Ma fanfic, c’est bientôt fini

En février 2019, j’avais accepté l’invitation dans une petite communauté discord. Le but ? Faire un camp NaNoWriMo pour nous préparer au vrai Camp qui viendrait en avril. Aujourd’hui, cette communauté n’existe plus, mais je me souviens que j’avais originellement choisi d’écrire une romance de Noël pour un appel à textes d’Eternity Editions. Ce texte n’était pas une mauvaise idée en soi, mais je me faisais violence pour l’écrire… Et je le sentais.

Arrive alors le 9 février. Je m’accorde toujours un peu de temps avant de commencer à écrire pour regarder une ou deux vidéos youtube. Ne me demandez pas pourquoi, ça m’aide à me mettre en conditions, même quand le sujet n’a rien à voir avec ce que j’écris. Ce jour-là, dans mes recommandations, un AMV appelé “No Happy Ending”, mis en ligne par Kenny Creates. La miniature me rend curieuse (elle est plus soignée que ce qu’on voit d’habitude), ce qui me pousse à cliquer.

Sans doute ma meilleure décision.

Vingt secondes de cet AMV ont suffi à m’insuffler une frénésie dont, seize mois plus tard, je ne suis toujours pas tout à fait sortie. J’avais commencé et arrêté la première version de QQC suite à des problèmes structurels et stylistiques l’année précédente… Pourtant, vingt secondes de cet AMV et toute la passion me revenait avec la délicatesse d’un coup de poing dans le ventre.

J’ai résisté pendant toute la journée pour finalement céder vers 22h, après un nouveau visionnage du fameux AMV. Il fallait que j’écrive. Dans QQC, je mentionne souvent la sensation de fourmis dans les mains qu’Hitomi ressent quand elle voit un sceau qu’elle n’a pas dessiné, ou à la perspective de pratiquer son art, de relever un défi dans ce domaine. C’est en partie inspiré de ce que j’ai ressenti ce soir-là.

Ce soir-là, j’ai écrit quelque chose comme 1700 mots, et le lendemain près de 5.000. Avant la fin du mois de février, j’avais écrit une quinzaine de chapitres (ils étaient encore courts à l’époque, mais quand même) et, en comptant mes 9.000 mots la première semaine pour le projet de romance, plus de 60.000 mots. J’ai écrit. J’ai tellement écrit.

L’idée derrière QQC (derrière cette V2 en tout cas) c’était de réparer une liste longue comme le bras d’injustices qui m’avaient marquée durant la lecture du manga original, le tout en utilisant un ton adulte, en développant l’univers comme il le méritait et en écrivant une héroïne aux motivations parfois peu morales. Je voulais aussi m’entraîner au worldbuilding, au développement de personnages, brasser mes propres idées, bref, m’éclater.

Pari réussi ? Pari réussi.

Après bientôt dix-sept mois (j’écris ces lignes fin juin) d’écriture acharnée, plus de 800.000 mots et de 200 chapitres, j’approche de la fin. Je n’en suis pas encore au dernier arc, mais j’ai fait une liste pour m’assurer de ne rien oublier – je suis vraiment tout près. Rien que d’y penser, j’ai le coeur qui bat la chamade et les larmes aux yeux : je ne suis pas prête à dire au revoir à mon bébé.

Franchement, on n’est jamais prêts à dire au revoir. Je me souviens avoir éprouvé quelque chose de semblable il y a dix ans, la dernière fois que j’ai fini un roman. L’investissement émotionnel de centaines d’heures (et le reste !) touche à sa fin… Et je ne suis pas prête. Malgré les idées qui fusent, l’impatience parfois de me mettre à mes projets suivants, je tremble un peu à l’idée de tourner cette page en particulier.

QQC m’a accompagnée à travers des ruptures amicales très dures, m’a permis de rencontrer des amis chers et l’une des relations les plus importantes pour moi aujourd’hui s’est formée grâce à cette fanfiction. J’ai acquis mon petit bout de notoriété pendant que je l’écrivais, lancé mes idées (lives, thread, serveur discord) entre deux chapitres. J’ai formé ma routine d’écriture et appris tellement, tellement de choses.

J’ai appris ce que j’étais capable d’écrire, ce que j’aimais écrire, ce que je devais encore retravailler, ce qu’il me faudrait noter durant mes propres projets pour ne pas oublier – et faciliter les différentes phases de correction inévitables avant de proposer un roman à une maison d’édition. Même si ce projet n’était pas éditable, le réaliser me forme un peu plus chaque jour à écrire quelque chose qui, lui, le sera.

J’ai du mal à dire au revoir, mais j’y arriverai. Je ne suis pas seule : mes amis sont derrière moi et me soutiennent tous les jours dans l’écriture, même sans le savoir. Je ne suis pas non plus sans idée : j’ai énormément de projets qui attendent sagement leur tour dans une liste virtuellement sans fin. Oui, je vais pleurer comme un gros bébé quand j’écrirai les dernières phrases de QQC, mais je n’oublierai jamais ce que cette fanfic m’a apporté.

Elle m’a rendue plus forte, plus visible, plus accomplie.

En juillet, je terminerai sans doute QQC.

Et je la remercie pour tout.

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