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Gérer son énergie en écrivant

Écrire, ça peut parfois devenir épuisant, bien des auteurs vous le diront. Passer des heures devant une page, en ressortir avec un seul minuscule paragraphe qu’on ne gardera probablement pas, il n’y a pas à dire, ça fiche un coup au moral. Je pense que personne n’est tout à fait épargné par ces phases (promis, ça ne dure pas !) de mou, mais il ne tient qu’à nous de trouver une méthode pour nous en sortir. La mienne consiste à gérer mon énergie en la décomposant en trois types secondaires : l’énergie physique, l’énergie mentale et l’énergie créative. Avant de pousser plus loin, je vais vous expliquer ce qu’elles sont selon moi.

L’énergie physique

C’est sans doute la plus facile à comprendre et à mesurer des trois ! L’énergie physique, c’est tout simplement l’énergie qui parcourt votre corps. Elle se mesure par vos niveaux de fatigue, de douleur, d’inconfort, par la rapidité avec laquelle vous répondez à vos besoins de base. Ses défaillances sont aisées à identifier et à régler en général (pour les douleurs, hélas, c’est un peu plus compliqué que de simplement prendre un médicament ; mes camarades malades chroniques pourront en attester). J’ai mille fois pu réaliser à quel point la faim, la soif, l’épuisement ou les tiraillements de mes articulations abusées perturbaient le processus d’écriture. C’est pour cela que j’insiste toujours sur le fait que se lancer dans un sprint avec une vessie pleine, par exemple, est contre-productif.

L’énergie mentale

Un peu plus complexe et fluctuante, l’énergie mentale est selon moi un mélange de toutes les forces et faiblesses qui se cantonnent aux limites du cerveau, de la réflexion, des émotions. Il est déjà plus complexe de réaliser quand on éprouve ce genre de fatigue, car nous avons l’habitude de répondre en priorité à la fatigue physique. Cette forme d’épuisement se manifeste chez moi le plus souvent par un schéma de pensée plus brouillon ou lent, une difficulté à me concentrer ou à éprouver autre chose qu’une profonde apathie. C’est le genre de fatigue que je ressens en permanence durant les phases de down de ma dépression, et je sais que je ne suis pas la seule. Pour « soigner » cette fatigue, il faut prendre soin de soi ! Le self-care est vraiment devenu important pour moi, si bien que je m’oblige à prendre au moins dix minutes par jour pour m’occuper de mes cheveux, faire des soins pour mes mains, me préparer un thé réconfortant… Cependant, le self-care ne remplace pas la thérapie dont certains ont besoin. Il n’y a rien de mal à se faire suivre pour une dépression par exemple, au contraire !

L’énergie créative

Et voilà que nous atteignons la plus complexe et la plus fuyante du lot : l’énergie créative. Difficile de constater une fatigue la concernant elle, car les signes ne sont pas très clairs. Vous vous asseyez à la place que vous occupez toujours pour écrire, vous sortez votre carnet ou votre ordinateur et pourtant… Rien ne vient. Rien ne vient, alors que vous êtes en forme, que vous vous sentez bien. Ceci, très chers lecteurs, est le signe (le seul, l’unique, parce que vraiment cette fatigue est chiante) d’un épuisement créatif. En bref, votre esprit est à sec d’imagination et d’inspiration. Pour recharger vos batteries dans ce cas de figure, je vous conseille de vous exposer à d’autres sources d’art que la vôtre : lisez les romans des autres, écoutez de la musique hors de votre playlist habituelle, regardez une nouvelle série ou un nouveau film, … Le déclic finira par se produire. Comment vous le saurez ? Vous vous remettrez à écrire !

Pour moi, il est essentiel d’apprendre à composer avec ces trois formes d’énergie et d’apprendre à s’écouter. Comment voulez-vous écrire si vous êtes tellement épuisé que vous ne voyez plus votre clavier ? Comment voulez-vous écrire si vous n’arrivez plus à entrer en empathie avec vos personnages ? Comment voulez-vous écrire si rien ne vous inspire ni ne vous donne envie ? Le fait de prendre soin de soi est indispensable à tous les domaines créatifs et l’écriture ne fait pas exception. Le mythe de l’auteur qui saigne ses mots sur la page n’est que cela, justement : un mythe. Il faut du temps et de l’expérience pour apprendre à reconnaître ses carences dans un type d’énergie et apprendre comment rectifier le tir, mais cela fait partie intégrante du processus d’écriture. Ne le négligez pas.

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Préparer (et réussir) son Camp NaNoWriMo

Le NaNoWriMo et son pendant “détente”, le Camp, sont sans doutes les plus célèbres défis d’écritures, ceux qui réunissent la plus grande part de la communauté littéraire – notamment sur les réseaux sociaux. Cela fait plusieurs années que je participe, avec succès pour les quatre dernières éditions, et j’ai à présent trouvé ce qui fonctionne pour moi. J’ai décidé de partager ces conseils avec vous dans l’espoir qu’ils vous aideront !

NB : Cet article est adapté de mon thread du même nom. D’autres adaptations sont à venir !

Le NaNoWriMo et le Camp, c’est quoi ?

Il me paraît essentiel de commencer par expliquer ce que sont le NaNoWriMo et le Camp, ainsi que des notions et termes obscurs aux yeux des novices. Si vous avez des questions, je vous encourage très fermement à me les poser en commentaire, je vous répondrai avec plaisir ! Ne soyez pas timides, on commence tous quelque part et il n’y a aucune honte à ne pas savoir quelque chose.

“NaNoWriMo” est une abréviation. Le nom complet de l’évènement est “National Novel Writing Month” (Mois National de l’Écriture d’un Roman en français). À l’origine, il se déroulait uniquement en novembre. Le principe est simple : en novembre, tous les participants commencent un nouveau projet et ont pour but à la fois de le finir et d’avoir écrit 50.000 mots au moins durant le mois. Au fil des années, cependant, ces consignes se sont assouplies : nombreux sont les participants qui, comme moi, continuent tout simplement leur projet en cours.

Mais pourquoi 50.000 mots ? Selon les créateurs de l’évènement, il s’agit de la longueur d’un court roman. À titre de comparaison, Harry Potter à l’École des Sorciers en comptait autour de 75.000 dans sa version originale. 50.000 mots en 30 jours, cela fait 1.667 mots par jour, un accomplissement en soi.

Le Camp est souvent considéré comme le petit frère du NaNoWriMo. Il s’agit d’un évènement bisannuel, qui a lieu aux mois d’avril et de juillet. La différence avec le NaNo est simple et essentielle : cette fois, c’est vous qui choisissez votre objectif. La plupart des auteurs prendront le Camp comme un échauffement avant le vrai NaNo et se donneront donc un objectif plus faible, mais il n’est pas interdit de viser plus haut !

Cette année, les Cabines telles que les anciens les connaissaient ont été supprimées. De ce fait, beaucoup préféreront former des cabines officieuses sur Discord (Nyx’s Writing Club en inclura une !) car c’était motivant de voir un objectif commun grimper, de communiquer autour de l’effort quotidien que le NaNo représentait. Il existe également des guildes sur Habitica pour lesquelles c’est le NaNo tous les mois, sans exception !

C’est à vous de déterminer si vous avez de meilleures chances de réussir un Camp ou un NaNo en le faisant seul ou en groupe. L’énergie du groupe peut être très motivante, je serai la dernière à le nier ; cependant, cela implique que si quelques membres du groupe perdent en motivation et en vitesse, ils risquent de vous entraîner avec eux.

Mes conseils pour un Camp plaisant et réussi

Le plus important pour réussir son Camp (ou son NaNo d’ailleurs), c’est selon moi de ne pas négliger le mental. Vous avancerez souvent uniquement par la force de votre volonté. Autant dire qu’il va falloir prendre soin de votre esprit ! 

Pour ce faire, je suggère toujours aux participants, surtout ceux dont c’est la première fois, d’utiliser des paliers d’objectif. Votre premier palier serait un objectif que vous êtes sûrs d’atteindre (pour moi, c’est 62.500 mots) et le dernier un objectif très difficile à atteindre mais toujours possible (encore pour moi, 125.000 mots), avec une variété d’autres objectifs entre les deux, bien entendu.

La raison pour laquelle je donne ce conseil est très simple : le succès est un puissant moteur. Mes amis qui ont suivi ce système durant les dernières éditions ont très souvent foncé d’un objectif à l’autre bien plus facilement que durant leurs précédentes tentatives !

Je vous conseille ensuite d’avoir des périodes où vous ne ferez qu’écrire, au moins une fois par jour. Et oui, bien sûr, vous l’avez deviné, je vous parle à nouveaux des sprints ! Je trouve que ce mode d’écriture fait des merveilles quand on doit faire apparaître une quantité de mots sur le papier tous les jours. Selon moi, il est bien plus efficace de se concentrer et écrire pendant quinze minutes plutôt que d’essayer de le faire en papillonnant pendant une heure.

Bien sûr, vous pouvez pousser le concept plus loin et recréer systématiquement les mêmes conditions à chaque fois que vous vous asseyez pour écrire : toujours la même playlist, la même boisson, la même bougie qui brûle, la même heure. Cela dit, je pense que si vous installez ce genre de cadre pour votre routine, vous gagnerez à le maintenir après le Camp. Point bonus si ça vous aide à vous préparer au NaNo de novembre !

Mon troisième conseil est de laisser tomber toute correction du projet sur lequel vous travaillez pendant cette période. Je ne suis déjà pas très partisane de l’idée de corriger pendant qu’on écrit (je trouve que ça peut très vite devenir un cercle vicieux qui pousse à l’abandon d’un projet) mais pendant le NaNo ou le Camp il devient vraiment nécessaire de séparer ces phases ! Tout le temps, toute l’énergie que vous utiliserez à corriger sera une perte pour l’écriture en elle-même.

Prenez de l’avance sur votre objectif plutôt que d’essayer de rendre chaque phrase absolument parfaite. Prenez de l’avance parce que, croyez-moi, sur trente jour, il y en aura forcément où vous n’aurez pas l’énergie d’écrire. Vous pourriez tomber malade, avoir une journée surchargée au travail, ou tout simplement être épuisé. Sur tous mes NaNo, aucun ne s’est déroulé sans aucune anicroche. En prenant de l’avance, vous vous assurerez que ces jours peu productifs du côté de l’écriture ne vous coûtent pas la réussite de votre (ou vos) objectif(s).

Personnellement, j’aime beaucoup avoir un moyen de traquer mes statistiques d’écriture et j’ai une feuille de calcul plutôt détaillée en ce sens. Par ailleurs, vous feriez bien de vous inscrire sur le site du NaNo avec quelques jours d’avance, pour avoir le temps de créer votre projet, si vous souhaitez officialiser votre tentative de réussir le défi ! Il est toujours un peu compliqué d’accéder au site le premier jour du mois. En plus, si vous complétez votre objectif du Camp, vous gagnerez des codes de réductions pour certains programmes et sites intéressants pour les auteurs, dont Scrivener, dont on parlera quand j’aurai eu l’occasion de le tester en profondeur.

C’est tout pour cet article. J’espère que ces conseils vous aideront pour votre Camp et les éditions à venir ! Par ailleurs, si vous souhaitez épicer un peu les choses, n’hésitez pas à tenter également le Jeu de l’Adjectif, dont la quatrième édition aura lieu en juillet également !

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De l’importance des « sous-genres » de la littérature

Cela fait plus de dix ans que je participe à différentes communautés littéraires sur internet, et plus de quinze ans que j’écris. Je n’ai que vingt-deux ans au moment d’écrire ces lignes, autant dire que j’ai commencé très tôt. Il n’y a jamais eu de période dans ma vie où je n’écrivais absolument pas, même quand je n’avais pas (encore) d’ordinateur, même quand j’en avais un mais sans internet. Ce n’est qu’à partir de mes seize ans, il y a bientôt sept ans, que j’ai pu avoir tout ce matériel à disposition librement.

Pourtant, j’ai commencé à écrire sur des forums rpg à onze ans, quand j’avais uniquement accès à internet via les ordinateurs de la bibliothèque, deux fois par semaine. C’est comme ça que j’ai vraiment commencé à écrire en ligne, sur un forum majoritairement peuplé d’adultes québécois absolument ravis de voir une toute jeune joueuse découvrir le monde des rpgs sur forum à partir de leur univers en miniature.

C’est dans la section « art » de ce forum fréquenté par une cinquantaine de membres que j’ai posté ma première fanfiction, un one-shot de même pas mille mots sur un couple du comic/dessin animé W.I.T.C.H. dont j’étais (et suis toujours, inutile de mentir) une très grande fan. À cette époque, j’avais déjà écrit des histoires originales (en réalité lourdement inspirées de mes lectures), mais cette fanfiction était le premier récit que je montrais à des gens. Des inconnus. Des adultes, tellement plus matures que moi en tant qu’auteurs.

Ce sont eux qui m’ont fait découvrir ffnet, un site qui en retour m’a fait découvrir les skyrocks d’auteurs. En bref, sans ce forum rpg, je n’aurais probablement pas eu de tels débuts dans le monde de l’écriture sur internet, et pour moi, ça aurait été une perte terrible. Sans ce parcours, je n’en serais pas là aujourd’hui.

C’est pour ça que quand je vois des auteurs et lecteurs mépriser ces types d’écriture – roleplay, fanfiction, et j’en oublie sans doute – je suis en colère. Je suis en colère qu’on me demande de mépriser une facette aussi importante de l’autrice que je suis aujourd’hui. Aujourd’hui, j’écris une fanfiction Naruto tellement construite, complexe et fermement maîtrisée qu’elle m’a permis de développer ma réflexion concernant la construction d’univers et de personnages au-delà de tout ce que j’aurais pu faire par d’autres moyens. Même moi qui écris régulièrement des articles sur ce sujet, je sais que la pratique permet de s’améliorer bien plus vite et plus efficacement que la théorie.

Je ne comprends pas ce que nous gagnerions à mépriser les étapes par lesquelles nous sommes passées — ou si pas nous, nos camarades et amis — pour devenir les auteurs que nous sommes aujourd’hui. Je ne saurais commencer à faire la liste des choses que j’ai apprises grâce au roleplay ou à la fanfiction. Et je sais que je ne suis pas la seule, loin de là ! Alexa Donne a même publié une vidéo à ce sujet sur sa chaîne Youtube. Certains des auteurs les plus célèbres de notre génération ou de la précédente (comme Cassandra Clare) ont longtemps écrit de la fanfiction.

Ces “sous-genres” de l’écriture comme on aime tant les appeler d’un ton méprisant sur Twitter ont créé bien des auteurs, au final. Si ces adultes québécois ne m’avaient pas encouragée quand je n’étais qu’une gamine qui m’introduisais dans leur univers en miniature, qui sait si j’aurais continué à écrire ? L’écriture est un art solitaire mais l’humain, en bon animal social, en fait une pratique de plus en plus collective.

C’est qu’il y a de la force dans le groupe ! Pour beaucoup parmi nous, la fanfiction a été le premier pas dans le monde de la publication en ligne ; selon votre génération, vous avez commencé sur LiveJournal, Skyrock, Ffnet, AO3, Wattpad. Vous avez reçu vos premières critiques, certaines justes et d’autres non, avez accueilli vos premières reviews positives (adoratrices parfois, même) avec un mélange de joie et d’incrédulité profondes. Vous avez appris ce que ça faisait d’avoir des gens qui nous lisent, même des inconnus à l’autre bout du monde.

Le roleplay vous a appris d’autres compétences essentielles. Ce loisir vous a confronté à d’autres auteurs, dont beaucoup sont plus accomplis et expérimentés que vous – surtout à vos débuts dans cet univers. Vous les avez vus construire des personnages, des histoires en utilisant des méthodes conscientes et inconscientes que vous n’aviez jamais envisagées. En écrivant avec eux, et même en discutant simplement sur la chatbox (ou le discord, le groupe messenger, peu importe ce que vous utilisez ou utilisiez !) vous avez appris des choses concernant l’écriture qui ne vous auraient jamais effleuré.

Vous ne gagnerez rien à mépriser ces “sous-genres” de la littérature, mais vous gagnerez à admettre leur utilité. Certains d’entre nous s’y adonnent encore, même ceux qui écrivent des romans, même ceux qui sont déjà publiés. L’important quand on écrit par exemple des romans et du roleplay est de trouver un équilibre entre les deux, d’utiliser le roleplay comme une récompense pour un certain temps de travail sur le roman. Pour les auteurs de fanfictions, ces dernières sont parfois une manière de tester des choses, de se préparer aux projets futurs – c’est notamment mon cas.

Ne renions pas ce genre de passé d’écrivain. La honte est un paralysant, la fierté un stimulant. Personnellement, je sais lequel de ces sentiments va me servir pour mes projets à venir.

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Nous ne sommes pas l’exception à la règle

Nous ne sommes pas l’exception à la règle. Nous sommes auteurs parmi des centaines, milliers même d’autres auteurs. Nous ne sommes pas les prochains J.K. Rowling et Rick Riordan, parce que tout ce qui fait leur succès est justement le caractère exceptionnel de leur parcours. C’est leur influence et leur succès qui permet aux auteurs que nous admirons d’ignorer certaines règles communes dans le monde de l’édition ou même en termes d’écriture.

Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas l’exception à la règle que nos écrits sont dénués de qualité, attention. Ce que j’entends par « nous ne sommes pas l’exception à la règle », c’est qu’il faut cesser de les ignorer. Vous ne gagnerez pas le respect des lecteurs et éventuels éditeurs en débarquant avec vos gros sabots, en crachant partout et en cassant la déco, pas vrai ?

Je ne suis pas là pour vous faire la morale. Je n’ai aucun pouvoir sur vous, faites ce que vous voulez, bien entendu. Je voudrais juste partager mon avis concernant le fait que, selon moi, vous vous ferez du mal en tant qu’écrivain si vous vous comportez comme si le monde vous appartenait. Rares sont les auteurs qui parviennent à dégager un certain charme (relatif) quand ils se comportent de cette manière.

Si mes conseils vous intéressent, en voici un : apprenez les règles. Apprenez les règles de narratologie, apprenez les règles de comportement avec les éditeurs (et notamment comment envoyer vos manuscrits) et apprenez à traiter les gens comme vos égaux, comme si vous aviez des choses à vous offrir mutuellement. C’est particulièrement important si vous visez l’édition et que vous êtes présent sur les réseaux sociaux, parce que les éditeurs vont les observer et essayer de déterminer si vous avez une image positive.

Apprenez les règles, parce que vous en sortirez grandi. En théâtre, on m’a enseigné qu’il fallait apprendre les règles, maîtriser les règles et alors seulement envisager de les dépasser. Je pense que cela s’applique aussi à l’écriture. J’ai réalisé qu’énormément d’auteurs dans mon entourage trouvaient leur inspiration et une amélioration dans leur écriture en étudiant, même de manière superficielle, les sujets de narratologie qui les intéressent : développement des personnages, worldbuilding, rythmique, la liste est sans fin.

Nous ne sommes pas l’exception à la règle. Il y a très peu de chances que nous gagnions des prix pour nos livres, que nous vendions des millions d’exemplaires, que nos histoires soient adaptées au format audiovisuel, parce que toutes ces choses sont l’exception, le cas sur un million… Et vont souvent ensemble. Mieux vaut accepter cette réalité et se concentrer sur des objectifs plus accessibles, selon moi, car la réussite est un bien plus puissant moteur que l’échec perpétuel.

Mon conseil ce mois-ci est donc triple : apprenez les règles, maîtrisez-les et ne vous considérez pas au-dessus d’elles.

C’est tout pour l’article du jour qui, je l’entends, avait un ton bien différent des autres. Je l’ai surtout écrit en réaction de ce que je pouvais voir sur Twitter et sur les plateformes littéraires de manière plus large ces derniers temps. Je ne sais pas encore de quoi parlera l’article de juin, mais je vous le dirai sur Twitter donc n’hésitez pas à me suivre là-bas (mon @ est nyxisnyx) ! Au mois prochain !

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La question des empires, royaumes et autres dynasties

Beaucoup de romans de fantasy aujourd’hui nous présentent au moins un royaume ou un empire. Comme la plupart de nos univers se basent sur l’époque médiévale, un tel choix me paraît tout à fait logique, mais certains auteurs oublient ce que le fait de vivre dans un empire ou un royaume implique. Oui, nous allons encore parler de politique, mais puisque ce sera mêlé avec de l’histoire, ça ne devrait pas vous endormir ! Sans plus attendre, je vais donc vous lister quelques points qu’il faut bien avoir en tête quand on décide de mettre en place ce genre de régime politique dans son univers. Nous allons surtout nous concentrer sur les empires, mais n’oubliez pas que ce que je dis peut s’appliquer, parfois dans une moindre mesure, aux royaumes également !

Naissance et relations d’un empire

Même si vous ne comptez pas le mentionner dans votre récit, il peut être pertinent de réfléchir à la naissance de votre royaume ou empire : la plupart apparaissent des suites d’une succession (un enfant reçoit un royaume par son père et un autre par sa mère et décide de les diriger tous les deux) ou d’une guerre de conquête. Ces deux types de naissance peuvent conduire les dirigeants à se comporter d’une manière ou d’une autre avec les puissances extérieures, alliées ou ennemies.

Les empires sont souvent en guerre active ou froide les uns contre les autres, dans l’espoir de s’étendre et de mettre la main sur des terres précieuses (fertiles ou riches en minéraux nobles la plupart du temps). Cependant, une puissance qui a une histoire pacifique prédominante se montrera plus adepte des stratégies de communication et de commerce pour maintenir cette paix, à moins qu’un terrible affront (l’assassinat d’un dignitaire, voire d’un membre de la famille royale) ne pousse le pouvoir concerné à désirer la guerre.

Après tout, la guerre est une entreprise très coûteuse, qui souvent rapporte peu aux pays engagés. À moins d’avoir une politique expansionniste ou quelque chose à gagner d’une guerre (ainsi qu’une victoire assurée, même si les pronostics peuvent se tromper) un État évitera de régler ses conflits dans le sang. Bien sûr, les sanctions économiques, par exemple, ne sont pas efficaces dans un monde de fantasy médiévale, mais il y a d’autres moyens que la guerre pour rendre les coups à un adversaire politique : assassins, espions, prises d’otages…

Quand vous construisez un univers, prenez vraiment le temps de penser à toutes ces choses.Listez toutes vos puissances et déterminez leurs relations entre elles, sans en oublier, et en appuyant lesdites relations sur des raisons solides et variées. Quelque chose d’aussi stupide que le prince de royaume A trompant son épouse native de royaume B avec une noble de royaume C suffira à créer de la tension.

Politique d’expansion et de gestion

Cette partie vaut particulièrement pour les empires. La plupart du temps, les Empires sont un ensemble d’États sous la domination d’un empereur. Il y a donc plusieurs choses à déterminer quand vous décidez d’établir une telle puissance : tout d’abord, demandez-vous quelles terres sous sous la houlette de votre empereur. A-t-il conquis des terres vierges ou habitées ? Peut-être la famille régnante a-t-elle hérité de nouvelles régions générations après générations ? Il est même possibles que de plus menues surfaces, comme des provinces, aient été achetées ou rendues vassales en échange de protection.

Ensuite, il faudra vous demander à quel stade de son développement se trouve votre empire. Si la courbe devait être simple, ce serait une courbe croissante et décroissante : d’abord la puissance naît et s’étend tant en terres qu’en puissance, jusqu’à atteindre son apogée, avant de commencer à faiblir. Bien sûr, la courbe peut ne pas être aussi linéaire, c’est à vous de le déterminer. Toujours est-il que vous devrez placer le fameux empire contemporain à votre récit quelque part sur cette courbe, et que votre choix aura des conséquences sur le niveau de vie, les inégalités, la justice, et cetera.

Enfin, il vous faudra déterminer la politique de gestion mise en place par le pouvoir suprême quand il s’agit d’administrer les instances de pouvoir inférieures. L’empereur a-t-il son mot à dire dans les affaires des États sous sa coupe ou les laisse-t-il diriger comme ils l’entendent à la condition qu’ils respectent sa loi et son autorité supérieure ? Cette question est intéressante également dans le cas des royaumes coloniaux et royaumes fédéraux, même si ce régime particulier semblerait plutôt pertinent pour de la fantasy un peu plus moderne.

Symboles et détenteurs du pouvoir

Deux détails souvent oubliés en fantasy ont un rapport avec la relation au pouvoir. Tout d’abord, nous allons parler des symboles du pouvoir : il est très rare que ceux-ci se limitent à une simple couronne. En Belgique, par exemple, la monarchie est représentée par le drapeau, un blason, une couronne, un hymne et des fêtes officielles. En France, la monarchie était représentée par la fleur de lys, une couronne, un sceptre, la main de justice, une épée et des éperons en or. Cherchez parmi les monarchies présentes ou passées pour trouver des idées qui colleront à votre famille royale ou impériale !

Par ailleurs, même dans un État totalitaire, il est rare que le pouvoir ne soit en réalité incarné que par une seule personne. Il y a tout simplement trop de choses à faire, même en ce qui concerne les affaires courantes du pouvoir, pour qu’une seule personne puisse s’occuper de tout. Un dirigeant s’entourera toujours de ministres, ou peu importe leur nom, à qui il déléguera certaines tâches trop fastidieuses pour lui ou de moindre importance, en exerçant par lui-même d’autres aspects du pouvoir. Le choix en la matière dépendra de l’image qu’il veut renvoyer : justice pour un monarque qui se veut bon, arts de la guerre pour un chef belliqueux, et cetera.

Quand vous concevez une puissance, surtout si l’action s’y déroule, il me semble important de déterminer qui dispose du pouvoir en-dehors du chef de la nation. Qui sait, vous pourrez peut-être même faire intervenir certaines figures importantes du pays au fil des aventures de vos personnages, pour les aider ou leur mettre des bâtons dans les roues ?

Comment les empires tombent

Si vous vous trouvez sur la partie descendante de la courbe que nous avons mentionnée plus tôt concernant la vie de votre empire, il est sans doute déjà en train de tomber même si tout n’est pas encore terminé. Si l’histoire nous a montré une chose concernant les empires, c’est qu’ils sont particulièrement complexes à abattre et s’effondrent rarement tout d’un coup. L’exemple le plus connu est sans doute celui de l’empire romain : comme nous l’avons tous appris à l’école, il est tombé en deux temps, d’abord l’Occident puis l’Orient.

Même dans un royaume, ce genre de chute morcelée est envisageable, en particulier si le pouvoir est éparpillé (et que le chef d’État ou son successeur parvient à fuir le premier lieu de défaite) et si le pays couvrait jusqu’alors un vaste territoire. Bien sûr, il est aussi tout à fait possible qu’un coup d’État remplace simplement le chef par un autre, mais dans le cas d’un empire, les provinces les plus éloignées de la capitale vont sans doute se révolter et clamer leur indépendance, surtout si elles avaient été conquises par la force dans le passé.

Par ailleurs, même si votre action ne se déroule pas dans un empire mais qu’une telle puissance s’est tenue dans la région par le passé, cela laissera des traces, tout comme nous côtoyons des traces de l’empire romain en Europe Occidentale tous les jours sans même nous en rendre compte. Penser à cela au moment de bâtir votre univers ne lui donnera que plus de profondeur, même si vous n’expliquez jamais cette histoire dans les moindres détails – car il faut savoir doser le world-building dans un roman.

Le rapport à la royauté

J’aimerais conclure cet article déjà bien long en vous invitant à vous pencher sur le rapport à la royauté – ou à tout autre type de représentant du pouvoir – dans votre histoire. Comment vos héros voient-ils le pouvoir en place ? Sont-ils heureux du travail des dirigeants ou rêvent-ils de les voir tomber de leurs trônes ? Comment ces opinions se comparent-elles à celles du reste de la population ?

Attention ici à ne pas tomber dans le cliché du héros qui seul voit les travers du pouvoir. Cela a été fait maintes fois, souvent d’une manière peu subtile. Pour un rendu plus réaliste, n’hésitez pas à regarder ce qui se fait dans notre monde. Par exemple, si votre pouvoir est extrêmement totalitaire avec un chef très aimé de la population, renseignez-vous sur le rapport entre les habitants de Corée du Nord et leur chef d’État.

Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire sur la question des royaumes, empires et autres dynasties ! Bon, je l’avoue, nous avons un peu laissé de côté les dynasties vu la longueur de cet article dans l’état mais, pas d’inquiétude, je compte revenir sur le sujet dans un autre article !

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Quelques clés pour l’écriture des descriptions

Voilà un sujet qui en intéressera beaucoup ! En général, les gens se considèrent comme très à l’aise concernant les descriptions ou pas du tout, sans entre-deux. Souvent, on oppose les descriptions et les dialogues : il est très rare d’aborder ces deux matières aussi sereinement l’une que l’autre : il est vrai qu’elles font appel à des mécanismes bien différents et souvent opposés. Dans cet article, je vais essayer de vous donner quelques clés pour améliorer vos descriptions. Même si vous êtes déjà doué pour l’exercice, vous pourriez apprendre une astuce que vous ignorez !

Une écriture organique

Si vous disposez de contacts avec le côté anglophone de la communauté d’auteurs, vous avez sans doute entendu parler de ce concept, qui faciliterait la lecture par notre public si nous nous basons sur une logique naturelle pour le corps dans notre écriture.

En termes de description, cela s’applique tout particulièrement quand il s’agit de l’ordre dans lequel vous voudrez décrire les éléments : de haut en bas, de droite à gauche, de l’avant vers l’arrière, du global au précis… Choisissez une logique et tenez-vous-y, vous verrez que cela vous facilitera le travail même en relecture. Point bonus : vous oublierez moins facilement de préciser un détail si vous établissez un ordre et vous y tenez !

Par ailleurs, vous pouvez aussi vous servir de ce mécanisme pour attirer l’attention du lecteur : si vous rompez brusquement la logique choisie pour décrire un objet, une personne, une scène, l’attention est attirée vers le sujet imprévisible sur lequel vous vous concentrez plutôt que de continuer votre petit bonhomme de chemin normalement.

Notez aussi qu’il vaut mieux varier les mécanismes organiques en fonction de la situation. Si vous utilisez toujours le même, les lecteurs le réaliseront, même inconsciemment, et la lecture de vos descriptions deviendra fastidieuse. Voici les mécanismes organiques les plus courants pour les descriptions :

  • Le sens : de haut en bas, de gauche à droite, etc
  • Les plans : En général de l’avant à l’arrière-plan ou vice-versa
  • La valeur : De l’essentiel au superflu, du plus grand au plus petit, du global au précis,…

Jouer avec les sens

Beaucoup d’auteurs font l’erreur de n’impliquer que la vue de leurs lecteurs dans leurs descriptions. Pourtant, peu de situations réelles se cantonnent à la vue : quand vous avez une assiette devant vous, par exemple, vous mobilisez aussi l’odorat (et donc le goût, puisque ces deux sens sont reliés) et il y a généralement du bruit autour de vous, même si vous êtes seuls.

Pour vous exposer à des descriptions très complètes, je vous conseille de vous intéresser aux travaux d’auteurs réalistes (dans le sens du mouvement littéraire) et naturaliste. L’une des caractéristiques de ces deux mouvement est un soin tout particulier apporté aux descriptions, qui sont donc le plus souvent exhaustives. Certes, il ne s’agit sans doute pas d’une lecture très amusante ou relaxante, mais cela vous apprendra des choses !

Soigner le style

Inutile de nous mentir : les lecteurs s’ennuient vite avec les descriptions. C’est pourquoi il est tout particulièrement important de soigner son vocabulaire. Jouez sur les sons, les figures de style, le rythme, tout pour faire comprendre à votre audience que non, le récit n’est pas mis sur pause le temps de la description ! Bannissez ces verbes faibles, ces tournures imprécises et lourdes, cherchez la nuance exacte de ce bleu, le col précis de ce vêtement – montrez tout votre talent, en somme !

D’ailleurs, vous pouvez aussi enrichir vos descriptions en mélangeant avec parcimonie le vocabulaire des différents sens. Cela fonctionne particulièrement avec les sens peu exploités, comme l’ouïe et le toucher : empruntez du lexique appartenant à la vue pour appuyer l’ambiance que vous essayez de rendre !

S’entraîner

Ce conseil vaut pour absolument tous les domaines de l’écriture, mais nous avons tendance à l’oublier. Pour s’entraîner à décrire, il suffit de décider ce qu’on veut décrire : une photo, un extrait de reportage, une mélodie, une odeur… Choisissez quelque chose auquel vous êtes directement exposé et essayez de retranscrire ce que vos sens vous disent sur le papier. C’est encore le meilleur moyen de progresser.

Voilà, c’est tout pour cet article ! En complément, si vous souhaitez vous entraîner, je vous conseille de consulter les anciennes éditions du Jeu de l’Adjectif : beaucoup des mots imposés sont tout à fait utilisables en description et cela vous permettra d’autant plus de vous entraîner !

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Votre univers devrait répondre à ces questions — et d’autres

Derrière ce long titre un peu pompeux se cache une vérité bien connue des auteurs qui se sont essayés à l’art délicat et nébuleux de créer leur propre univers. Il est pourtant difficile de définir ce qui fait un bon ou mauvais univers, d’établir jusqu’à quand il est trop développé, à partir de quand on pousse trop loin. Ce n’est d’ailleurs pas le problème que je chercherai à résoudre dans cet article : je n’ai pas la prétention d’en posséder la réponse, c’est tout. Ce que je vais vous donner ici, ce sont des pistes de développement que je juge importantes et que les auteurs négligent souvent dans les histoires que je lis.

La diplomatie et la politique intérieure

Tous les pays du monde ont un régime politique. Rares sont les vraies démocraties, mais beaucoup prétendent à cet idéal sans le représenter. Pour chaque pays de votre univers, vous devriez choisir un régime politique et le détailler un petit peu dans vos notes, même si cela n’apparaît jamais dans votre récit. Au moins, vous, vous saurez et ça vous permettra de comprendre et appréhender plus facilement tout un tas de choses, des réactions des habitants à certaines idées et concepts (comme l’homosexualité, la solidarité, le libre-échange, l’ouverture sur le monde et les autres sociétés) jusqu’à leur vie sous le type de gouvernement que vous aurez choisi.

Par ailleurs, une différence de régime politique aura tendance à créer du conflit entre les pays. Prenez simplement l’exemple de notre monde, des guerres qui se déclenchent simplement parce qu’un pays est communiste et l’autre capitaliste. Dans l’idéal, vous devrez déterminer les relations politiques entre vos différents pays et, pour le faire de manière cohérente et claire, je vous conseille d’organiser un tableau à double entrée, un peu comme la très fameuse table des types Pokemon. Dans chaque case, indiquez les relations des pays indiqués en colonne et en ligne jusqu’à en avoir fait le tour. Dans vos notes, n’hésitez pas à vous montrer exhaustifs, on ne sait jamais comment ça peut servir — et oui, je sais que c’est une phrase typique d’accumulateur chronique, mais il n’y a pas de mal à accumuler des mots, je vous le promets.

La météo

Si votre univers s’étend sur une grande surface, comme un grand pays ou un continent, vous ne pouvez pas avoir la même météo ou le même climat partout. Plus vous vous rapprochez d’une certaine zone (pas forcément un équateur si vous n’en avez pas envie), plus vous aurez de soleil et moins vous aurez de pluie, par exemple. Le climat à l’endroit où vos personnages ont grandi a de grandes chances d’influencer, par exemple, la manière dont ils se préparent à un voyage ou leurs compétences concernant la vie dans la nature.

Les langues

Beaucoup d’univers se reposent sur le concept d’une langue commune pour justifier que tout le monde dans leur histoire se comprenne parfaitement malgré des origines bien différentes. Malheureusement, cette conception est plutôt irréaliste. Je vous propose deux possibilités pour régler ce problème :

  • Vos personnages parlent des langues différentes en ayant appris celles des autres (comme vous avez appris des langues étrangères en quelque sorte).
  • Quelque chose dans l’histoire de votre monde justifie que tout le monde parle la même langue. La justification la plus probable serait l’impérialisme et la conquête, qu’il s’agisse d’une situation passée ou présente ; ce n’est pas pour rien que tant de pays dans le monde utilisent l’anglais comme langue officielle, c’est justifié par l’Histoire.

La foi

Si votre univers possède plusieurs civilisations, celles-ci auront sans doute choisi des religions officielles différentes. Par ailleurs, les habitants d’un même pays n’observent pas tous la foi approuvée par le gouvernement. Comment sont traités les gens qui ne respectent pas les rites promus par le pouvoir ? Y a-t-il des guerres de religion, ont-elles eu lieu par le passé ? Vous devez posséder ces informations car la foi impacte l’environnement dans lequel un personnage vit, que lui-même soit croyant ou non. Pour le réaliser, il suffit de voir le nombre de jours fériés en Belgique et en France dont l’origine remonte à une célébration religieuse !

L’alimentation

Un aspect souvent oublié de la construction d’un univers est, selon moi, l’alimentation. Que mangent les gens ? Leur régime sera bien entendu adapté au climat de l’endroit où ils se trouvent ; comme dans notre monde, certaines plantes et espèces animales sont endémiques à leur région, ce qui peut avoir comme conséquence d’en faire un élément central de l’alimentation à cet endroit-là. Pour tout résumer en un jeu de mot, réfléchir à l’alimentation peut vraiment nourrir votre récit !

C’est tout pour cet article. Je reviendrai très certainement avec d’autres questions à aborder dans la création de votre univers — et qui sait, peut-être même que je consacrerai des articles complets à celles que j’ai abordées ici !

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Rendre son récit plus vivant

Quand je discute avec d’autres auteurs, je me rends souvent compte d’un souci qu’ils ont, dont ils ont conscience, mais qu’ils ne savent pas comment régler : le manque de vie de leur récit. Souvent, ils soulignent ce problème et, en parallèle, une tendance à coller de manière trop rigide à leur intrigue principale, sans laisser d’ouverture aux intrigues secondaires qui peuvent enrichir un récit. Je vais donc ici vous partager quelques conseils, quelques plans sur lesquels vous pouvez travailler pour tenter de créer un dynamisme supplémentaire au sein de votre histoire.

Les tracas du quotidien

Peu importe le cadre dans lequel l’histoire se déroule, qu’il s’agisse d’un récit romantique contemporain, d’une histoire dans un monde orienté high-fantasy ou encore d’une fanfiction Naruto, vos personnages principaux ont une routine. Pour bien faire, vous devriez développer cette routine au début de votre histoire, pour aider à mettre en place une situation initiale et son ambiance de base, mais elle a d’autres utilités, dont celle qui nous intéresse ici.

Si vous mettez en place une routine pour vos personnages, vous pourrez vous en servir pour lui créer des petits tracas du quotidien, qui sont utiles pour rappeler que la trame principale n’est pas la seule à avoir de l’importance, et que les ennuis peuvent venir de n’importe quoi. Un exemple assez connu est tiré de la saga Les Chevaliers d’Émeraude : dans l’un des tomes, plusieurs personnages, dont le héros, sont montrés accomplissant des gestes routiniers (aiguiser une arme, panser une monture) à plusieurs reprise, car les actions qu’ils accomplissent semblent s’effacer dès qu’ils cessent de regarder. C’est un exemple parfait de quotidien perturbé qui aide à apporter une pointe de tension, de vie.

Dans du contemporain, vous pouvez par exemple parler de votre héroïne qui attend un SMS de sa mère partie faire des examens à l’hôpital, du fait que votre héros a oublié de racheter du sucre et s’en rend compte en plein milieu de la réalisation de ce gâteau, du fait qu’une chatte errante a mis bas dans son jardin,… Les possibilités sont infinies. Pour les autres univers, bien entendu, ce sera un peu différent, parce que chaque univers a ses règles et qu’il faut tout faire en cohérence avec ces règles. D’ailleurs…

Se servir des règles

Ce conseil-ci s’applique surtout aux récits hors-contemporain, mais n’en sera pas moins utile, j’en suis sûre. Il s’agit de se servir des règles qu’on a établies pour créer des petits évènements autour de la trame principale. Par exemple, si votre intrigue se déroule dans un village qui est connu pour ses célébrations, organisez un festival qui, tout en faisant une pause dans l’histoire principale, permettra de montrer une nouveauté, autant en terme de contenu que de dynamique.

Cette astuce a le double avantage d’exploiter votre univers sans pour autant tout ramener à la trame principale et de nourrir ledit univers. Car établir des règles ne suffit pas, il faut s’en servir par la suite, pour éviter un effet trop artificiel et lisse malheureusement commun dans les romans fantastiques/fantasy/SF d’auteurs débutants (et moins débutants aussi, ne nous mentons pas).

Créer des temps de pause

Pour ce conseil, la meilleure illustration que je puisse fournir est juste sous votre nez : il s’agit de votre propre quotidien. À moins d’être très malchanceux, vous avez droit, de temps à autres, à des moments de paix dans votre vie, où une catastrophe vient de se terminer et aucune ne se précipite directement dans vos bras tout juste libérés.

Reprenez cette idée dans vos écrits, surtout les projets longs qui peuvent se permettre de prendre du temps pour ce genre de choses. Cela permettra au lecteur de souffler sans pour autant se détacher de votre histoire. Tout comme vous avez besoin de ponctuation pour apporter de la structure, vous avez besoin des pauses pour mettre en avant les moments où l’action reprend.

Par ailleurs, n’hésitez pas à exploiter ces pauses pour faire du développement de personnages et des relations entre eux, deux choses que beaucoup d’auteurs ont malheureusement tendance à négliger pour se concentrer sur leur intrigue. Respirez un bon coup et réfléchissez-y : vous avez largement assez de place dans votre histoire pour les deux, même si ça veut dire que vous devez couper ce roman en deux tomes. Mieux vaut faire un tome de plus et avoir deux tomes plus complet plutôt qu’un tome très dense et manquant finalement de certains éléments nécessaires.

Voilà, nous sommes arrivés à la fin de cet article ! J’espère que ces conseils vous ont été utiles. Si vous en avez d’autres concernant ce sujet ou voulez discuter de ceux que j’ai donnés, rendez-vous dans les commentaires !

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Comment rendre sa romance plus crédible ?

La romance, dans les romans, n’est pas seulement un genre littéraire, mais aussi un élément à part entière de bien des romans d’autres genres, de la fantasy au policier en passant par la science-fiction et le thriller. À ce titre, il me semble important de savoir écrire une bonne romance. Bien entendu, « bon » et « mauvais » sont des concepts très subjectifs, mais à force de lire, d’écouter les avis d’autres lecteurs et de regarder les vidéos très intéressantes de plusieurs auteurs, j’ai réalisé que certaines choses avaient tendance à fonctionner quand il s’agissait d’écrire une bonne romance, et d’autres non.

La première chose importante à mes yeux est de laisser le temps aux personnages impliqués dans la romance de respirer. Même si vous écrivez une romance (le genre littéraire) vos personnages ont une vie, des amis, des buts, une occupation en-dehors du futur être aimé. Si vous n’exposez pas cette vie extérieure à l’intérêt romantique, votre scénario risquera d’être pauvre, sans profondeur. Et pourquoi prendre ce risque, quand vous pourriez tout simplement rajouter des éléments externes à la romance dans votre récit ? Qui sait, peut-être même que ça vous inspirera un rebondissement !

Il est aussi primordial, je pense, d’établir pourquoi les deux personnages s’aiment. Cela peut être dit ou montré, ou les deux à la fois, mais il me semble difficile de faire sans. Comment pourrait-on croire à votre romance si on ne sait pourquoi ils s’aiment ? Par là, j’attend ce qu’un personnage aime chez l’autre, au point de vouloir partager sa vie avec. Vous ne pourriez pas partager votre toit et votre lit et un million d’autres choses pour une très longue durée indéterminée avec n’importe qui, parce que ce niveau d’intimité n’est acceptable que quand on ressent des choses pour l’autre. Cela colle tout autant pour des couples aromantiques, d’ailleurs, même si dans leur cas il ne s’agit pas de tomber amoureux. Cependant, n’étant pas aromantique moi-même, je préfère m’abstenir de parler de ce genre de relations. Des personnes qui sont concernées en ont sans doute parlé bien mieux que moi !

Une autre chose sur laquelle il vaut mieux ne pas faire l’impasse je pense, surtout quand on écrit dans le genre littéraire de la romance, est d’ajouter des scènes mignonnes, douces, romantiques, qui ne sont pas forcément essentielles pour le scénario. Les laisser avoir une soirée en tête à tête ne va peut-être pas conduire à un énorme développement, mais cela permettra aux lecteurs de croire en la relation que vous leur montrez, et n’est-ce pas essentiel quand on écrit ?

Par ailleurs, je vous conseille de ne pas enfermer votre personnage dans sa romance : donnez-lui d’autres interactions avec des personnes extérieures, surtout des interactions positives. Ainsi, vous pourrez montrer la différence entre vos personnages amoureux et vos personnages amicaux, attendris, studieux, etc. Comme si ce contraste n’était pas un élément suffisant, vous pourrez également vous servir de ces scènes pour exposer et construire vos personnages, pour leur donner du réalisme, de la crédibilité.

Voilà pour mes conseils ! Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les ajouter en commentaire !

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