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L’art de dissimuler son antagoniste

On vous parle souvent d’antagonistes attachants, et vous en connaissez probablement vous-mêmes plusieurs exemples. Après tout, ce sont ceux qui nous marquent ! Pour qu’on s’y attache, la solution est bien souvent de dissimuler leur rôle pendant au moins une petite partie de l’histoire. Un nouveau problème se présente ainsi à nous : comment dissimuler un antagoniste avec efficacité ? Ne vous en faites pas, cet article présente un arsenal de solutions dans lequel vous pourrez piocher à loisir en fonction de vos besoins !

1. Rendez votre antagoniste appréciable.

Je sais, c’est un peu le dilemme de l’oeuf et de la poule, mais prenez le temps de considérer le problème sous cet angle : un personnage est vaguement cruel, froid et détaché, sauf avec le protagoniste, qu’il traite avec respect, égard, voire tendresse. Peut-être sont-ils amoureux,  voire amants. Nous arrivons au dernier quart du roman. La tension monte et, soudain, le protagoniste réalise dans une scène déchirante qui était son ennemi depuis le début. Et nous, lecteurs, ne parvenons même pas à détester l’antagoniste, parce que nous le voyons tiraillé entre la souffrance qu’il ressent et la puissance de ses convictions. Pas mal, non ?

2. Faites-le passer pour un imbécile, un incompétent, un faible.

Nous avons l’habitude des antagonistes habités d’une forme ou d’une autre de pouvoir, de puissance, d’intelligence. La raison est simple : le protagoniste est lui aussi habité de ces qualités, et la construction de ces deux personnages se fait souvent en miroir, avec des influences extérieures qui les poussent à avancer sur des chemins opposés. Les soupçons s’éloignent immédiatement d’un personnage désigné comme stupide, incapable ou particulièrement faible. Quel mal pourraient-ils faire, de toute façon ? Vous voyez bien qu’ils n’arrivent à rien… Jusqu’à ce qu’on découvre leur pouvoir caché, la brillance avec laquelle ils se sont joués du héros.

3. Rendez-le attirant.

Ce plan d’action fonctionne particulièrement si vous prévoyez de faire de l’antagoniste un love interest (#drama). On en revient un peu au premier point, d’ailleurs ! L’incrédulité du protagoniste quand il découvre la trahison devient l’incrédulité du lecteur, qui a eu tout le temps de tomber sous le charme du personnage. Si en plus il est beau, charmeur, et gentil avec les animaux et les dames âgées, comment croire qu’il peut vouloir détruire tout ce pourquoi le protagoniste se bat ?

4. Faites-le aider le protagoniste.

Battez, en quelque sorte, le chaud et le froid. Il aide le protagoniste, il rase un village. Il sauve le love interest pour que le protagoniste ne souffre pas, il égorge un soldat qui l’a regardé de travers. Pensez un peu à Moriarty, dans Elementary. Elle vient plusieurs fois en aide à Joan et Watson, si bien qu’on en vient à l’apprécier et douter de ses intentions, mais elle retourne toujours à ses plans criminels. Cette version de Moriarty constitue vraiment un excellent exemple d’antagoniste bien dissimulé et appréciable.

5. Donnez-lui un passé douloureux.

Rien ne provoque tant l’empathie que des souvenirs qui torturent un personnage et permettent au lecteur de mieux comprendre ses défauts ; cependant, prenez garde à ne pas abuser de ce conseil. Tout le monde n’a pas un passé tragique, même si chacun a vécu des épreuves dans sa vie. Juste pas les mêmes, et pas la même intensité. Par contre, protagoniste et antagoniste pourraient notamment partager un même passé chargé, si bien qu’ils se comprennent et se respectent mutuellement pour avoir survécu à toute cette souffrance.

 

Voilà, j’espère que ces quelques conseils vous auront donné des pistes viables pour vos propres antagonistes. N’hésitez pas à laisser un commentaire pour en discuter et à la semaine prochaine pour l’examen d’un nouveau trope !

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Rendre son récit plus vivant

Quand je discute avec d’autres auteurs, je me rends souvent compte d’un souci qu’ils ont, dont ils ont conscience, mais qu’ils ne savent pas comment régler : le manque de vie de leur récit. Souvent, ils soulignent ce problème et, en parallèle, une tendance à coller de manière trop rigide à leur intrigue principale, sans laisser d’ouverture aux intrigues secondaires qui peuvent enrichir un récit. Je vais donc ici vous partager quelques conseils, quelques plans sur lesquels vous pouvez travailler pour tenter de créer un dynamisme supplémentaire au sein de votre histoire.

Les tracas du quotidien

Peu importe le cadre dans lequel l’histoire se déroule, qu’il s’agisse d’un récit romantique contemporain, d’une histoire dans un monde orienté high-fantasy ou encore d’une fanfiction Naruto, vos personnages principaux ont une routine. Pour bien faire, vous devriez développer cette routine au début de votre histoire, pour aider à mettre en place une situation initiale et son ambiance de base, mais elle a d’autres utilités, dont celle qui nous intéresse ici.

Si vous mettez en place une routine pour vos personnages, vous pourrez vous en servir pour lui créer des petits tracas du quotidien, qui sont utiles pour rappeler que la trame principale n’est pas la seule à avoir de l’importance, et que les ennuis peuvent venir de n’importe quoi. Un exemple assez connu est tiré de la saga Les Chevaliers d’Émeraude : dans l’un des tomes, plusieurs personnages, dont le héros, sont montrés accomplissant des gestes routiniers (aiguiser une arme, panser une monture) à plusieurs reprise, car les actions qu’ils accomplissent semblent s’effacer dès qu’ils cessent de regarder. C’est un exemple parfait de quotidien perturbé qui aide à apporter une pointe de tension, de vie.

Dans du contemporain, vous pouvez par exemple parler de votre héroïne qui attend un SMS de sa mère partie faire des examens à l’hôpital, du fait que votre héros a oublié de racheter du sucre et s’en rend compte en plein milieu de la réalisation de ce gâteau, du fait qu’une chatte errante a mis bas dans son jardin,… Les possibilités sont infinies. Pour les autres univers, bien entendu, ce sera un peu différent, parce que chaque univers a ses règles et qu’il faut tout faire en cohérence avec ces règles. D’ailleurs…

Se servir des règles

Ce conseil-ci s’applique surtout aux récits hors-contemporain, mais n’en sera pas moins utile, j’en suis sûre. Il s’agit de se servir des règles qu’on a établies pour créer des petits évènements autour de la trame principale. Par exemple, si votre intrigue se déroule dans un village qui est connu pour ses célébrations, organisez un festival qui, tout en faisant une pause dans l’histoire principale, permettra de montrer une nouveauté, autant en terme de contenu que de dynamique.

Cette astuce a le double avantage d’exploiter votre univers sans pour autant tout ramener à la trame principale et de nourrir ledit univers. Car établir des règles ne suffit pas, il faut s’en servir par la suite, pour éviter un effet trop artificiel et lisse malheureusement commun dans les romans fantastiques/fantasy/SF d’auteurs débutants (et moins débutants aussi, ne nous mentons pas).

Créer des temps de pause

Pour ce conseil, la meilleure illustration que je puisse fournir est juste sous votre nez : il s’agit de votre propre quotidien. À moins d’être très malchanceux, vous avez droit, de temps à autres, à des moments de paix dans votre vie, où une catastrophe vient de se terminer et aucune ne se précipite directement dans vos bras tout juste libérés.

Reprenez cette idée dans vos écrits, surtout les projets longs qui peuvent se permettre de prendre du temps pour ce genre de choses. Cela permettra au lecteur de souffler sans pour autant se détacher de votre histoire. Tout comme vous avez besoin de ponctuation pour apporter de la structure, vous avez besoin des pauses pour mettre en avant les moments où l’action reprend.

Par ailleurs, n’hésitez pas à exploiter ces pauses pour faire du développement de personnages et des relations entre eux, deux choses que beaucoup d’auteurs ont malheureusement tendance à négliger pour se concentrer sur leur intrigue. Respirez un bon coup et réfléchissez-y : vous avez largement assez de place dans votre histoire pour les deux, même si ça veut dire que vous devez couper ce roman en deux tomes. Mieux vaut faire un tome de plus et avoir deux tomes plus complet plutôt qu’un tome très dense et manquant finalement de certains éléments nécessaires.

Voilà, nous sommes arrivés à la fin de cet article ! J’espère que ces conseils vous ont été utiles. Si vous en avez d’autres concernant ce sujet ou voulez discuter de ceux que j’ai donnés, rendez-vous dans les commentaires !

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Comment rendre sa romance plus crédible ?

La romance, dans les romans, n’est pas seulement un genre littéraire, mais aussi un élément à part entière de bien des romans d’autres genres, de la fantasy au policier en passant par la science-fiction et le thriller. À ce titre, il me semble important de savoir écrire une bonne romance. Bien entendu, « bon » et « mauvais » sont des concepts très subjectifs, mais à force de lire, d’écouter les avis d’autres lecteurs et de regarder les vidéos très intéressantes de plusieurs auteurs, j’ai réalisé que certaines choses avaient tendance à fonctionner quand il s’agissait d’écrire une bonne romance, et d’autres non.

La première chose importante à mes yeux est de laisser le temps aux personnages impliqués dans la romance de respirer. Même si vous écrivez une romance (le genre littéraire) vos personnages ont une vie, des amis, des buts, une occupation en-dehors du futur être aimé. Si vous n’exposez pas cette vie extérieure à l’intérêt romantique, votre scénario risquera d’être pauvre, sans profondeur. Et pourquoi prendre ce risque, quand vous pourriez tout simplement rajouter des éléments externes à la romance dans votre récit ? Qui sait, peut-être même que ça vous inspirera un rebondissement !

Il est aussi primordial, je pense, d’établir pourquoi les deux personnages s’aiment. Cela peut être dit ou montré, ou les deux à la fois, mais il me semble difficile de faire sans. Comment pourrait-on croire à votre romance si on ne sait pourquoi ils s’aiment ? Par là, j’attend ce qu’un personnage aime chez l’autre, au point de vouloir partager sa vie avec. Vous ne pourriez pas partager votre toit et votre lit et un million d’autres choses pour une très longue durée indéterminée avec n’importe qui, parce que ce niveau d’intimité n’est acceptable que quand on ressent des choses pour l’autre. Cela colle tout autant pour des couples aromantiques, d’ailleurs, même si dans leur cas il ne s’agit pas de tomber amoureux. Cependant, n’étant pas aromantique moi-même, je préfère m’abstenir de parler de ce genre de relations. Des personnes qui sont concernées en ont sans doute parlé bien mieux que moi !

Une autre chose sur laquelle il vaut mieux ne pas faire l’impasse je pense, surtout quand on écrit dans le genre littéraire de la romance, est d’ajouter des scènes mignonnes, douces, romantiques, qui ne sont pas forcément essentielles pour le scénario. Les laisser avoir une soirée en tête à tête ne va peut-être pas conduire à un énorme développement, mais cela permettra aux lecteurs de croire en la relation que vous leur montrez, et n’est-ce pas essentiel quand on écrit ?

Par ailleurs, je vous conseille de ne pas enfermer votre personnage dans sa romance : donnez-lui d’autres interactions avec des personnes extérieures, surtout des interactions positives. Ainsi, vous pourrez montrer la différence entre vos personnages amoureux et vos personnages amicaux, attendris, studieux, etc. Comme si ce contraste n’était pas un élément suffisant, vous pourrez également vous servir de ces scènes pour exposer et construire vos personnages, pour leur donner du réalisme, de la crédibilité.

Voilà pour mes conseils ! Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les ajouter en commentaire !

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