Talent vs. Travail

Nous avons tous dans notre entourage cet auteur incroyablement talentueux qui ne semble pas rencontrer la moindre difficulté quand il écrit. Tout lui tombe tout cuit dans la bouche : ses personnages sont attachants, ses univers complexes, sa prose poignante. À l’inverse, nous connaissons tous un auteur qui travaille très dur, qui compulse les sources concernant la prose et la narratologie dans l’espoir de s’améliorer – et qui s’entraîne, s’entraîne, s’entraîne.

 

Beaucoup de gens, qu’ils fassent partie des réseaux d’auteurs ou non, pensent que l’écriture est avant tout une affaire de talent, d’une capacité innée que seuls quelques rares élus possèdent. Sans ce don distribué aléatoirement, la qualité des romans écrits par un auteur serait sévèrement impactée. Ai-je vraiment besoin de vous dire à quel point je suis en désaccord avec cette idée ?

 

Le talent, selon moi, ne représente que 5% du potentiel réel d’un auteur. Tout le reste ? Du travail, du travail et encore du travail. À mon avis, n’importe qui peut écrire un bon roman à condition d’y consacrer la quantité de travail appropriée. Quant au talent, il ne s’agit que d’un raccourci utile au début, qui contrebalancera le temps gagné en induisant son propriétaire en erreur concernant la qualité de ses écrits.

 

Avec le talent vient l’orgueil, un terrible ennemi de la progression. Si vous avez de la chance ou de l’expérience, vous êtes déjà sorti de cette phase où vous étiez terriblement sûr de vous, persuadé que vos écrits apporteraient la lumière divine à tout lecteur digne de ce nom. À vrai dire, certains auteurs que je connais se trouvent encore dans cette phase et, comme tout écrivain dans leur situation, ils ne sont pas prêts à l’entendre. En réalité, certains ne sortent jamais de ce stade.

 

Vous n’avez pas besoin de talent. Vous avez besoin de remise en question et de travail, c’est tout. Vous avez besoin d’écrire des premiers jets nazes et de vous pencher dessus pour une réécriture (comme nous tous), vous avez besoin d’apprendre ce que vous ignorez encore, vous avez besoin de prendre du recul. Ce n’est que comme ça que vous progresserez et aurez une chance d’atteindre vos objectifs en matière d’écriture.

 

Et si l’écriture est pour vous plus qu’un simple plaisir, si vous écrivez pour quelqu’un d’autre que vous-même, vous voudrez progresser, vous voudrez apprendre. S’il y a une chose que vous devez à vos très chers lecteurs, c’est de faire de votre mieux pour leur offrir une belle histoire qui les sortira un peu de leur quotidien souvent si morose. Quel que soit le genre ou le format dans lequel vous écrivez, plus vos écrits s’amélioreront et meilleure sera la réponse de votre lectorat. À mes yeux, il n’existe pas de plus belle motivation pour se mettre au travail.

 

Comment faire alors ? D’abord, rentrez-vous dans le crâne que le talent ne compte pas. Ensuite, acceptez qu’il vous faudra donc travailler pour obtenir ce que vous voulez. Enfin, attelez-vous à cette tâche. Suivez des ateliers, lisez des livres formateurs, écoutez des podcasts, prenez des cours. Concernant cette dernière option, vous pouvez d’ailleurs trouver mes tarifs sur cette page.

 

Dans tous les cas, ne perdez pas courage. Je sais que c’est difficile, surtout en ce moment, mais je vous assure que le jeu en vaut la chandelle. Un jour, vous accomplirez ces objectifs, ces rêves secrets qui vous trottent en tête et ne vous quittent jamais tout à fait, pour peu que vous vous investissiez comme il se doit. Je vous souhaite le plus grand des courages et toute la chance du monde, mais je sais que vous y parviendrez !

1 commentaire

Enirtourenef

Je crois que j’ai tellement peu d’estime de moi (sans dec, sur l’échelle de Rosenberg je suis à 18 sachant qu’en-dessous de 25 c’est déjà très faible xP) que je ne suis jamais passée par la phase orgueil, en tout cas pas sous la forme « ce que j’écris est teeeeeeellement bien ». Peut-être davantage sous la forme « je suis unique, je suis la seule qui écrit dans mon entourage, c’est ce qui me rend intéressante » (années collège obligent) et puis après je me suis rendue compte qu’en fait des TAS de gens écrivent, ça m’a mis un petit coup (normal) mais tout va bien x)

Je suis assez d’accord avec ta vision des choses ! Ça me fait penser à Norbert Elias (si je ne me trompe pas) qui dans un de ses livres avait expliqué que Mozart n’avait aucun talent. En fait, son père était musicien, le petit Mozart a donc eu un instrument dans les mains très, très tôt, il s’y est mis, il a aimé, il a travaillé. C’est tout. Alors oui, il peut y avoir des prédispositions, bien sûr, mais même ces 5% de talent ne sont pas vraiment du talent, plus de bonnes dispositions créées par l’entourage. D’un côté c’est super parce que ça veut dire qu’on peut potentiellement tout faire avec du travail ; d’un autre côté ma partie rêveuse trouve ça assez désespérant !

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