Milanote : un test très convaincant !

Cet article présente un produit, mais n’est ni un partenariat ni même une offre contre article de la part de la marque. En gros, je fais ça gratos, parce que je l’aime vraiment (cela dit, Milanote, si vous passez par là, n’hésitez pas à me faire un petit signe) !

Comme souvent quand je découvre un outil pour auteurs dont j’ignorais l’existence, j’ai entendu parler de Milanote sur une chaîne Youtube tenue par une autrice anglophone. J’ai un intérêt très prononcé pour ce genre d’outils, que je trouve décidément très pratiques et souvent vraiment bien fichus, mais je dois dire que je ne m’attendais pas à un tel coup de coeur. Avant toute chose, faisons les présentations : Milanote est un outil facile à prendre en main qui permet d’organiser idées et projets de manière visuelle. Leur communication est résolument tournée vers les créateurs, même si je vois pas mal d’applications de leur outil pour les étudiants par exemple. Certains font le parallèle avec Evernote ou OneNote, deux applications de prise de note, mais je trouve que Milanote se place à un tout autre niveau, tant en termes de rendu que de personnalisation, deux axes très importants pour moi quand j’organise mes idées pour un roman.

Je trouve l’outil vraiment performant et agréable à utiliser. J’ai immédiatement activé le mode nuit et qu’est-ce qu’il est agréable pour les yeux ! Il ne commet pas l’erreur d’utiliser des tons de noir et de blanc absolus, qui blesseraient les yeux. J’apprécie aussi beaucoup la texture du fond en pointillé (un peu comme les pages d’un Bullet Journal), qui me permet de disposer tous les éléments sur mon plan de travail comme je l’entends. On peut personnaliser les notes en leur donnant notamment une couleur et, croyez-moi, quand on crée un univers, c’est toujours utile d’avoir un code couleur avec une légende pour savoir à correspond chacune d’entre elles. On peut également mettre en page chaque note de manière sommaire, leur ajouter des réaction, changer leur format avec un « power up » ou encore les organiser dans des colonnes pour signifier qu’elles font partie du même groupe, et j’apprécie toutes ces possibilités !

Je ne vais pas vous montrer mes captures d’écran du logiciel car elles contiendraient des éléments qui spoilent Les étoiles s’alignent, mon projet de fantasy. J’utilise Milanote pour organiser la création de son univers, de ses personnages, mais aussi les points de scénario qui couvrent l’intrigue commune aux quatre romans. Puisque cette saga est la première que je compte écrire dans laquelle les tomes sont directement connectés plutôt que des spin-off qu’on peut lire dans n’importe quel ordre. Cela dit, le site de Milanote fournit plein d’exemples que je vais partager avec vous ! Notez d’ailleurs que Milanote est disponible en application mobile sur Android et IOS, en site web et en application pour Windows et Mac OS.

Ce genre de disposition n’est qu’un exemple ! La team Milanote fournit un bon nombre de modèles tout prêts pour auteurs. Vous pouvez en apprendre plus sur l’usage de Milanote appliqué à l’écriture créative sur cette page et découvrir leurs modèles pour écrivains sur celle-ci. J’utilise pour l’instant la version gratuite de l’outil, que je trouve déjà très performante ! J’apprécie beaucoup le fait que la seule différence entre les versions gratuite et payante soit le nombre de notes qu’on peut placer et non une véritable limitation des fonctionnalités. Mine de rien, avec cent éléments à disposer comme on veut (la limite peut même monter jusqu’à 200 gratuitement !) je trouve qu’on peut très bien s’en sortir. Cela dit, ça ne m’empêchera pas de prendre le premium pendant au moins un an pour pouvoir utiliser l’outil en toute liberté.

Le prix de Milanote peut sembler élevé, surtout qu’il s’agit d’un abonnement, mais j’ai l’impression qu’il s’agit de prix plutôt standard en ce qui concerne les outils liés à l’écriture (Scrivener étant un peu hors du lot avec son achat unique à 50€). D’ailleurs, je préfère payer pour un seul outil et l’utiliser pour tous les aspects qui encadrent mon écriture plutôt que de m’éparpiller sur deux ou trois autres applications. En plus, je sais que je peux utiliser Milanote pour d’autres choses que l’écriture, notamment le design, l’organisation en général et les synthèses de mes notes scolaires.

Voilà, c’est la fin de cet article ! Si Milanote vous intéresse, je vous invite à vous servir de mon lien de parrainage pour vous inscrire. À la semaine prochaine pour un article sur le trope que vous aurez choisi sur Patreon !

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Août : le bilan

La décision de faire d’août mon mois de repos n’a pas exactement été consciente, mais elle m’est néanmoins apparue comme nécessaire et je ne la regrette absolument pas. Cela faisait plus d’un an (depuis juillet 2019) que je n’avais pas pris un vrai repos, autant dire que j’en avais besoin ! Et, bon, je dis ça, mais pendant le mois d’août, j’ai lancé mon Patreon (où vous pouvez me soutenir mensuellement et gagner des privilèges comme un droit de vote sur le choix des articles) et mon podcast, I Can’t Word, dont le premier épisode sortira sur Spotify et Apple Podcast le 15 septembre. C’est une nouvelle très excitante pour moi, vu que ça faisait un moment que je voulais lancer un nouveau format de contenu sans savoir ce qui me tentait. C’était soit le podcast soit les vidéos sur Youtube et, franchement, je ne regrette pas mon choix ! Mes podcasts, au moins, je peux les enregistrer à mon bureau en étant en pyjama, un sacré avantage.

Venons-en donc aux chiffres : durant le mois d’août, j’ai écrit 51.261 mots, ce qui représente 1.653 mots en moyenne par jour. Parmi tous ces mots, j’ai réussi à écrire 16 chapitres pour Le Sourire d’Eleanor, la romance feel good que j’écris depuis la fin de QQC. Je me suis beaucoup reposée, j’ai beaucoup pris soin de moi et, soyons honnêtes, j’ai beaucoup joué à The Witcher 3, un jeu que j’adore et qui m’a permis de m’aérer l’esprit. J’ai aussi pas mal travaillé sur mon projet en fantasy, même si je suis toujours loin de me sentir prête pour la phase d’écriture. Je veux partir avec une bonne idée de l’intrigue qui couvre la série complète, des personnages et de l’univers, pour réduire les incohérences qui, je n’en doute pas, s’installeront à mesure de l’écriture des premiers jets – c’est inévitable.

Pour le mois de septembre, j’ai prévu pas mal de petites choses. Un chouette article arrivera le 15 septembre, en plus du premier épisode de mon podcast. J’en ai déjà trois d’enregistrés et deux prévus en plus, donc il va falloir que je les enregistre à l’occasion ! Je vais aussi me lancer dans la réécriture du Sourire d’Eleanor tout en écrivant le premier jet de son spin-off, Les Yeux de Magdalene. Je ne rentre pas encore à l’école ce mois-ci donc je compte bien en profiter ! Et vous, comment s’est passé votre mois d’août ?

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Écrire dans un café : mon expérience

Je veux tenter l’écriture dans un café depuis des années. Bien sûr, comme une vaste majorité d’entre nous, je connais le cliché de l’auteur excentrique qui écrit son best-seller dans un café ou un salon de thé, ou encore dans un bar. La réalité est un peu moins romantique, je le crains, mais toujours est-il que j’ai été très heureuse de pouvoir tenter l’expérience. Je ne sais pas encore quand je pourrai le refaire, car ça demande un lieu adapté et malgré tout un petit budget, mais je compte bien m’accorder ce plaisir de temps à autres. Car c’est de cela dont il s’agit, un plaisir ! Non, vous ne serez pas aussi organisé ou productif que chez vous, mais vous changerez de cadre et pourrez boire de délicieuses boissons, pourquoi pas en rapport avec votre histoire.

J’ai découvert le Oggi Coffee durant ma recherche d’un café qui me permettrait de m’installer et d’écrire pendant que je consommais. Il faut dire que ce genre de lieux manquent un peu dans ma ville : je n’ai pas trouvé d’autre adresse qui me le permettrait. Bien sûr, en pleine pandémie, mes recherches ont été un peu compliquées et je me suis assurée d’appeler pour savoir si je pouvais venir quelques heures à condition de consommer plutôt que de prendre cette possibilité pour acquise. Même en-dehors d’une pandémie, c’est ce que je vous conseille de faire, sauf si le site de l’établissement où vous voulez vous rendre précise qu’il s’agit d’un des services offerts. Vous ne voulez pas débarquer prêt à écrire pour finalement réaliser que ce n’est pas possible !

Munie de mon ordinateur portable, de mon téléphone et son abonnement Spotify (voici la playlist pour Le Sourire d’Eleanor), je me suis dirigée le 14 juillet à midi vers le Oggi Coffee. J’avais le coeur qui battait la chamade, une vague d’anxiété dans la gorge, mais je me sentais bien. Je venais de terminer un immense projet et pourtant j’étais prête à me lancer dans le suivant. Pas de pause, pas de jour off, seulement l’écriture et son appel constant.

Comme j’arrivais en semaine à midi je suis tombée en plein dans le coup de feu pour le café, qui sert également des plats chauds. D’ailleurs, c’est par ça que j’ai commencé dès que j’ai eu une table : un hot-dog et des potatoes, le tout absolument délicieux. Ne vous lancez jamais dans l’écriture le ventre vide ! La faim est une distraction inutile et facilement réglée. J’ai eu le temps de discuter avec la femme au comptoir en attendant une table : je crois que c’est elle que j’avais eue au téléphone quelques jours plus tôt, mais je lui ai tout de même redemandé si je pouvais m’installer quelques heures et écrire, ce qu’elle a à nouveau accepté.

Une fois mon ventre bien rempli, il était temps de passer à l’écriture. J’ai commandé ma première boisson, un café frappé praliné, puis allumé mon pc. J’étais installée sur une banquette avec un grand espace environnant pour étaler mes affaires, même si je n’en avais pas tant que ça. Je n’ai vraiment pas besoin de grand-chose pour écrire : un PC, un logiciel d’écriture et c’est tout ! J’ai commencé l’aventure sur Scrivener, même si je suis très vite repassée sur Word pour une question de praticité – avec mon école, j’ai droit à un abonnement à Office 365 qui me permet de synchroniser mes documents sur tous mes appareils et ça, ça n’a pas de prix (vu que c’est gratuit).

Les mots ont commencé à voler sur le document. D’abord une phrase, celle que j’avais imaginée, puis deux, trois, cinq, dix. En moins d’une heure, j’avais un prologue. Il était temps de commander une deuxième boisson : j’ai choisi un thé frappé à la framboise qui était absolument délicieux et je me suis lancée dans le premier chapitre. Mon rythme n’était pas aussi soutenu que durant un sprint : je me laissais fréquemment distraire une poignée de secondes par les autres clients du café, peu nombreux une fois le coup de feu passé. Je ne ressentais plus aucune pression ni aucune anxiété, j’étais bien installée… Bref, que du positif ! J’ai dû partir plus tôt que prévu pour retrouver mon fiancé, mais je ne regrette absolument pas cette expérience et, comme je l’ai mentionné plus haut, je recommencerai sans doute ! Peut-être devrais-je même en faire une tradition pour les débuts de mes romans… Qu’en pensez-vous ?

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Tropes #1 : L’Élu

Tropes est un nouveau format d’articles qui seront publiés tous les 21 du mois et analyseront chacun un trope littéraire.
Quoi de mieux pour ouvrir ce nouveau format que de vous parler du plus célèbre de tous les tropes ? Vous avez forcément lu un roman ou vu un film qui mettait un Élu en avant. Le plus célèbre est sans nul doute Harry Potter, le Garçon qui a Survécu. On ne présente plus ce trope servi à toutes les sauces, particulièrement en fantasy, mais essayons malgré tout d’en faire une petite analyse.

Définition et exemples

Le trope de l’Élu désigne un personnage, souvent le héros, comme étant le seul et unique capable de mettre fin à un grand mal ou d’apporter un profond changement à l’univers qui l’entoure. Souvent, c’est une prophétie qui annonce au monde leur avenir si spécial, comme dans Harry Potter ou Percy Jackson. Il y aura souvent un moment durant l’histoire où l’Élu doutera que la prophétie parle de lui, s’il a seulement connaissance des enjeux le concernant. Parfois, la prophétie est à double-tranchant et l’Élu pourrait sauver ou détruire le monde, mais il est très rare, dans l’exécution, qu’il n’exécute pas le pan positif décrit par ces mots cryptiques. Le thème de la destinée est très important dans les histoires qui mettent en scène un Élu, surtout s’il est le héros.

Le paragraphe suivant contient de potentiels spoilers concernant Naruto, Percy Jackson, Hunger Games, Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter, Good Omens et Game of Thrones.

Quelques exemples connus : Naruto (la prophétie formulée à Jiraiya), Percy Jackson (plusieurs personnages des romans de Rick Riordan sont des Élus), Katniss Everdeen (qui, techniquement, s’est choisie elle-même en se portant volontaire mais est tout de même considérée comme une élue, des jeux puis de la rébellion), Frodon, Bilbon et Aragorn dans le Seigneur des Anneaux (citation : « Bilbon était destiné à trouver l’Anneau et Frodon à le posséder), Harry Potter (figure de proue de ce trope, et pourtant ce n’est pas le hasard ou le destin qui l’a choisi mais son propre ennemi ; c’est cependant la seule particularité de l’exécution de ce trope dans cet univers), Adam dans Good Omens (la particularité de cette prophétie étant qu’Adam refuse sa destinée), une liste longue comme le bras de personnages dans Game of Thrones.

Mon avis sur ce trope

Il existe des centaines voire milliers d’exécutions de ce trope dans toutes les formes d’art, probablement depuis l’Antiquité et même plus tôt. Je pense que les lecteurs sont fatigués de voir ce trope, en particulier dans sa forme classique, et je ne fais pas exception. Cependant, les très nombreuses variations de ce trope peuvent être très intéressantes ! J’ai un faible pour les élus autodéterminés, faux élus, le sélecteur d’élu(s) et le non-élu. Vous en apprendrez plus sur ces variations du trope classique dans d’autres articles de la série ! En bref, voici mon conseil concernant le fait d’écrire un élu : déviez de la recette que nous connaissons tous. De trope, l’élu est devenu cliché, et un cliché est particulièrement complexe à utiliser d’une manière agréable pour les lecteurs.

Voilà, c’est tout pour le premier article de cette série ! J’espère que vous l’avez apprécié et que vous attendrez la suite avec autant d’impatience que moi. Me soutenir sur Patreon vous permettra d’avoir un pouvoir de décision sur le trope exploré dans un mois. Merci de votre lecture, à dans une semaine pour le prochain article !

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Gérer son énergie en écrivant

Écrire, ça peut parfois devenir épuisant, bien des auteurs vous le diront. Passer des heures devant une page, en ressortir avec un seul minuscule paragraphe qu’on ne gardera probablement pas, il n’y a pas à dire, ça fiche un coup au moral. Je pense que personne n’est tout à fait épargné par ces phases (promis, ça ne dure pas !) de mou, mais il ne tient qu’à nous de trouver une méthode pour nous en sortir. La mienne consiste à gérer mon énergie en la décomposant en trois types secondaires : l’énergie physique, l’énergie mentale et l’énergie créative. Avant de pousser plus loin, je vais vous expliquer ce qu’elles sont selon moi.

L’énergie physique

C’est sans doute la plus facile à comprendre et à mesurer des trois ! L’énergie physique, c’est tout simplement l’énergie qui parcourt votre corps. Elle se mesure par vos niveaux de fatigue, de douleur, d’inconfort, par la rapidité avec laquelle vous répondez à vos besoins de base. Ses défaillances sont aisées à identifier et à régler en général (pour les douleurs, hélas, c’est un peu plus compliqué que de simplement prendre un médicament ; mes camarades malades chroniques pourront en attester). J’ai mille fois pu réaliser à quel point la faim, la soif, l’épuisement ou les tiraillements de mes articulations abusées perturbaient le processus d’écriture. C’est pour cela que j’insiste toujours sur le fait que se lancer dans un sprint avec une vessie pleine, par exemple, est contre-productif.

L’énergie mentale

Un peu plus complexe et fluctuante, l’énergie mentale est selon moi un mélange de toutes les forces et faiblesses qui se cantonnent aux limites du cerveau, de la réflexion, des émotions. Il est déjà plus complexe de réaliser quand on éprouve ce genre de fatigue, car nous avons l’habitude de répondre en priorité à la fatigue physique. Cette forme d’épuisement se manifeste chez moi le plus souvent par un schéma de pensée plus brouillon ou lent, une difficulté à me concentrer ou à éprouver autre chose qu’une profonde apathie. C’est le genre de fatigue que je ressens en permanence durant les phases de down de ma dépression, et je sais que je ne suis pas la seule. Pour « soigner » cette fatigue, il faut prendre soin de soi ! Le self-care est vraiment devenu important pour moi, si bien que je m’oblige à prendre au moins dix minutes par jour pour m’occuper de mes cheveux, faire des soins pour mes mains, me préparer un thé réconfortant… Cependant, le self-care ne remplace pas la thérapie dont certains ont besoin. Il n’y a rien de mal à se faire suivre pour une dépression par exemple, au contraire !

L’énergie créative

Et voilà que nous atteignons la plus complexe et la plus fuyante du lot : l’énergie créative. Difficile de constater une fatigue la concernant elle, car les signes ne sont pas très clairs. Vous vous asseyez à la place que vous occupez toujours pour écrire, vous sortez votre carnet ou votre ordinateur et pourtant… Rien ne vient. Rien ne vient, alors que vous êtes en forme, que vous vous sentez bien. Ceci, très chers lecteurs, est le signe (le seul, l’unique, parce que vraiment cette fatigue est chiante) d’un épuisement créatif. En bref, votre esprit est à sec d’imagination et d’inspiration. Pour recharger vos batteries dans ce cas de figure, je vous conseille de vous exposer à d’autres sources d’art que la vôtre : lisez les romans des autres, écoutez de la musique hors de votre playlist habituelle, regardez une nouvelle série ou un nouveau film, … Le déclic finira par se produire. Comment vous le saurez ? Vous vous remettrez à écrire !

Pour moi, il est essentiel d’apprendre à composer avec ces trois formes d’énergie et d’apprendre à s’écouter. Comment voulez-vous écrire si vous êtes tellement épuisé que vous ne voyez plus votre clavier ? Comment voulez-vous écrire si vous n’arrivez plus à entrer en empathie avec vos personnages ? Comment voulez-vous écrire si rien ne vous inspire ni ne vous donne envie ? Le fait de prendre soin de soi est indispensable à tous les domaines créatifs et l’écriture ne fait pas exception. Le mythe de l’auteur qui saigne ses mots sur la page n’est que cela, justement : un mythe. Il faut du temps et de l’expérience pour apprendre à reconnaître ses carences dans un type d’énergie et apprendre comment rectifier le tir, mais cela fait partie intégrante du processus d’écriture. Ne le négligez pas.

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Juillet : le bilan

Le mois de juillet est particulièrement important pour moi. Je cumule durant trente-et-un jours les défis incarnés par le NaNoWriMo et le Jeu de l’Adjectif, alors que chacun de ces challenges pris seul est déjà une épreuve de volonté et de constance en soi. Cette année, mon mois de juillet a été perturbé par un déménagement du premier au dernier jour, mais ça y est, je suis installée ! Mes affiches sont au mur devant moi, mon espace encadré par deux bibliothèques, mes deux écrans parfaitement positionnés : je suis prête à écrire !

D’ailleurs, l’excellente nouvelle à avoir marqué le 13 juillet : j’ai fini QQC ! Vous n’avez pas idée à quel point je suis heureuse. Certes, j’ai pleuré en live quand c’est arrivé, mais il s’agissait de larmes de fierté et de soulagement. Le fait de voir par moi-même que oui, je suis capable de finir une histoire, que ce n’était pas juste un exploit dont j’étais capable à 13 ans et plus jamais depuis, a apaisé toute une série de craintes qui menaçaient de me submerger.

Du coup, le 14 juillet, un jour férié en France mais pas en Belgique, j’ai pris mon petit ordinateur portable et je suis allée m’asseoir dans un café pour poser les premiers mots sur Le Sourire d’Eleanor. Je n’avais jamais fait ça, mais je ne regrette absolument pas cette expérience très agréable ! Je pense vous écrire un article à ce sujet, vous me direz si ça vous tente (et oui, je citerai le nom du café qui a bien voulu m’accueillir pour cette occasion très spéciale).

Mais où en suis-je, du coup, deux semaines plus tard ? Croyez-le ou non, j’avance beaucoup plus vite que je ne le croyais possible ! Le Sourire d’Eleanor est une romance feel-good aux chapitres courts qui s’enchaînent avec fluidité. Il m’a fallu environ une semaine pour me sentir à l’aise dans l’écriture de ce nouveau projet, si différent de QQC, mais à présent c’est bon, je me sens à ma place quand je plonge dans le quotidien de mes personnages et décide de leur prochaine aventure. J’ai écrit 37.417 mots pour ce projet en juillet, soit 17 chapitres complets. Bon, en réalité, je compte dans ce nombre les mots posés sur d’autres travaux, comme des articles, mais il n’empêche que j’avance extrêmement bien ! Je me suis donné comme objectif de finir ce premier jet en septembre et je n’ai aucun doute quant à mon succès.

Au niveau de mes projets annexes, les lives vont bon train ! Je les ai cependant déplacés en soirée, de 20h30 à 23h00, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, désormais que je vis seule, j’ai besoin de pouvoir aller cuisiner en fin d’après-midi si je ne veux pas me retrouver à manger terriblement tard, ce que je déteste avec une intensité qui vous surprendrait. Ensuite, j’ai réalisé après quelques tests que pas mal de mes amis et spectateurs sont plutôt disponibles en soirée, donc les statistiques sont meilleures. Enfin, je suis plus inspirée le soir que la journée ! Autre nouvelle liée aux streams : j’ai décidé d’ajouter des lives jeu-vidéo qui se dérouleront le samedi à partir de 20h30.

Concernant le NWC, une purge des inactifs aura lieu le 15 août. Pour y échapper, il suffit de réagir au message de l’annonce sur le serveur ! Nous voulons repartir sur des bases encore meilleures que celles que nous avions en ouvrant ce serveur. C’est pourquoi il débarquera bientôt sur Disboard et d’autres plateformes promotionnelles. Il y a eu du changement également dans la team modo, et un tableau de recensement des liens vers Plume d’Argent, Twitter et Instagram de nos membres va voir le jour bientôt !

Des choses très excitantes m’attendent en août, puisque j’ai commencé mon activité d’indépendante en design, correction et enseignement (en narratologie). Si vous voulez voir mes prix, rendez-vous sur la page Services ! Je dois également découvrir mon nouveau rythme de travail maintenant que ma situation de vie a changé, continuer de poster QQC tous les jours, avancer dans Le Sourire d’Eleanor, préparer le JdA de septembre… Bref, on en verra de toutes les couleurs ce mois-ci !

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Planificateurs et Improvisateurs, architectes et jardiniers 2.0

Nous avons bien des fois entendu parler du clivage séparant les architectes et jardiniers, deux types d’auteurs que tout oppose. Le juste milieu semble rare ; certains ont proposé le terme « randonneur », mais les définitions sont rares, ce qui rend l’appropriation par les auteurs qui ne se sentent concernés ni par le processus des jardiniers ni par celui des architectes bien plus complexe. Après tout, pourquoi vouloir s’identifier à quelque chose si on ne se sent pas concerné par ce que les autres décrivent ? Des amis m’ont confié ne pas vouloir se dire jardiniers car leurs personnages ne leur « parlent » pas, mais se dire architectes ne les intéresse pas non plus car ils ne font pas de plan avant d’écrire (ou ne parviennent pas à le suivre).

Je fais partie de ces personnes, même si j’ai très longtemps essayé de me dire jardinière faute d’un meilleur terme. Ces deux dernières années, comme vous le savez peut-être, je m’intéresse de très près à ce que font les auteurs anglophones. Après tout, la plupart de nos concepts autour de l’écriture contemporaine viennent de chez eux : par exemple, l’opposition entre jardiniers et architectes a été pour la première fois répandue par George R. R. Martin. Cela dit, côté anglophone, ce n’est pas la seule catégorisation qui existe pour les auteurs, et elle est même moins utilisée que celle que je vais vous présenter aujourd’hui. Vous apprendrez ce qui caractérise un planificateur et un improvisateur au-delà de l’évident. Attention cependant : nous sommes toutes et tous un peu des deux, à des degrés variables !

Les planificateurs

Les planificateurs aiment savoir où ils vont. Cela signifie, comme leur nom l’indique, qu’ils tendent à créer des plans un minimum détaillés de leurs histoires avant de les écrire. Avec la pratique, ils apprennent également certaines structures narratives très efficaces (dont la plus connue, pour n’en citer qu’une, est sans doute la méthode Save the Cat!). Tant qu’ils suivent leur plan (ce qui n’arrive pas toujours !), leurs premiers jets tendent à être plus propres d’un point de vue narratif, mais demandent tout de même une relecture, avec une phase accentuée sur les personnages, leurs relations et leur évolution au cours du récit. Comme ils savent où ils vont et comment s’y rendre, ils tendent à utiliser des outils narratifs comme le foreshadowing ou encore le Fusil de Tchekhov. Leurs histoires sont en majorité menées par un scénario fort. Quelques planificateurs célèbres : J. K. Rowling, James Patterson, Brandon Sanderson.

Les improvisateurs

Les improvisateurs ont parfois (souvent) quelques éléments-clés de leurs histoires en tête, comme la scène d’ouverture ou l’élément perturbateur. Outre ces quelques détails déjà déterminés (et qui changent souvent en cours de route, parfois au point de devoir réécrire une partie de l’histoire !), ils n’ont que peu d’idée de la direction dans laquelle leur histoire s’embarque ou du cheminement pour arriver à la fin – s’ils l’ont seulement en tête au moment de commencer à écrire. Leurs histoires sont menées par les personnages, leurs qualités, leurs failles, rêves, désirs, objectifs, relations. Ils savourent le fait de découvrir l’histoire à mesure qu’ils l’écrivent, la surprise qui les envahit régulièrement, ignorent souvent ce qu’ils vont écrire jusqu’au moment où ils posent leurs mains sur le clavier. Quelques improvisateurs célèbres : George R. R. Martin, Margaret Atwood, Stephen King.

Et moi dans tout ça ?

Moi, je me sens plutôt improvisatrice ! Je planifie un peu mon histoire, je prends des notes préparatoires durant la phase de brainstorming de chaque projet, qui portent en majorité sur les personnages et l’univers mais aussi sur des points clés de l’histoire. Par exemple, pour Le Sourire d’Eleanor, la romance que je prévois d’écrire après la fin de Quelque chose s’achève, quelque chose commence, je sais déjà quel sera mon prologue, le contenu de mon premier chapitre, ma crise résolutoire. J’ai aussi en tête quelques scènes qui consolideront le lien entre les personnages principaux. Par ailleurs, j’ai décidé de travailler avec la méthode Save the Cat!, ce qui implique de déterminer certains éléments pour correspondre au schéma fourni dans le livre. Cela dit, je tiens à le faire tout en improvisant entre mes scènes-clés, car j’adore cette partie de mon processus d’écriture ! Je veux m’améliorer, oui, mais sans perdre ce qui me fascine tant.

Un spectre plutôt que deux camps

Ce qui m’attire vraiment dans cette façon de voir les différentes méthodes d’écriture, c’est l’absence d’opposition. Mon problème avec les jardiniers et architecte tient à ce que la communauté d’auteurs en a fait : deux camps qui se font la guerre et se croient supérieurs. à l’autre. Attention, je ne dis pas que chaque auteur de chaque camp a pour but de rabaisser ceux de l’autre, mais mes camarades sur Twitter admettront que l’ambiance entre les deux camps n’est pas toujours la plus tendue. Avec la vision improvisateurs/planificateurs, je ne ressens pas ce clivage, car il s’agit d’un spectre plutôt que de deux camps que tout oppose : les auteurs peuvent se dire plus de l’un ou de l’autre, mais la vaste majorité d’entre nous utiliseront des éléments et outils qui appartiennent aux deux méthodes en fonction de ce qui leur convient le mieux, comme un camp sur mesure pour chacun, qui ne s’oppose à aucun autre.

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Une journée de travail typique

Chaque auteur a une routine qui diffère de celle de ses camarades. Même des amis très proches ont souvent des routines vraiment différentes, j’ai pu le constater à mesure que j’apprenais à connaître les auteurs et autrices qui m’entourent. J’ai intégré certains aspects de leurs routines dans la mienne, testé bien des choses au fil des années, et je vais sans doute encore améliorer mon processus à leur contact.

C’est justement parce que le fait de m’exposer au routines des autres m’a tant aidée que j’ai décidé d’écrire cet article décrivant la mienne. J’espère que, si vous vous cherchez toujours à ce moment, ça vous aidera à trouver des choses qui fonctionnent pour vous !

Ma journée commence à 9h du matin, quand mon réveil sonne. Quand j’ai cours, je me lève à 6h, mais bon, mon école ne réouvre pas en présentiel avant octobre, donc je pense que je vais encore me lever à 9h pendant un moment ! Une fois que le réveil a sonné, je m’accorde une petite demi-heure pour traîner au lit sur mon téléphone. Je me trouve devant mon ordinateur avec un café frappé ou une boisson chaude à 10h au plus tard, prête à entamer ma journée.

Au matin, je m’occupe de mes publications, réseaux sociaux, articles,… Bref, je gère tout ce qu’on trouve autour de l’écriture, notamment du design et de la communication. Bien sûr, en période scolaire, c’est impossible, mais dans ce cas je fais ce que je peux avant de partir à l’école, puis je continue ce qu’il est possible de faire à partir de mon téléphone. Si j’ai du rangement à faire à la maison ça se passera le matin aussi en général !

À midi, je m’accorde une pause pour jouer à The Binding of Isaac, en général pour faire la daily run, une partie mise à disposition des joueurs chaque jour et commune à tous. Si je perds rapidement ou qu’elle me déplaît fortement, je fais une partie normale. Après ça, je mange et il est temps de me remettre au travail !

L’après-midi est consacré à l’écriture, mais il m’arrive de m’interrompre pour faire autre chose. Quand les salles de sport étaient encore ouvertes, je me rendais presque tous les jours à celle près de chez moi pendant une heure ou deux. C’est généralement durant l’après-midi que j’écris mes articles et mes threads. J’ai une grosse pause à 16h, durant laquelle je grignote un goûter tout en regardant une ou deux vidéos sur Youtube. Cela dit, je m’accorde des breaks un peu plus courts régulièrement pour ne pas me surmener. Je continue comme ça jusqu’à ce qu’on m’appelle pour dîner, entre 18h et 20h en général.

Le soir, c’est vraiment le moment le plus intéressant pour moi sur le plan de l’écriture, puisque c’est la partie de la journée où je me sens vraiment inspirée. En-dehors des jours de live, je m’organise souvent des sprints entre 20h et minuit, toujours avec au moins 15 minutes de pause entre deux sessions de 15 minutes chacune. La plupart se passent en groupe sur mon serveur discord dédié à l’écriture, même si les membres en organisent tout au long de la journée à l’envi. Si ça vous vend du rêve (à moi oui en tout cas) n’hésitez pas à nous rejoindre, vous pouvez le faire en cliquant ici.

Je vais me coucher vers minuit en général. Une fois installée au lit, soit j’écoute un podcast, soit je lis un peu. J’éteins tout entre 1 et 2h du matin, ce qui me fait entre six et sept heures de sommeil par nuit, parce que j’ai toujours un peu de mal à m’endormir. Cela dit, ça me suffit en ce moment ! Quand je dois aller à l’école, j’ai besoin de plus de sommeil, mais en plus je me lève plus tôt, donc cette partie de ma routine change pas mal. Cela dit, je vous referai sans doute un article à ce sujet quand les cours auront repris, si ça vous intéresse !

Voilà, c’est la fin de cet article. N’hésitez pas à me décrire votre propre routine dans les commentaires, je serais ravie d’en apprendre plus à votre sujet !

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Juin : le bilan

En Belgique, le mois de juin est souvent consacré aux sessions d’examens, que ce soit pour les études secondaires ou supérieures. Les dates ne sont pas les mêmes, mais globalement on se concentre sur le mois de juin, et mon école n’a pas fait exception à la règle malgré les circonstances — j’ai réussi mon année, d’ailleurs ! J’avais peur d’avoir vraiment beaucoup moins de temps pour écrire ce mois-ci à cause de ça, et j’ai eu à la fois tort et raison ! Cela dit, ce qui m’a pris le plus de temps ce mois-ci, ça a été de préparer mon déménagement. Celui-ci aura lieu en juillet ! Il s’agit de mon premier emménagement avec mon copain donc on doit tout faire, tout acheter, c’est assez prenant à organiser.

J’ai également beaucoup avancé dans l’écriture de Quelque chose s’achève, quelque chose commence. Il doit me rester une vingtaine de chapitres maximum et ça fait vraiment tout drôle : j’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet ! Je vous suggère de le lire si vous voulez une idée de mon état d’esprit en ce moment. TL;DR : je suis heureuse et triste tout à la fois. Je n’ai pas écrit beaucoup d’articles (ok, je n’en ai écrit aucun), mais par contre j’ai posté quelques threads sur Twitter et également complété le Thread des Fiertés, qui présentait des personnages queer de QQC, un par jour.

J’ai également commencé un projet d’ebook encore sans titre qui vous intéressera sûrement ! Il s’agira d’un recueil de conseils adressés aux auteurs qui se cherchent encore ou veulent progresser dans tous les aspects de notre art, de la construction d’un bon arc de personnage jusqu’aux méthodes de correction les plus efficaces. Cet ebook ira plus loin que mes articles car j’aurai plus de place pour développer, et en même temps tout sera rassemblé donc je pourrai mieux mettre différents éléments en rapport ! Je n’ai aucune idée de quand ça sortira, c’est encore vraiment le début de ce projet !

Le mois en nombres

Durant le mois de juin, j’ai écrit 88.195 mots ! Cela me fait une moyenne de 2.939,8 mots par jour, une excellente moyenne ! Le 30 juin, j’étais assez frustrée de ne pas avoir atteint les 90.000 mais bon, c’est quand même une excellente performance je trouve. J’ai écrit 12 chapitres complets de QQC, sachant que je suis passée cette semaine à un rythme de publication de trois chapitres par semaine. J’ai toujours énormément d’avance mais, comme j’ai décidé d’accélérer très sérieusement la cadence, parce que mine de rien j’aimerais finir de publier un jour ! Mon moins bon jour était à 301 mots, et le meilleur à 6689 mots ! Cela dit, j’étais souvent régulière pendant quelques jours puis je baissais un peu, puis je reprenais, etc. Dans tous les cas, j’estime m’en être bien sortie !

Le programme de juillet

Qui dit juillet dit Camp NaNo, je ne vous apprends rien. Cela signifie que je vais écrire ! Je prévois de terminer QQC ce mois-ci et d’enchaîner sur Le Sourire d’Eleanor, mon projet de romance ! Par ailleurs, malgré le déménagement, je compte continuer d’organiser des lives, les horaires risquent juste de changer. Je dois aussi continuer d’écrire des articles ! Celui de début août n’est pas encore prêt, mais peut-être que j’écrirai mon dernier article sur QQC pour cette occasion… Nous verrons !

Rendez-vous début août pour voir comment le mois de juillet se sera passé pour moi. Merci de votre lecture et à bientôt !

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Ma fanfic, c’est bientôt fini

En février 2019, j’avais accepté l’invitation dans une petite communauté discord. Le but ? Faire un camp NaNoWriMo pour nous préparer au vrai Camp qui viendrait en avril. Aujourd’hui, cette communauté n’existe plus, mais je me souviens que j’avais originellement choisi d’écrire une romance de Noël pour un appel à textes d’Eternity Editions. Ce texte n’était pas une mauvaise idée en soi, mais je me faisais violence pour l’écrire… Et je le sentais.

Arrive alors le 9 février. Je m’accorde toujours un peu de temps avant de commencer à écrire pour regarder une ou deux vidéos youtube. Ne me demandez pas pourquoi, ça m’aide à me mettre en conditions, même quand le sujet n’a rien à voir avec ce que j’écris. Ce jour-là, dans mes recommandations, un AMV appelé “No Happy Ending”, mis en ligne par Kenny Creates. La miniature me rend curieuse (elle est plus soignée que ce qu’on voit d’habitude), ce qui me pousse à cliquer.

Sans doute ma meilleure décision.

Vingt secondes de cet AMV ont suffi à m’insuffler une frénésie dont, seize mois plus tard, je ne suis toujours pas tout à fait sortie. J’avais commencé et arrêté la première version de QQC suite à des problèmes structurels et stylistiques l’année précédente… Pourtant, vingt secondes de cet AMV et toute la passion me revenait avec la délicatesse d’un coup de poing dans le ventre.

J’ai résisté pendant toute la journée pour finalement céder vers 22h, après un nouveau visionnage du fameux AMV. Il fallait que j’écrive. Dans QQC, je mentionne souvent la sensation de fourmis dans les mains qu’Hitomi ressent quand elle voit un sceau qu’elle n’a pas dessiné, ou à la perspective de pratiquer son art, de relever un défi dans ce domaine. C’est en partie inspiré de ce que j’ai ressenti ce soir-là.

Ce soir-là, j’ai écrit quelque chose comme 1700 mots, et le lendemain près de 5.000. Avant la fin du mois de février, j’avais écrit une quinzaine de chapitres (ils étaient encore courts à l’époque, mais quand même) et, en comptant mes 9.000 mots la première semaine pour le projet de romance, plus de 60.000 mots. J’ai écrit. J’ai tellement écrit.

L’idée derrière QQC (derrière cette V2 en tout cas) c’était de réparer une liste longue comme le bras d’injustices qui m’avaient marquée durant la lecture du manga original, le tout en utilisant un ton adulte, en développant l’univers comme il le méritait et en écrivant une héroïne aux motivations parfois peu morales. Je voulais aussi m’entraîner au worldbuilding, au développement de personnages, brasser mes propres idées, bref, m’éclater.

Pari réussi ? Pari réussi.

Après bientôt dix-sept mois (j’écris ces lignes fin juin) d’écriture acharnée, plus de 800.000 mots et de 200 chapitres, j’approche de la fin. Je n’en suis pas encore au dernier arc, mais j’ai fait une liste pour m’assurer de ne rien oublier – je suis vraiment tout près. Rien que d’y penser, j’ai le coeur qui bat la chamade et les larmes aux yeux : je ne suis pas prête à dire au revoir à mon bébé.

Franchement, on n’est jamais prêts à dire au revoir. Je me souviens avoir éprouvé quelque chose de semblable il y a dix ans, la dernière fois que j’ai fini un roman. L’investissement émotionnel de centaines d’heures (et le reste !) touche à sa fin… Et je ne suis pas prête. Malgré les idées qui fusent, l’impatience parfois de me mettre à mes projets suivants, je tremble un peu à l’idée de tourner cette page en particulier.

QQC m’a accompagnée à travers des ruptures amicales très dures, m’a permis de rencontrer des amis chers et l’une des relations les plus importantes pour moi aujourd’hui s’est formée grâce à cette fanfiction. J’ai acquis mon petit bout de notoriété pendant que je l’écrivais, lancé mes idées (lives, thread, serveur discord) entre deux chapitres. J’ai formé ma routine d’écriture et appris tellement, tellement de choses.

J’ai appris ce que j’étais capable d’écrire, ce que j’aimais écrire, ce que je devais encore retravailler, ce qu’il me faudrait noter durant mes propres projets pour ne pas oublier – et faciliter les différentes phases de correction inévitables avant de proposer un roman à une maison d’édition. Même si ce projet n’était pas éditable, le réaliser me forme un peu plus chaque jour à écrire quelque chose qui, lui, le sera.

J’ai du mal à dire au revoir, mais j’y arriverai. Je ne suis pas seule : mes amis sont derrière moi et me soutiennent tous les jours dans l’écriture, même sans le savoir. Je ne suis pas non plus sans idée : j’ai énormément de projets qui attendent sagement leur tour dans une liste virtuellement sans fin. Oui, je vais pleurer comme un gros bébé quand j’écrirai les dernières phrases de QQC, mais je n’oublierai jamais ce que cette fanfic m’a apporté.

Elle m’a rendue plus forte, plus visible, plus accomplie.

En juillet, je terminerai sans doute QQC.

Et je la remercie pour tout.

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