Quelques clés pour l’écriture des descriptions

Voilà un sujet qui en intéressera beaucoup ! En général, les gens se considèrent comme très à l’aise concernant les descriptions ou pas du tout, sans entre-deux. Souvent, on oppose les descriptions et les dialogues : il est très rare d’aborder ces deux matières aussi sereinement l’une que l’autre : il est vrai qu’elles font appel à des mécanismes bien différents et souvent opposés. Dans cet article, je vais essayer de vous donner quelques clés pour améliorer vos descriptions. Même si vous êtes déjà doué pour l’exercice, vous pourriez apprendre une astuce que vous ignorez !

Une écriture organique

Si vous disposez de contacts avec le côté anglophone de la communauté d’auteurs, vous avez sans doute entendu parler de ce concept, qui faciliterait la lecture par notre public si nous nous basons sur une logique naturelle pour le corps dans notre écriture.

En termes de description, cela s’applique tout particulièrement quand il s’agit de l’ordre dans lequel vous voudrez décrire les éléments : de haut en bas, de droite à gauche, de l’avant vers l’arrière, du global au précis… Choisissez une logique et tenez-vous-y, vous verrez que cela vous facilitera le travail même en relecture. Point bonus : vous oublierez moins facilement de préciser un détail si vous établissez un ordre et vous y tenez !

Par ailleurs, vous pouvez aussi vous servir de ce mécanisme pour attirer l’attention du lecteur : si vous rompez brusquement la logique choisie pour décrire un objet, une personne, une scène, l’attention est attirée vers le sujet imprévisible sur lequel vous vous concentrez plutôt que de continuer votre petit bonhomme de chemin normalement.

Notez aussi qu’il vaut mieux varier les mécanismes organiques en fonction de la situation. Si vous utilisez toujours le même, les lecteurs le réaliseront, même inconsciemment, et la lecture de vos descriptions deviendra fastidieuse. Voici les mécanismes organiques les plus courants pour les descriptions :

  • Le sens : de haut en bas, de gauche à droite, etc
  • Les plans : En général de l’avant à l’arrière-plan ou vice-versa
  • La valeur : De l’essentiel au superflu, du plus grand au plus petit, du global au précis,…

Jouer avec les sens

Beaucoup d’auteurs font l’erreur de n’impliquer que la vue de leurs lecteurs dans leurs descriptions. Pourtant, peu de situations réelles se cantonnent à la vue : quand vous avez une assiette devant vous, par exemple, vous mobilisez aussi l’odorat (et donc le goût, puisque ces deux sens sont reliés) et il y a généralement du bruit autour de vous, même si vous êtes seuls.

Pour vous exposer à des descriptions très complètes, je vous conseille de vous intéresser aux travaux d’auteurs réalistes (dans le sens du mouvement littéraire) et naturaliste. L’une des caractéristiques de ces deux mouvement est un soin tout particulier apporté aux descriptions, qui sont donc le plus souvent exhaustives. Certes, il ne s’agit sans doute pas d’une lecture très amusante ou relaxante, mais cela vous apprendra des choses !

Soigner le style

Inutile de nous mentir : les lecteurs s’ennuient vite avec les descriptions. C’est pourquoi il est tout particulièrement important de soigner son vocabulaire. Jouez sur les sons, les figures de style, le rythme, tout pour faire comprendre à votre audience que non, le récit n’est pas mis sur pause le temps de la description ! Bannissez ces verbes faibles, ces tournures imprécises et lourdes, cherchez la nuance exacte de ce bleu, le col précis de ce vêtement – montrez tout votre talent, en somme !

D’ailleurs, vous pouvez aussi enrichir vos descriptions en mélangeant avec parcimonie le vocabulaire des différents sens. Cela fonctionne particulièrement avec les sens peu exploités, comme l’ouïe et le toucher : empruntez du lexique appartenant à la vue pour appuyer l’ambiance que vous essayez de rendre !

S’entraîner

Ce conseil vaut pour absolument tous les domaines de l’écriture, mais nous avons tendance à l’oublier. Pour s’entraîner à décrire, il suffit de décider ce qu’on veut décrire : une photo, un extrait de reportage, une mélodie, une odeur… Choisissez quelque chose auquel vous êtes directement exposé et essayez de retranscrire ce que vos sens vous disent sur le papier. C’est encore le meilleur moyen de progresser.

Voilà, c’est tout pour cet article ! En complément, si vous souhaitez vous entraîner, je vous conseille de consulter les anciennes éditions du Jeu de l’Adjectif : beaucoup des mots imposés sont tout à fait utilisables en description et cela vous permettra d’autant plus de vous entraîner !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.