’épisode 10 d’I Can’t Word. Bonne lecture !

Vous avez bien entendu, je vous parle aujourd’hui de votre Némésis, et pas de celles que vous créez pour vos histoires – ce sujet viendra plus tard. Cette Némésis se trouve en chaque auteur, en chaque artiste même. Elle ne vous quitte jamais et a le pouvoir de vous pourrir la vie au quotidien, mais vous pouvez apprendre à l’ignorer.

Tout d’abord, définissons l’ennemi. Qui est cette Némésis ? Nous l’appelerons la Résistance, comme dans le livre qui m’inspire cet épisode : The War of Art, par Steven Pressfield. La Résistance est une ombre que nous connaissons sans vraiment la connaître : c’est l’impulsion de jouer à un jeu-vidéo plutôt que d’écrire votre quota de mots journalier, de laisser tomber le projet en cours pour en commencer un nouveau – que vous abandonnerez aussi en cours de route. C’est l’excuse que vous vous octroyez pour ne pas vous pencher sur un projet urgent, le sentiment d’illégitimité qui vous empêche de soumettre vos projets à des éditeurs, la paresse qui vous empêche de réécrire un premier jet terminé.

La Résistance, c’est la peur que vous ressentez à différentes étapes du processus créatif. Qui êtes-vous pour écrire cette histoire, parler de ce sujet ? Qui êtes-vous pour vous prétendre écrivain, pour oser déranger une maison d’édition sérieuse et légitime ? Ces questions, la Résistance vous les posera tous les jours. Elle nouera votre estomac, s’accrochera à la moindre distraction comme une sangsue. Parfois, elle ne se fera même pas sentir, parce qu’elle sait aussi se dissimuler derrière des inquiétudes et prétextes légitimes.

Ce constat paraît sans doute déprimant, mais je vous demande de vous accrocher, que ce soit à cet épisode ou à votre écriture. C’est comme ça qu’on force la Résistance à reculer, en ne lâchant pas le morceau peu importe l’adversité. La Résistance ne disparaîtra pas, quoi que vous fassiez, mais votre combativité vous permettra de vivre avec, de faire taire sa voix qui vous susurre à l’oreille. Vous apprendrez à trouver de la fierté et du plaisir dans votre écriture, à vous appuyer sur ces sentiments pour avancer coûte que coûte, parce que c’est ça, la vie d’artiste.

Je vous dis parfois que je traite l’écriture comme un métier, mais j’explique rarement ce que ça signifie. Pourtant, cette vision de l’écriture me permet d’ignorer la Résistance, voire de m’en servir comme d’une force plutôt qu’une faiblesse. Quand je dis que je vois l’écriture comme un métier, j’entends par là que je m’oblige à écrire tous les jours, comme je me présenterais tous les jours au travail. Bien sûr, j’ai quelques jours de congé, que je décide d’utiliser ou pas, et je peux m’accorder un congé pour maladie, mais hors de question de ne pas écrire toute la journée pour jouer à un jeu si je n’ai pas bloqué ce jour en avance, par exemple.

Beaucoup d’auteurs opposent la Résistance et la Muse, leur inspiration. Ils n’écrivent que quand ils sont d’humeur. C’est très bien si demeurer amateur ne vous dérange pas, mais face à une deadline par exemple, ce serait se tirer une balle dans le pied. J’ai un secret à vous avouer : la Muse n’est pas une force occulte que seuls certains auteurs possèdent, ou que tous possèdent mais seulement à certains moments aussi rares que spécifiques. Il s’agit en réalité d’un muscle. Comme tous les muscles, vous pouvez l’entraîner, la renforcer et l’entretenir. Comme tous les muscles, elle vous donnera des crampes et des courbatures, et comme tous les muscles, il faut l’échauffer avant de la faire travailler.

On m’a demandé récemment quelle qualité est indispensable à un auteur à mes yeux. Ma réponse, sans la moindre hésitation, a été la rigueur. La rigueur de se poser devant l’ordinateur tous les jours ou presque, de se concentrer à la moindre occasion sur les nouvelles connaissances utiles à acquérir pour améliorer son écriture, de poser de nouveaux mots sur la page malgré la peur et l’impression de ne rien mériter. C’est en ayant la volonté et la discipline de travailler régulièrement qu’un auteur passe du stade amateur au stade professionnel, et ce indépendamment de son statut d’auteur publié ou non, ou du succès de ses écrits.

Beaucoup de jeunes auteurs sont jaloux du talent de leurs pairs. Ils voient l’écriture être facile pour eux, lisent les romans de leurs idoles et ne comprennent pas pourquoi ce qu’eux produisent est tellement moins bon ou engageant. Quelque chose d’essentiel leur échappe : le talent d’un auteur représente seulement 5% de son potentiel. Le reste ? C’est du travail. Des heures et des heures passées à écrire de mauvais manuscrits, des scènes plates et des personnages sans saveur, des heures aussi à lire des ouvrages de référence, des heures à apprendre, à progresser et appliquer leurs nouvelles connaissances. L’écriture s’apprend. On peut être un excellent auteur sans talent. Sans travail, en revanche, on n’arrive jamais à rien.

Votre Némésis ne veut pas que vous deveniez des professionnels de l’écriture. Elle ne veut pas que vous vous amélioriez, que vous obteniez une quelconque forme de succès. L’inertie lui plait plus que toute idée de mouvement. Les seuls efforts qu’elle vous poussera à faire vous placeront seulement dans des situations de moins en moins favorables. L’effet pour votre état mental est désastreux : l’échec est un paralysant et un poison, un générateur et amplificateur de dépression. La Résistance, si vous la laissez faire, vous poussera à échouer encore et encore.

Comment la vaincre, alors ? C’est simple, et en même temps terriblement compliqué : ignorez-la. Ignorez l’impulsion de fuir votre manuscrit, l’impulsion de démarrer un projet en abandonnant celui en cours. Ce sera dur au début, mais je vous promets que ça devient petit à petit plus aisé. La force de l’habitude surpasse celle de la Résistance après un moment. Ne perdez pas espoir et, surtout, ne perdez pas votre motivation et votre rigueur. Elles vous mèneront plus loin que vous ne le pensez.

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Cadeaux de Noël pour auteurs

Nous sommes le 15 novembre le jour où je publie cet article. Noël approche, probablement un Noël comme nous n’en avons jamais connu auparavant par la faute du covid-19. Il est tentant de déprimer seul cette année, ne fut-ce que pour ne pas mettre nos proches en danger ; croyez-moi, je ne vais pas vous conseiller d’agir autrement, je veux que chacun d’entre vous et des personnes que vous aimez soit aussi protégée que possible de cette maladie. Cependant, ce n’est pas une raison pour négliger votre bien-être mental. Et quel meilleur moment que Noël pour vous gâter et gâter les autres auteurs autour de vous ? Voici en conséquence une liste de cadeaux, adaptés à toutes sortes de budgets, pour auteurs :

  1. Une bougie parfumée
    De plus en plus d’auteurs associent une odeur à chacun de leurs projets en cours. Cela fait d’ailleurs partie de mes conseils aux écrivains qui ont des problèmes de concentration. Le fait de se conditionner à penser à un projet et à avoir envie d’écrire dès qu’on sent une odeur particulière permet de contrer, en partie au moins, les tendances procrastinatrices qui planent comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. En plus, ça sent tellement bon ! Un bon environnement du travail est toujours agréable, ça vaut pour les auteurs comme pour n’importe qui.
  2. Un ouvrage de narratologie
    Beaucoup d’auteurs veulent perfectionner leur art, et quel meilleur moyen que la lecture d’un livre reconnu en la matière ? Voici une liste Goodreads de livres destinés aux auteurs, pour tous les budgets. Je travaille très dur en ce moment à agrandir ma collection (je n’ai plus acheté de roman de fiction depuis ma précommande de Nevernight version française parce que je me concentre sur l’acquisition des ouvrages sur cette liste) et je pense écrire quelques articles qui en parleront dans le futur.
  3. Des produits de beauté
    Car après tout, les auteurs sont humains : eux aussi aiment les boules de bains, les masques rafraîchissants et soins divers. Avoir accès à ces produits donne aux écrivains une excuse pour prendre un temps très nécessaire, surtout en ce moment, qu’ils dédieront au fait de prendre soin d’eux. J’ai une affection toute particulière pour tout ce qui touche aux soins des mains. Là aussi, vous trouverez des produits pour tous les budgets !
  4. Un journal d’écriture
    Vous les trouverez plus facilement en anglais (ou en français sur Amazon) ; les journaux d’écriture sont des livres à compléter incluant des sections dédiées aux différentes étapes du processus d’écriture. Si vous décidez d’en offrir un à un ami écrivain, n’hésitez pas à faire un petit paquet contenant plusieurs objets de papeterie, des bics fantasistes aux stickers en tous genres !
  5. Un abonnement à un service pour auteurs
    Vous avez plusieurs options ici : Milanote, Campfire et Campfire Pro, même Skillshare et ses dizaines de classes sur l’écriture créative ! On en revient à ce que j’abordais au point 2 : beaucoup d’auteurs s’intéressent à ce qui pourrait les aider à progresser, et les outils correspondants à leurs besoins divers sont nombreux. La plupart ne sont hélas disponibles qu’en anglais, mais aussi conçus de manière à être pris en main très facilement.
  6. Et le bonus pour les années prochaines : une retraite d’écriture
    Ce cadeau n’est pas abordable, soyons honnêtes. Un excellent cadeau pour auteur en plein premier jet serait une retraite d’écriture, un séjour de deux à cinq jours dans un endroit prévu pour accueillir ce genre d’évènement, ou même tout simplement dans une chambre d’hôtel, loin de toutes ses responsabilités habituelles. Les vraies retraites d’écriture, destinées à socialiser autant qu’à écrire, sont encore rares en Belgique et en France, aussi l’alternative solitaire est-elle plus facile à organiser. Cependant, attendez que le covid-19 soit totalement maîtrisé avant d’organiser quelque chose comme ça.

Et voilà pour ma liste ! J’espère que vous trouverez ici l’inspiration pour vous gâter et gâter vos amis auteurs. On se retrouve la semaine prochaine pour le prochain épisode de Tropes !

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Comprendre et améliorer son protagoniste

Cet article est une transcription de l’épisode d’I Can’t Word du même titre, sorti hier sur vos plateformes d’écoute favorites.

Quand on parle de protagoniste, beaucoup de gens pensent à la notion de héros, car certains des exemples de protagonistes qui nous ont marqués ces dernières décennies sont en effet des héros. Le plus célèbre d’entre eux, Harry Potter, fait même partie d’une maison qui met en avant l’héroïsme, parfois au détriment de la prudence. Je vais donc commencer par expliquer la différence entre ces deux notions, pour qu’on y voie plus clair à partir de maintenant.

  • Le protagoniste est le personnage autour duquel l’histoire tourne. C’est celui qui change le plus, qui évolue le plus, et qui souvent souffre le plus. Il peut avoir toutes sortes de tempéraments, tant que ses traits de caractère font de lui un personnage que le lecteur peut aimer et auquel il peut, dans une certaine mesure, s’identifier.
  • Le héros est un personnage doté de capacités qui sortent de l’ordinaire, et qui s’en sert pour faire le bien. Ses intentions ne sont pas toujours pures, mais elles le deviennent avant la fin de l’histoire. Beaucoup de protagonistes d’histoires un peu datées sont des héros, à l’exception du Seigneur des Anneaux, où le héros n’est pas Frodon mais Sam ou Aragorn, dépendant de comment on lit l’histoire.

Maintenant que ces notions sont en place, parlons de l’antagoniste et du méchant de l’histoire, que nous appellerons à partir d’ici « l’ennemi » car nous n’avons pas cinq ans, vous et moi.

  • L’antagoniste s’oppose au protagoniste. Il n’est pas forcément l’obstacle principal de l’histoire, mais c’est souvent le cas. Si le code moral de l’histoire par rapport à son thème était un spectre, antagoniste et protagoniste seraient à des positions opposées. Bien souvent, ces deux personnages se ressemblent à bien des niveaux, si bien qu’ils auraient pu occuper le rôle de l’autre si leurs passés avaient été échangés.
  • L’ennemi est un antagoniste qui a l’intention de nuire. Quelque chose en lui est pourri, corrompu, si bien qu’il se fiche du mal qu’il fait autour de lui. Tout ce qui compte à ses yeux est d’atteindre son objectif. Si vous avez lu certains romans sortis très récemment, vous réaliserez sans difficulté que plusieurs protagonistes collent avec cette définition, comme Mia Corvere dans Nevernight et Kaz Brekker dans Six of Crows. La seule chose qui sépare ces personnages de l’ennemi est que l’histoire tourne autour d’eux, de leur évolution et de ce qu’ils doivent apprendre pour triompher.

En somme, on peut dire que le protagoniste incarne l’histoire et que l’antagoniste incarne le conflit au coeur de l’histoire. Une histoire est une évolution. Votre protagoniste doit subir ou prendre part active à cette évolution, sans quoi il ne fait pas partie de l’histoire. Il doit grandir, devenir une meilleure personne. Cette nécessité se justifie par le fait que le protagoniste crée le lien entre le lecteur et l’histoire. Le lecteur s’identifie au protagoniste. Après sa lecture, il aura appris quelque chose en même temps que ce personnage, aura quelque part grandi en même temps que lui.

Souvenez-vous, on parlait dans un épisode d’I Can’t Word du défaut primordial comme d’un élément essentiel pour créer un protagoniste imparfait et rendre l’identification possible pour le lecteur. Nous en sommes à ce point une nouvelle fois aujourd’hui : le protagoniste, qu’il soit un héros ou non, a besoin de son défaut pour être réceptif au thème de l’histoire et à l’évolution qu’il traversera à travers celle-ci.

Souvent, quand on conçoit un protagoniste et qu’il ne fonctionne pas en tant que personnage, c’est pour une des raisons suivantes :

  • Un manque d’objectivité de la part de l’auteur, c’est-à-dire vous. Vous aimez votre protagoniste et vous voulez que tout le monde l’aime, mais le barder de qualités sans qu’aucun défaut ne pointe le bout de son nez est une mauvaise idée. Personne n’apprécie les Miss et Mister Perfection. Pour plus de précisions sur ce sujet, je vous renvoie à l’épisode 6 d’I Can’t Word.
  • Un manque de profondeur et d’évolution, qui reviennent justement sur la notion de défaut primordial. Votre protagoniste ne peut pas être dépeint en une seule dimension, car les humains sont pleins de nuances. Il ne peut pas rester stagnant, ne subir aucune péripétie, sinon ce n’est pas lui qui se trouve au centre de l’histoire.
  • Un manque de connexions avec le lectorat ou les autres personnages. Concernant la connexion avec le lectorat, elle se noue quand le protagoniste provoque l’empathie, la compréhension – en d’autres termes, quand le lecteur peut comprendre les motivations du personnage et se mettre à sa place. En revanche, la connexion avec les autres personnages n’est pas si simple à définir : il ne s’agit pas simplement de donner des liens compréhensibles à vos personnages, mais de tabler en plus sur des interactions qui ancreront le protagoniste dans son environnement. S’il est seul, s’il fait tout seul, il n’y a pas d’histoire.
  • Un manque d’animation. Ce manque, sur lequel nous reviendrons dans un épisode futur, se trahit par un personnage qui subit continuellement plutôt que d’agir et prendre des décisions. Personne ne veut lire l’histoire d’un personnage simplement ballotté de droite à gauche, qui ne prend jamais son destin en main. Votre personnage doit décider de faire des choses, même si vous le faites échouer.

N’oubliez pas que votre protagoniste est souvent la raison pour laquelle le lecteur a choisi de lire ce livre et pas un autre. Il est donc extrêmement important de prendre soin de ce personnage et de son évolution si vous souhaitez acquérir et conserver votre lectorat.

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Octobre : le bilan

Qui dit octobre, cette année, dit aussi Preptober. Vous avez été plus d’une trentaine à me suivre cette année dans l’évènement que j’ai organisé sur Twitter ; chaque jour, je vous posais une question dans le but de vous aider à préparer votre projet du NaNoWriMo. Vu le succès, je réorganiserai tout ça l’an prochain sans faute ! Ca m’a vraiment fait incroyablement plaisir de vous voir construire vos univers, scénarios et personnages un jour après l’autre.

En parallèle, j’ai également été très occupée. Je menais de front deux projets : la rédaction de L’Anathème, projet destiné à la publication au format sériel (je vous en dirait plus courant du mois sur les réseaux sociaux) d’une part, et le plan d’un roman de fantasy pour le NaNoWriMo d’autre part. En effet, pour la première fois, j’ai décidé de suivre un plan dans la rédaction d’un de mes romans et je dois dire que pour l’instant, j’adore ! J’avance vite, en laissant peu d’incohérences derrière moi (j’en ai justement corrigé une aujourd’hui, très mineure). Moi qui me pensais improvisatrice, je vais peut-être devoir réévaluer entièrement mon fonctionnement, mais j’adore découvrir ce genre de choses me concernant. Ce n’est pas pour rien que la narratologie et tout ce qui l’entoure me passionnent.

Au moment où j’écris ces lignes, j’ai commencé à écrire ce projet : Oriana est le premier volume de la saga Les étoiles s’alignent, laquelle fait partie de l’univers Eon. Cet univers contiendra plusieurs séries de romans mais aussi des novellas et textes trop courts pour être des nouvelles. J’ai hâte de vous faire découvrir tout ça ! Et donc, Oriana. J’en suis au chapitre 7 et j’ai trouvé une équipe de bêtalecteurs qui se penchent déjà sur ceux que j’ai terminés. Mais surtout, j’ai décidé de publier le premier jet de ce roman sur Wattpad ! Je ne pense pas qu’il restera là indéfiniment car je vais chercher un éditeur pour ce roman dès qu’il sera prêt, mais tant de gens appréciaient le projet que je voulais leur offrir la possibilité de le lire.

D’ailleurs, j’ai lancé un énorme NaNoMarathon pour le premier jour du NaNo, sur Twitch ! C’était absolument fabuleux et je remercie chaleureusement chacun des spectateurs venus écrire avec moi ce jour-là. Vous étiez géniaux ! On a vécu des moments incroyables pendant ces sept heures de stream (et je sais que plusieurs d’entre vous ont partagé mes courbatures le lendemain). Je reproduirai l’expérience avec grand plaisir dans les années à venir si je peux me le permettre ! Par ailleurs, j’ai profité de l’occasion pour lancer mon subgoal, un objectif en termes de nombre d’abonnés en échange duquel j’organise une série de giveaways. Merci de votre soutien en la matière, ça m’a fait très plaisir ! Les subgoals sont donc maintenus pour les lives futurs.

Le podcast fait toujours son petit bonhomme de chemin, pour mon plus grand plaisir. Nous avons atteint les 300 écoutes au moment où j’écris ces lignes. Merci beaucoup ! J’espère que vous trouverez chaque épisode plus intéressant et pertinent que le précédent.

Voilà pour mon bilan du mois d’octobre ! J’ai déjà hâte de rédiger celui du mois prochain, qui vous parlera plus en profondeur d’Oriana et vous annoncera sans doute une excellente nouvelle.

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Rêve, oui, mais avec prudence

Rêver, ça fait du bien, pas besoin d’être auteur pour le savoir. Combien de temps avez-vous passé à imaginer un de vos romans traduit ou adapté au cinéma, avant même d’avoir posé le point final sur le moindre de vos manuscrits ? Ne vous en faites pas, je ne vous jette pas la pierre. Tant que nous nous contentons de rêver avec modération, il est possible de trouver du réconfort voire même de la motivation dans ces mirages, dans ce fol espoir qui nous emballe le coeur et fait courir un frisson d’impatience le long de notre colonne vertébrale.

Hélas, il est bien trop aisé de prendre ces rêves pour des objectifs atteignables avec un volume d’efforts et de temps raisonnables, sans apprendre une nouvelle compétence complexe, sans se reposer sur une chance digne d’un gagnant du loto. Ainsi, ces rêves si agréables se changent en poids, en culpabilité qui paralyse plutôt que motiver. À quoi bon continuer à écrire alors que mon dernier roman n’est pas un best-seller ? Je ne serai pas un vrai auteur tant que je n’aurai pas un roman adapté en film. Vous n’avez pas idée de la fréquence à laquelle je vois ce genre de discours sur les réseaux (arrêtez, je vous en prie, vous montrez juste votre méconnaissance du milieu). Ce genre de mentalité en rapport avec nos rêves n’est ni utile ni constructive ; il est si aisé, pourtant, de tomber dans ce cycle vicieux.

Pour ma part, je préfère de loin me fixer des objectifs, des buts réalistes et atteignables décomposés en étapes encore plus digestes. Écrire un roman ? Pas si compliqué, mais encore moins intimidant si je me fixe d’abord comme objectif de terminer le chapitre en cours, ou même d’écrire pour ce projet au moins quinze minutes par jour ! Cette approche donne de la structure, une direction claire, un rappel constant que le prochain but n’est pas si loin, qu’il me suffit de travailler un peu plus ou un peu plus longtemps pour l’atteindre. Et, bien entendu, chaque fois que j’accomplis un de ces objectifs, ou même une simple étape, je me récompense. Rien de tel qu’une délicieuse carotte (métaphorique) pour faire les gros yeux à ma flemme et me remettre au travail. D’ailleurs, c’est exactement ce que je fais maintenant, en écrivant cet article alors que j’adorerais regarder un film. Le film attendra le point final !

Pour accompagner cet article et vous démontrer la différence entre rêve et objectif, voici une petite liste des miens.

Rêves

  • Écrire un best-seller
  • Recevoir un fanart
  • Voir un de mes romans dans une box littéraire
  • Avoir une adaptation en audiobook
  • Apparaître sur la liste des bestsellers du New-York Times (avec un de mes romans anglais)

Objectifs

  • Terminer le premier jet d’Oriana
  • Être éditée
  • Dédicacer en convention
  • Écrire cinq romans
  • Écrire un roman en anglais

Voilà, c’est tout pour moi ! Nous sommes le 1er novembre et le NaNoWriMo a commencé. Je participe, bien entendu ! Cette année, je me lance avec le premier roman dans mon univers de fantasy, Oriana. Vous pouvez suivre mes avancées sur Twitter et me rejoindre tous les lundis et jeudis de 19h30 à 22h sur Twitch pour des sprints d’écriture en groupe. Bon courage et n’oubliez pas : patience et longueur de temps font plus que force ni que rage !

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Tropes #3 : Magic Versus Science

La magie et la science s’opposent bien souvent dans les récits que nous consommons. Après tout, la magie est souvent vue comme un domaine spirituel, subjectif, interne, tandis que la science est traitée comme un domaine intellectuel, objectif et externe. Dans bien des univers, la magie viole les lois de la physique, de la chimie et de bien d’autres branches de la science. Magie et science sont souvent vues comme des opposés fondamentaux : une seule des deux peut fleurir et régir l’univers au détriment de l’autre, dont l’époque de gloire est passée depuis bien longtemps et considérée comme un âge des ténèbres.

Ce trope place l’emphase sur l’opposition entre la science/la technologie et la magie. Parfois, les deux concepts s’affrontent (par exemple, la technologie ne fonctionne pas à Poudlard), parfois le conflit se trouve entre les représentants de chaque force. Nous avons connu une forme de cette opposition dans notre propre histoire, quand la religion s’opposait aux découvertes scientifiques dans tous les domaines. Il est donc tout à fait naturel de retrouver une version adaptée à la fantasy et au fantastique de cette partie de notre Histoire dans nos romans, nos univers. Après tout, nous nous inspirons de ce que nous connaissons. Et la lutte entre la magie/la religion et la science est-elle vraiment si loin derrière nous ? J’observe la recrudescence des sectes en France, les gens qui tentent des méthodes spirituelles pour soigner leurs cancers… Et je réalise que nous sommes encore  en plein dans cette période. C’est pour ça que ce trope nous parle autant. Nous en voyons des exemples en permanence, dans la vie de tous les jours, dans les médias, dans cette personne qui prêche pour Jéhovah sur la voie publique en dépit de la loi, dans les mails perdus au milieu des arnaques dans notre dossier spam.

Et sur cette réflexion, quelques exemples de ce trope :

  • Iron Man traite la magie comme une forme de science qu’il admet ne pas comprendre. Il affronte donc la magie avec d’autres formes de technologie.
  • Stephen Strange traverse une période de lutte interne entre ses connaissances scientifiques et la réalité de la magie qu’il lui faut admettre avant de devenir Dr. Strange.
  • La technologie ne fonctionne pas à Poudlard (sans doute à cause des ondes magiques).
  • Dans A Song of Ice and Fire, l’Ordre des Mestres a pour objectif de détruire la magie au profit de la science.
  • Dans The Mortal Instruments, la magie semble empêcher la technologie de fonctionner correctement, et elle remplace bien souvent l’électricité.

Voilà, c’est tout pour cet article. À la semaine prochaine !

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